Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Du chien et du Loup. Cet animal était consacré à Mercure, à cause de sa fidélité, de sa vigilance et de son industrie. Il était même le caractère hiéroglyphique de ce Dieu ; c’est pourquoi on le représentait avec une tête de chien, et on l’appelait Anubis ; ce qui a fait dire à Virgile : Omnigenumque Deum monstra et latrator Anubis . Horus-Apollo donne une raison pour laquelle les Egyptiens prenaient le Chien pour symbole de Mercure ; c’est, dit-il (a), que cet animal regarde fixement les simulacres des Dieux, ce que ne font pas les autres animaux ; et que le Chien est chez eux l’hiéroglyphe d’un Secrétaire ou Ministre. Quoique cette première raison ne paraisse pas avoir un rapport visible et palpable avec l’Art Sacerdotal, les Philosophes Hermétiques ne s’exprimeraient guère autrement dans leur style énigmatique. Ils disent tous que leur Mercure est le seul qui puisse avoir action sur leurs métaux, auxquels ils donnent les noms des Dieux ou des Planètes ; que leur Mercure est un Aigle qui regarde le soleil fixement sans cligner les yeux, et sans en être ébloui ; ils donnent à leur Mercure les noms de Chien de Corascene, et Chiennes d’Arménie. Nous en avons apporté d’autres raisons dans le chap. d’Anubis. Le Loup ayant beaucoup de ressemblance avec le Chien, et n’étant, pour ainsi dire, qu’un Chien sauvage, il n’est pas surprenant qu’il ait participé aux mêmes honneurs que le Chien. Il avait aussi quelque rapport avec Osiris, puisque les Egyptiens pensaient qu’Osiris avait pris la forme de Loup pour venir au secours d’Isis et d’Horus contre Typhon. Cette fable paraît ridicule à un homme qui n’y cherche que l’histoire ; mais elle ne l’est nullement dans le sens Philosophique, puisque les Philosophes Hermétiques cachent, sous le nom de Loup, leur matière perfectionnée à un certain degré. Basile Valentin (12 Clefs, Clef I.) dit qu’il faut prendre un Loup ravissant et affamé qui court dans le désert, en cherchant toujours de quoi dévorer. Celui qui fera attention à ce que nous avons dit dans le chapitre d’Osiris, et du combat d’Isis contre Typhon, verra aisément l’analogie qui se trouve entre Osiris et le Loup dans certaines circonstances de l’oeuvre ; et pour-quoi les Egyptiens débitaient cette fiction. Il suffit, pour remettre sur les voies, de faire observer que le Loup était consacré à Apollon ; ce qui le fit nommer Apollo Lycius. La Fable disait aussi, selon le rapport de quelques Auteurs, que Latone, pour éviter les poursuites et les effets de la jalousie de Junon, s’était cachée sous la forme d’une Louve, et avait, sous cette forme, mis Apollon au monde. On sait qu’Osiris et Horus étaient des hiéroglyphes d’Apollon ; ce qui doit s’entendre du Soleil ou or Philosophique. « Notre Loup, dit Rhasis (Epître.), se trouve en Orient, et notre Chien en Occident. Ils se mordent l’un et l’autre, deviennent enragés, et se tuent. De leur corruption se forme un poison, qui dans la suite se change en thériaque. » L’Auteur anonyme des Rimes Allemandes dit aussi : « Le Philosophe Alexandre nous apprend qu’un Loup et un Chien ont été élevés dans cette argile, et qu’ils ont tous deux la même origine. » Cette origine est marquée dans la fiction de l’expédition d’Osiris, où l’on dit que ce Prince s’y fit accompagner de ses deux fils, Anubis sous la forme de Chien, et Macedon sous celle de Loup. Ces deux animaux ne représentent donc hiéroglyphiquement que deux choses prises d’un même sujet, ou d’une même substance, donc l’une est plus traitable, l’autre plus féroce. Isis, suivant l’inscription de sa colonne, dit elle-même, qu’elle est ce Chien brillant parmi les Astres que nous appelons la Canicule. CHAPITRE III.Du Chat ou AElurus. Le Chat était en grande vénération chez les Egyptiens, parce qu’il était consacré à Isis. On, représentait communément cet animal sur le haut du cistre, instrument que l’on voie sou-vent à la main de cette Déesse. Lorsqu’un Chat mourait, les Egyptiens l’embaumaient, et le portaient en grand deuil dans la ville de Bubaste, où Isis était particulièrement révérée. Il serait surprenant que le Chat n’eut pas eu les mêmes honneurs que bien d’autres animaux chez