D’Hermès à Ovide la tradition du monde : Livre des Métamorphoses, l'hermétisme de l'analogie.
Livre des Métamorphoses d’Ovide, dans la grande tradition d'Hermès. Polyxène (XIII, 439-532) Surpris par la tempête, les Grecs arrêtent leurs vaisseaux dans les ports de la Thrace ; et, tandis qu’ils attendent une mer plus tranquille et des vents favorables, soudain la terre s’ouvre, et l’ombre du grand Achille apparaît, terrible et menaçante ; tel que le héros était pendant sa vie, lorsqu’il osa, dans sa violence, tirer l’épée contre le fier Atride. "Grecs, dit-il, vous partez, et vous oubliez Achille ! La mémoire de mes actions est ensevelie avec moi ! Qu’il n’en soit pas ainsi ; et, afin que mon tombeau ne reste pas sans honneur, je demande, pour apaiser mes mânes, le sacrifice de Polyxène." Il dit, et les Grecs, obéissant à l’ombre impitoyable, arrachent des bras de sa mère Polyxène, dernière consolation qui restait à sa douleur. Cette princesse, que son courage élève au-dessus de son sexe et de son malheur, est conduite en victime sur la tombe d’Achille. Digne fille des rois, elle arrive à cet autel barbare, et voyant les funestes apprêts du sacrifice, Néoptolème debout, qui tient le couteau sacré, et attache sur elle ses regards : "Répands, dit-elle, ce sang illustreet pur : que rien ne t’arrête ; plonge le fer dans ma gorge ou dans mon sein (et en même temps elle présente l’une et l’autre). Polyxène craint moins la mort que l’esclavage. Mais aucune divinité ne peut être apaisée par ce sacrifice inhumain. Je voudrais seulement que ma mère trompée put ignorer ma mort. Ma mère trouble seule la joie que m’offre le trépas ; et cependant, ce n’est pas ma mort qui doit l’affliger, c’est sa vie. Vous, ô Grecs, éloignez-vous : laissez-moi descendre libre chez les morts. Si ma prière est juste, ne portez point sur moi vos mains, et respectez mon sexe. Quels que soient les mânes que vous cherchiez à apaiser, mon sacrifice leur sera plus agréable, devenu volontaire. Si mes derniers voeux peuvent vous toucher, écoutez la fille de Priam et non votre captive. Rendez à ma mère mon corps sans rançon. Que l’or ne rachète point le triste droit du tombeau, accordez-le à ses pleurs. Autrefois elle avait des trésors, et s’en servait pour racheter ses enfants." Polyxène se tait : le peuple ne peut retenir ses pleurs, elle retient les siens. Le sacrificateur lui- même est attendri, et plonge à regret le couteau dans le sein qui s’offre à ses coups. La victime chancelle et tombe ; et son front conserve encore une noble fierté. En tombant, elle songeait à ranger ses vêtements, et ce dernier soin est le triomphe de la pudeur. Les captives Troyennes reçoivent son corps : elles se rappellent avec douleur tous les fils de Priam égorgés, tout le sang qu’une seule famille a versé. Elles pleurent sur toi, jeune Polyxène, sur vous aussi, naguère épouse et reine, mère de tant de princes, gloire et image de la féconde Asie ; maintenant mise à si bas prix dans le butin de Troie, qu’Ulysse vous dédaignerait pour son esclave, si vous n’étiez la mère d’Hector. Le nom d’Hector suffit à peine pour donner un maître à sa mère. Hécube presse dans ses bras ce corps sanglant où fut une âme et si pure et si grande. Elle pleure sur ces restes inanimés, comme elle avait pleuré sur sa patrie, sur ses enfants, sur son époux. Elle arrose de ses larmes l’endroit qu’a percé le fer. Ses lèvres pressent les lèvres de Polyxène ; elle frappe son sein, qu’elle a si souvent meurtri dans ses longues douleurs, et, traînant ses cheveux blancs dans le sang glacé de sa fille, le coeur oppressé, elle éclate en longs regrets, et surtout en ces mots : "Ô ma fille, cher