un peuple qui avait fait une étude si particulière de la nature des choses, et des rapports qu’elles ont, ou paraissent avoir entre elles, Isis étant le symbole de la Lune, pouvaient-ils choisir un animal qui eût plus de rapport avec cet Astre, puisque tout le monde sait que la figure de la prunelle des yeux du Chat semble suivre les différents changements qui arrivent à la Lune, dans son accroissement ou son déclin. Les yeux de cet animal brillent la nuit comme les Astres du firmament. Quelques Auteurs ont voulu même nous persuader que la femelle du Chat faisait dans l’année autant de petits qu’il y avait de jours dans un mois lunaire. Ces traits de ressemblance donnèrent sans doute occasion de dire que la Lune ou Diane se cacha sous la forme du Chat, lorsqu’elle se sauva en Egypte avec les autres Dieux, pour Se mettre à couvert des poursuites de Typhon. Fele foror Phoebi (Ovid. Metam. 1. 5.). Tous ces traits de ressemblance étaient plus que suffisants pour déterminer les Egyptiens à prendre le Chat pour symbole de la Lune céleste ; mais les Prêtres qui avaient une intention ultérieure, spécifiaient ce symbole par des attributs, donc le sens mystérieux n’était connu que d’eux seuls. Ce Dieu Chat est représenté dans des différents monuments, tantôt tenant un cistre d’une main, et portant, comme Isis, un vase à anses de l’autre, tan-tôt assis, et tenant une croix attachée à un cercle. On sait que la croix chez les Egyptiens était le symbole des quatre éléments ; quant aux autres attributs nous les avons expliqués dans le chapitre d’Isis. CHAPITRE IV. Du Lion. Cet animal tenait un des premiers rangs dans le culte que les Egyptiens rendaient aux animaux. Il passe pour leur Roi par sa force, son courage, et ses autres qualités fort supérieures à celles des autres. Le trône d’Horus avait des Lions pour supports. Elien dit que les Egyptiens consacraient les Lions à Vulcain, parce cet animal est d’une nature ardente et pleine de feu. L’idée qu’il donne de Vulcain, confirme celle que nous en avons donnée. Eos ideo Vulcano consecrant, (est autem Vulcanus nihil aliud, nisi ignea quoedam solis subterranei vïrtus, et fulgure elucescens ) quod sint naturae vehementer ignita, atque ideo exteriorem ignem, ob inierioris vehementiam oegerrimè intuentur . Cette interprétation d’Elien montre assez quelle était l’idée des Prêtres d’Egypte, en consacrant le Lion à Vulcain. Toutes les explications que je pourrais donner s’y rapportent entièrement, puisque nous avons dit que Vulcain était le feu Philosophique. Le Lion a été pris presque par tous les Philosophes pour un symbole de l’Art Hermétique. Il n’est guère d’animal dont il soit fait mention si souvent dans les ouvrages qui en traitent, et toujours dans le sens d’Elien. Nous aurons si souvent occasion d’en parler dans la suite, qu’il est inutile de nous étendre ici plus au long sur cet article. CHAPITRE V. Du Bouc. Toutes les Nations se sont accordées à regarder le Bouc comme le symbole de la fécondité, il était celui de Pan, ou le principe fécondant de la Nature ; c’est-à-dire, le feu inné, principe de vie et de génération. Les Egyptiens avaient, pour cette raison, consacré le Bouc à Osiris. Eusebe (De proep. Ev. 1. 2. c. I.), en nous rapportant un hiéroglyphe Egyptien, nous donne à entendre les idées que ce peuple en avait. Selon l’interprétation qu’il en donne ; mais en faisant un peu d’attention à la description qu’il fait de cet hiéroglyphe, on doit voir dans notre système le sens caché que les Prêtres y attachaient. « Lorsqu’ils veulent, dit-il, représenter la fécondité du Printemps, et l’abondance dont il est la source, ils peignent un enfant assis sur un Bouc, et tourné vers Mercure. » J’y verrais plutôt avec les Prêtres l’analogie du Soleil avec Mercure, et la fécondité dont la matière des Philosophes est le principe dans tout les êtres ; c’est cette matière esprit universel corporifié, principe de végétation, qui devient huile dans l’olive, vin dans le raisin, gomme, résine dans les arbres, etc. Si le soleil par sa chaleur est un principe de végétation, ce n’est qu’en excitant le feu assoupi dans les semences, où il reste comme engourdi jusqu’à ce qu’il soit réveillé et