et dernier objet de la douleur de ta mère ! il ne me reste plus rien à perdre, ô ma fille, tu n’es plus. Je vois dans ton sein ta blessure et la mienne. Le glaive a donc moissonné tous mes enfants ! il a aussi tranché ta vie. Je croyais du moins que ton sexe te préserverait du fer ennemi, mais ton sexe même n’a pu te défendre. Le destin qui a fait périr tous tes frères ne t’a point épargné ! Ce destructeur de tous les miens, l’impitoyable Achille, te donne aussi la mort. Quand il tomba sous les traits de Pâris et d’Apollon : "Enfin, m’écriai-je, Achille n’est plus à craindre !" Je me trompais : il était encore redoutable pour moi. Sa cendre même dévore ma race, et je trouve un ennemi dans son tombeau. Mon sein n’a donc été fécond que pour assouvir la fureur du petit-fils d’Éaque ! Le superbe Ilion est tombé : sa chute achève le malheur de l’Asie, sans achever le mien. Ilion existe encore pour moi seule, et le cours de mes infortunes n’est pas terminé.Autrefois, reine puissante par mes richesses, par mes enfants, par mes gendres, par mon époux : maintenant, arrachée aux tombeaux de mes fils, pauvre esclave, traînée en exil, on me conduit à Pénélope, qui, me chargeant de vils travaux, et me montrant aux mères d’Ithaque, dira : "Voilà l’illustre mère d’Hector ! voilà l’épouse de Priam !" "Après tant de pertes cruelles, toi qui seule consolais les douleurs de ta mère, on te sacrifie aux mânes de l’implacable Achille. Je t’ai donné le jour pour être immolée en victime à notre ennemi. Pourquoi ne puis-je mourir ! et qu’attends-je encore ? Que me réserves-tu, vieillesse odieuse ? Que me réservez-vous, dieux cruels ? Ne prolongez-vous les tristes jours de ma vie que pour me faire voir de nouvelles funérailles ? Qui l’eût dit qu’après la chute de Pergame, Priam eût pu se croire heureux ! Il le fut par sa mort. Ô ma fille, il n’a point vu ton funeste trépas, et il perdit en même temps et le trône et la vie. "Mais, ô fille des rois, ta pompe funèbre sera-t-elle digne de ta naissance, et ton corps reposera-t-il dans le tombeau de tes aïeux ! Non, telle n’est point la fortune de la maison de Priam. Les pleurs de ta mère, un peu de sable sur des bords étrangers, c’est tout ce qui te reste. Nous avons tout perdu. Et si je puis encore supporter le peu de jours réservés à ma vie, c’est pour Polydore, confié au roi de Thrace qui règne en ces contrées ; Polydore, si cher à sa mère, et maintenant le seul de mes enfants ! Mais que tardé-je à laver dans l’onde le corps de Polyxène, et le sang qui souille son visage !" Livre des Métamorphoses d’Ovide : Polydore (XIII, 533-575) Elle dit, et, arrachant ses cheveux blancs, marche vers le rivage d’un pas mal assuré : "Troyennes, s’écrie-t-elle, donnez, donnez une urne !" L’infortunée s’apprêtait à puiser une eau limpide : elle aperçoit étendu sur le sable le corps de Polydore; elle voit son sein déchiré par le fer du tyran. Les Troyennes jettent un cri d’horreur : Hécube est muette ; la douleur dévore et ses pleurs et sa voix. Immobile, et telle qu’un rocher insensible, tantôt elle attache ses yeux égarés vers la terre, tantôt elle les lève menaçants vers les cieux. Souvent elle regarde le visage de Polydore, souvent ses blessures, ses blessures surtout. Sa fureur s’irrite et s’enflamme ; et, comme si elle était reine encore, elle arrête sa vengeance, et ne songe plus qu’à punir le tyran. Telle qu’une lionne à qui l’on vient d’enlever le lionceau qu’elle allaitait encore, suit sur le sable, sans apercevoir le ravisseur, la trace de ses pas : telle Hécube, emportée par la rage et par la douleur, oubliant ses années et non son courage, va trouver le détestable artisan du meurtre