animé par un agent extérieur. C’est ce qui arrive aussi dans les opérations de l’Art Hermétique, ou le mercure Philosophique travaille par son action sur la matière fixe, où est comme en prison ce feu inné ; il le développe en rompant ses liens, et le met en état d’agir, pour conduire l’oeuvre à sa perfection, C’est-là cet enfant assis sur le Bouc, et en même temps la raison pourquoi il se tourne vers Mercure. Osiris étant ce feu inné ne diffère pas de Pan ; aussi le Bouc était-il consacré à l’un et à l’autre. C’était aussi un des attributs de Bacchus, par la même raison. CHAPITRE VI. De l’Ichneumon et du Crocodile. On regardait cet animal comme l’ennemi juré du Crocodile, et ne pouvant le vaincre par la for-ce, n’étant qu’une espèce de Rat, il employait l’adresse. Lorsque le Crocodile dort, l’ichneumon s’insinue, dit-on, dans sa gueule béante, descend dans ses intestins, et les ronge. Il arrive quelque chose à peu près semblable dans les opérations de l’oeuvre. Le fixe, qui ne paraît d’abord que peu de chose, ou plutôt le feu qu’il renferme semble n’a-voir aucune force, il paraît pendant longtemps dominé par le volatil ; mais à mesure qu’il se développe, il s’y insinue de manière qu’il prend enfin le dessus, et le tue, c’est-à-dire, le fixe comme lui. Nous avons parlé du Crocodile dans le chapitre d’Anubis ; mais nous en dirons encore deux mots. Le Crocodile était un hiéroglyphe naturel de la matière Philosophique, composée d’eau et de terre, puisque cet animal est amphibie : aussi le voit-on souvent pour accompagnement des figures d’Osiris et d’Isis. Eusebe (Praepar. Evang. 1.3. c. 3.) dit que les Egyptiens représentaient le soleil dans un navire comme Pilote, et ce navire porté par un Crocodile, pour signifier, ajoute-t-il, le mouvement du soleil dans l’humide ; mais bien plutôt pour marquer que la matière de l’Art Hermétique est le principe ou la base de l’or ou Soleil Philosophique ; l’eau où nage le Crocodile est ce mercure ou cette matière réduite en eau ; le navire représente le vase de la Nature, dans lequel le Soleil ou le principe igné et sulfureux est comme Pilote, parce que c’est lui qui conduit l’oeuvre par son action sur l’humide ou le mercure. Le Crocodile était aussi l’hiéroglyphe de l’Egypte même, et particulièrement de la basse, parce que ce pays-là est marécageux. CHAPITRE VII. Du Cynocéphale. Rien parmi les hiéroglyphes des Egyptiens ; n’est plus fréquent que 1e Cynocéphale, parce que c’était proprement la figure d’Anubis ou de Mercure : car cet animal a le corps presque semblable à celui d’un homme, et la tête à celle d’un chien. S. Augustin (L. 2. de la Cité de Dieu , ch. 14.) en fait mention y et Thomas de Valois dit, liv. 3. ch. 12. et 16, que Saint Augustin entendait parler de Mercure ou Hermès Egyptien par le Cynocéphale. Isidore (L. 8.c.dern.) dit qu’Hermès avait une tête de chien. Virgile, Ovide, Properce, Prudence, Amian, lui donnent tous l’épithète d’aboyer. Les Egyptiens avaient remarqué tant de rapport du Cynocéphale avec le Soleil et la Lune, qu’ils l’employaient souvent pour symbole de ces deux Astres, si nous en croyons Horapollo. Cet animal urinait une fois à chaque heure du jour et de la nuit dans le temps des équinoxes (L.I.c. l6.). Il devenait triste, et mélancolique pendant les deux ou trois premiers jours de la Lune, parce qu’alors ne paraissant pas à nos yeux, il la pleurait comme si elle nous avait été ravie. Les Egyptiens supposant aussi que le Cynocéphale avait indiqué à Isis le corps d’Osiris qu’elle cherchait, mettaient souvent cet animal auprès de ce Dieu et de cette Déesse. Tous ces raisonnements ne sont proprement qu’allégoriques ; le vrai de tout cela, est que le Cynocéphale était l’hiéroglyphe de Mercure et du mercure Philosophique, qui doit toujours accompagner Isis, comme son Ministre, parce que, comme nous l’avons dit dans les chapitres de ces Dieux, sans le mercure, Isis et Osiris ne peuvent rien faire dans l’oeuvre. Hermès ou Mercure Philosophe ayant donné occasion, par son nom, de le confondre avec le mercure Philosophique, dont on le suppose l’inventeur, il n’est pas étonnant que les Egyptiens, et les Auteurs qui n’étaient pas au fait, aient confondu la chose inventée avec son inventeur, puisqu’ils portaient le même nom ; et qu’ils aient en conséquence pris l’hiéroglyphe de l’un pour l’hiéroglyphe de l’autre. Lorsque le Cynocéphale est représenté avec le caducée, quelques vases, ou avec un croissant, ou avec la fleur de lotus, ou quelque chose d’aquatique, ou volatile, il est alors un hiéroglyphe du mercure des Philosophes ; mais quand on le voit avec un roseau, ou un rouleau de papier, il représente Hermès, qu’on dit être l’inventeur de l’écriture et des sciences, et de plus secrétaire et Conseiller d’Isis. L’idée de prendre cet animal pour symbole d’Hermès, est venue de ce que les Egyptiens pensaient que le Cynocéphale savait naturellement écrire les lettres qui étaient en usage dans leur pays; c’est pourquoi quand on apportait aux Prêtres un Cynocéphale pour être nourri avec les autres dans le Temple, on lui présentait un morceau de canne ou de jonc propre à former les caractères de l’écriture, avec de l’encre et du papier, afin de connaître s’il était de la race de ceux qui connaissaient l’écriture, et qui savaient écrire.Horapollo fait mention de cet usage dans le 14°. chapitre du premier livre de son interprétation des Hiéroglyphes Egyptiens, et dit que c’est pour cette raison que le Cynocéphale était consacré à Hermès. CHAPITRE VIII. Du Bélier. La nature du Bélier qu’on regardait comme chaude et humide, répondant parfaitement à celle du mercure Philosophique, les Egyptiens n’oublièrent pas de mettre cet animal au nombre de leurs principaux hiéroglyphes. Ils débitèrent dans la suite la fable de la fuite des Dieux en Egypte, où ils dirent que Jupiter se cacha sous la forme de Bélier, et l’ayant représenté en conséquence avec une tête de cet animal, ils lui donnèrent le nom d’Amun ou Ammon. Duxque gregis dixit, sit Jupiter, unde rccurvis Nune quoque formatus Lybis est, cum cornibus Ammon. Ovid. Métamorph. 1. 5. Toutes les autres fables que les Anciens ont débitées à ce sujet, ne méritent pas d’être rapportées. Une d’entre toutes, suffira pour faire voir qu’elles ne furent inventées en effet que pour indiquer le mercure des Philosophes. Bacchus, dit-on, étant dans la Libye avec son armée, se trouva extrêmement pressé de la soif, et invoqua Jupiter pour en avoir du secours contre un mal si pressant. Jupiter lui apparut sous la forme d’un Bélier, et le conduisit à travers les déserts à une fontaine où il se désaltéra, et où, en mémoire de cet événement, on éleva un Temple en l’honneur de Jupiter, sous le nom de Jupiter Ammon, et on représenta ce Dieu avec une tête de Bélier. Ce qui confirme mon sentiment, est que cet animal était un des symboles de Mercure (Pausan. in Corint.). Le Bélier apparaît à Bacchus dans la Libye ; parce que la Libye signifie une pierre d’où découle de l’eau, venant de je distille, le mercure dont la nature est chaude et humide ne se forme que par la résolution de la matière Philosophique en eau. « Cherchez, dit le Cosmopolite (Nov. Lum. Chim.), une matière de laquelle vous puissiez tirer une eau qui puisse dissoudre l’or sans violence, et sans corrosion, mais naturellement. Cette eau est notre mercure, que nous tirons au moyen de notre aimant qui se trouve dans le ventre du Bélier. » Hérodote (L.2.c.42.) dit que Jupiter apparut à Hercule sous la même forme ; et que c’est pour cela qu’on consacra le Bélier à ce père des Dieux et des hommes, et qu’on le représente ayant la tête de cet animal. Cette faveur que Jupiter accorda aux instances prières d’Hercule, caractérise précisément le violent désir qu’ont tous les Artistes Hermétiques de voir le Jupiter Philosophique, qui ne peut se montrer que dans la Libye, c’est-à-dire, lorsque la matière a passé par la dissolution ; parce qu’ils ont alors le mercure après lequel ils ont tant soupiré. Nous prouverons dans le cinquième Livre, que tant en Egypte que dans la Grèce, Hercule fut toujours le symbole de l’Artiste ou Philosophe Hermétique. L’allégorie de la fontaine été employée par plusieurs Adeptes, et en particulier par le Trévisan (Philoso. Des Métaux), et par Abraham Juif, dans ses figures hiéroglyphiques rapportées par Nicolas Flamel. Nous parlerons encore du Bélier dans le livre 2, lorsque nous