de son fils. Elle demande à lui parler, et feint d’avoir à lui confier un nouveau trésor pour Polydore. Le barbare la croit. Trompé par l’espoir d’une nouvelle proie, il la suit dans un lieu écarté ; et avec une douceur hypocrite, composant son visage : "Hécube, dit-il, hâtez-vous de remettre de nouveaux trésors pour votre fils. Tout l’or que Priam m’a déjà confié, tout celui que je vais recevoir, lui seront fidèlement remis : j’en jure par les Dieux". À ce discours perfide, ce serment sacrilège, Hécube le regarde d’un oeil farouche, et armée de toute sa fureur, se jette sur lui, appelle ses compagnes, enfonce ses doigts dans les yeux du tyran, et les arrache de son front. La rage fait sa force ; elle plonge ses mains dans les sanglantes orbites, et déchire encore, non les yeux qui n’y sont plus, mais la place où ils étaient. Irrités du malheur de leur maître, les Thraces poursuivent les Troyennes, et lancent contre elles les pierres et les traits. Hécube arrête un des cailloux roulants, le mord avec un rauque murmure, et, voulant parler, elle aboie. Le lieu qui vit ce changement existe encore : il en a pris son nom. Hécube, sous sa nouvelle forme, conserve le souvenir de ses malheurs, et remplit les champs sithoniens de ses tristes hurlements. Son infortune émut de compassion les Grecs ses ennemis, comme les Troyens dont elle fut la reine. Tous les dieux en eurent pitié, et la soeur et l’épouse de Jupiter avoua même que la mère de Pâris méritait une autre destinée. Livre des Métamorphoses d’Ovide : Memnon (XIII, 576-599) Quoique l’Aurore ait favorisé les armes des Troyens, elle ne peut cependant s’affliger ni de la chute d’Ilion, ni des malheurs d’Hécube. Un soin plus pressant l’agite, elle déplore ses propres infortunes. Elle a vu son fils Memnon tomber aux champs phrygiens, sous les traits d’Achille. Elle l’a vu, et cette vive couleur dont elle brille à l’Orient en ouvrant les portes du jour, s’est effacée, et de sombres nuages ont voilé les cieux. Mère désolée, elle ne peut soutenir la vue du bûcher préparé pour son fils. Les cheveux épars, elle court en désordre embrasser les genoux de Jupiter, et lui adresse ce discours, qu’interrompent ses sanglots et ses larmes. "Déesse inférieure à toutes les divinités qui habitent l’Olympe (puisque les mortels m’ont élevé si peu de temples dans l’univers), je viens néanmoins, comme déesse, non pour te demander des autels, des fêtes, de l’encens, des sacrifices ; et pourtant tu jugeras que j’ai droit d’y prétendre, si tu considères combien je te suis utile, en veillant aux bornes de la nuit, et l’empêchant, par les premiers rayons du matin, d’étendre son empire. Mais ce n’est pas ici le soin dont je suis occupée ; et l’état actuel de l’Aurore ne lui permet pas de rechercher ces honneurs mérités. Memnon mon fils n’est pins. Il s’arma vainement pour la défense de Priam, son beau-père ; et, à la fleur de ses ans (ainsi, dieux, vous l’avez voulu !), sa valeur a succombé sous celle d’Achille. Maître des Immortels, honore ses funérailles de quelque prodige qui console son ombre, et soulage ainsi la douleur d’une mère. Livre des Métamorphoses d’Ovide : Les Memnonides (XIII, 600-622) Jupiter exauce sa prière, et lorsque le bûcher de Memnon s’écroule dans les flammes, de noirs tourbillons de fumée obscurcissent les airs, pareils à ces brouillards nés du sein des fleuves, que les rayons du soleil ne peuvent pénétrer. La cendre vole, se réunit, se condense, et forme un corps qui reçoit du feu la chaleur et la vie. Sa légèreté lui donne des ailes :d’abord masse informe, pareille à un oiseau, bientôt oiseau véritable, le bruit de son vol agite l’air ; et, en même temps, naît de la même cendre un peuple ailé de frères. Trois fois ils volent en cercle autour du bûcher, et trois fois ils frappent lugubrement l’air des mêmes cris. Au quatrième vol, ils se séparent en deux troupes ennemies, se font une guerre cruelle, exercent avec fureur leurs becs et leurs ongles aigus. Ils se heurtent les uns contre les autres, se déchirent, fatiguent leurs ailes, et, comme des victimes guerrières, tombent et s’ensevelissent dans la cendre qui les fit naître, attestant ainsi par leur courage qu’ils tirent leur origine d’un héros. Ce héros leur donne aussi son nom : on les appelle Memnonides, et lorsque le soleil a parcouru ses douze signes, ils reviennent, tous les ans, honorer par un semblable combat le tombeau de Memnon. Ainsi, quand l’univers plaint la malheureuse Hécube, l’Aurore est occupée de ses propres douleurs. Aujourd’hui même elle pleure encore son fils, et ses larmes tombent en rosée sur la terre. Livre des Métamorphoses d’Ovide : Énée chez Anius (XIII, 623-642) Cependant les destins ne permettent pas que tout l’espoir de Troie périsse avec ses remparts. Le fils de Vénus emporte sur ses épaules les dieux de sa patrie, et son père aussi sacré pour lui que les dieux. Parmi tant de richesses, le pieux Énée n’a choisi que cette religieuse proie et son fils Ascagne. Il part des rives d’Antandros ; sa flotte fugitive est emportée sur les mers. Il fuit les affreux rivages de la Thrace, où fume encore le sang de Polydore ; ses voiles sont livrées à des vents propices, et il entre avec ses compagnons dans le port de Délos. Anius, prêtre d’Apollon et roi de cette île, le reçoit dans le temple et dans son palais. Il lui montre la ville, les autels du dieu dont il est le pontife, et les deux arbres que Latone embrassait quand elle devint mère. Après avoir offert l’encens, fait des libations de vin dans la flamme sacrée, et brûlé, suivant l’usage, les entrailles des boeufs égorgés, ils entrent dans le palais, et, assis à table sur des tapis de pourpre, ils joignent aux présents de Cérès les dons de Bacchus. Alors le pieux Anchise, adressant la parole à Anius : "Ô pontife, choisi par Apollon, me trompé-je ? Lorsque pour la première fois je vis ces lieux, vous aviez, autant qu’il m’en souvient, un fils et quatre filles". Livre des Métamorphoses d’Ovide : Les filles d’Anius (XIII, 643-674) Anius, laissant tomber tristement sa tête ornée de bandelettes de lin, répond : "Vous ne vous trompez pas, magnanime héros ! Vous m’avez vu père de cinq enfants ; et aujourd’hui, telle est l’inconstance des choses humaines ! je puis presque dire qu’il ne m’en reste aucun : car de quel appui pour ma vieillesse peut être un fils absent ? Il règne pour moi dans l’île d’Andros, qui a pris son nom. Apollon lui a donné la science de l’avenir. Mes filles avaient reçu de Bacchus des dons au-dessus de leurs voeux et de toute croyance. Sous leurs mains, à leur gré, tout se changeait en épis, en grappes, en olives : elles étaient une source féconde de biens "Dès qu’Agamemnon, le destructeur de Troie, est instruit de ce prodige (et croyez que les malheurs d’Ilion ont aussi rejailli sur moi), il vient, à main armée, arracher mes filles de mes bras. Il leur ordonne de nourrir la flotte des Grecs avec le don qu’elles reçurent des dieux : elles prennent la fuite ; deux se retirent vers l’Eubée, deux cherchent un asile dans Andros, auprès de leur frère. Des soldats paraissent, et mon fils est menacé d’une guerre cruelle s’il ne les remet entre leurs mains. La tendresse fraternelle cède à la crainte, Andros livre ses soeurs ; mais sa faiblesse est excusable : il n’avait, pour défendre ses états, ni Énée, ni Hector, qui, pendant dix ans, ont retardé votre ruine. "Déjà les Grecs préparaient des liens pour les bras de leurs captives : elles lèvent leurs bras libres encore vers les dieux : "Puissant Bacchus, s’écrient-elles, prête-nous ton appui !" Et le dieu qui fut leur bienfaiteur leur accorda son secours, si cependant c’était les secourir que de me les enlever par un prodige ! Je n’ai pu savoir alors, et maintenant je ne puis dire, comment elles changèrent de forme : leur changement et mon malheur me sont seulement connus. Elles prirent des ailes, et volèrent dans les airs, pareilles aux blanches colombes consacrées à Venus, dont vous fûtes l’époux." Livre des Métamorphoses d’Ovide : Les filles d’Orion (XIII, 675-718) Après que le temps du repas a été rempli par ce discours et par d’autres encore, les Troyens quittent la table et se livrent au sommeil. Le lendemain, ils se lèvent avec le jour, et vont consulter l’oracle, qui leur ordonne d’aller chercher leur antique mère et les rivages habités par leurs premiers aïeux. Anius les accompagne jusqu’au port, et leur fait de riches présents. Il donne un sceptre au vieil Anchise, une chlamyde et un carquois à son petit- fils Ascagne ; à Énée, un vase que Thersès lui envoya jadis des rives de l’Ismène, comme gage de l’hospitalité qu’il en avait reçu. C’est l’ouvrage d’Alcon d’Hyla. Le ciseau de cet artiste y a gravé de grands événements. On y voit une ville : les sept portes qu’on peut distinguer sont mises à la place de son nom, et le font assez connaître. Devant ses remparts, une pompe funèbre, des tombeaux, des feux, des bûchers, et des femmes, le sein nu, les cheveux épars, annoncent un deuil public. Les Naïades paraissent pleurer et regretter leurs fontaines taries. Les arbres desséchés sont dépouillés de leur feuillage. Les chèvres rongent une herbe pauvre sur des rochers arides. On aperçoit, au milieu de Thèbes, les généreuses filles d’Orion : l’une tend sa gorge au fer qui va l’immoler ; l’autre elle-même plonge un poignard dans son sein. Elles se dévouent pour le salut du peuple. On voit leurs corps sanglants portés en pompe dans la ville. La flamme les consume sur le bûcher élevé dans la place publique ; et, afin que la race des deux vierges soit immortelle, on voit s’élever de leur cendre deux jeunes héros. La renommée leur a conservé le nom de Couronnes, et ils conduisent la pompe funèbre de leur mère. Tous ces tableaux sont gravés sur le vase antique, et l’acanthe en festons dorés relève ses bords. Les Troyens offrent à leur hôte des présents égaux à ceux qu’il a faits. Comme prêtre et comme roi, il reçoit un vase où se conserve l’encens, une patère, et une couronne d’or. Les Phrygiens, se souvenant qu’ils tirent leur origine de Teucer, font voile vers la Crète ; mais la contagion les écarte bientôt de cette île, et ils abandonnent les cent villes qui l’ont rendue célèbre. Ils désirent les rivages de l’Ausonie ; mais l’hiver et ses tempêtes dispersent leurs vaisseaux. Forcés de relâcher aux îles Strophades qu’habitent les Harpies, ils en sont repousses par l’effroi qu’inspire l’obscène Aëllo. Déjà ils ont laissé derrière eux les rivages de Dulichium, Samos, Ithaque, et le rocher de Nérite, où règne le perfide Ulysse. Ils découvrent les murs d’Ambracie, que jadis se disputèrent les dieux. Ils voient le juge de ce grand différend transformé en rocher. Ils aperçoivent le temple d’Apollon, qui s’élève sur le promontoire d’Actium ; les chênes parlants de Dodone et les champs de Chaonie, où, changés en oiseaux, les fils du roi Molossus échappèrent aux flammes en volant dans les airs.
Tiepolo : Mercure et Énée
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