expliquerons la fable de la Toison d’or. Le Bélier était une victime que l’on sacrifiait presque à tous les Dieux, parce que le Mercure, dont il était le symbole, les accompagne tous dans les opérations de l’Art Sacerdotal ; mais l’on disait que Mercure, quoique Messager des Dieux, l’était plus spécialement de Jupiter, et en particulier pour les messages gracieux, au lieu qu’Isis n’était guère envoyée que pour des affaires tristes, pour des guerres, des combats, etc. La raison en est toute naturelle pour un Philosophe, qui sait qu’on ne doit entendre par Isis que les couleurs variées de l’arc-en-ciel, qui ne se manifestent sur la matière que pendant la dissolution de la matière, temps auquel se donne le combat du fixe et du volatil. CHAPITRE IX. De l’Aigle et de l’Epervier. Ces deux oiseaux ont assez de rapport par leur nature ; l’un et l’autre sont forts, hardis, entreprenants, d’un tempérament chaud, igné, bouillant ; et les raisons qui, selon Horus, avaient déterminées les Egyptiens à insérer l’Epervier dans leurs hiéroglyphes, conviennent très bien avec celles qui ont engagé les Philosophes à emprunter le nom de cet oiseau, pour le donner à leur matière parvenue à un certain degré de perfection, où elle acquiert une ignéité qui la caractérise particulièrement ; je veux dire, lorsqu’elle est devenue soufre Philosophique ; c’est dans cet état que Raymond Lulle (Lib. Experim. 13.) l’appelle notre Epervier, ou la première matière fixe des deux grands luminaires. L’Aigle est le Roi des oiseaux, et consacré a Jupiter, parce qu’elle fut d’un heureux présage pour ce Dieu, lorsqu’il sut combattre son père Saturne, et qu’elle fournit des armes au même Jupiter, lorsqu’il vainquit les Titans, etc. Son char est attelé de deux Aigles, et l’on ne représente presque jamais ce Dieu sans mettre cet oiseau auprès de lui. Si peu qu’on ait lu les ouvrages des Philosophes Hermétiques, on est au fait de l’idée de ceux qui ont inventé ces fictions. Tous appellent Aigle leur mercure, ou la partie volatile de leur matière. C’est le nom le plus commun qu’ils lui aient donné dans tous les temps. Les Adeptes de toutes les Nations sont d’accord là dessus. Chez eux le Lion est la partie fixe, et l’Aigle la partie volatile. Ils ne parlent que des combats de ces deux animaux. Il est donc inutile d’en rapporter les textes : je suppose parler à des personnes qui les ont au moins feuilletés. On a feint avec raison que l’Aigle fut d’un bon augure à Jupiter, puisque la matière se volatilise dans le temps que Jupiter remporte la victoire sur Saturne, c’est-à-dire, lorsque la couleur grise prend la place de la noire. Elle fournit par la même raison des armes à ce Dieu contre les Titans, comme nous le prouverons dans le troisième livre au chapitre de Jupiter, où nous renvoyons l’explication de ce fait. Le même motif a fait dire que le char de ce Dieu était attelé de deux Aigles. Mais pourquoi représentait-on Osiris avec une tête d’Epervier ? Ceux qui ont fait attention à ce que nous avons dit de ce Dieu, le devineront aisément. L’Epervier est un oiseau qui attaque tous les autres, qui les dévore, et les transforme, en sa nature en les changeant en sa propre substance, puisqu’ils lui servent d’aliments. Osiris est un principe igné et fixe, qui fixe les parties volatiles de la matière désignées par les oiseaux. Le texte que j’ai cité de Raymond Lulle prouve la vérité de mon interprétation. J’ai dit aussi qu’Osiris était l’or, le Soleil, le Soufre des Philosophes, et l’Epervier est un symbole du Soleil. Homère (Odyss.) l’appelle le Messager d’Apollon, lorsqu’il raconte que Télémaque étant prêt de retourner à Ithaque, en aperçut un qui dévorait une colombe ; d’où il conjectura qu’il aurait le dessus sur ses rivaux. Les Egyptiens donnaient pour raison du culte rendu à cet oiseau, qu’il était venu des pays inconnus à Thèbes, où il avait apporté aux Prêtres un livre écrit en lettres rouges, dans lequel étaient toutes les cérémonies de leur culte religieux. Il n’est personne qui ne voit combien un tel fait est fabuleux ; mais on doit bien sentir qu’on ne l’a pas inventé sans raisons. On dira sans doute que les Prêtres débitaient une telle fable, pour donner plus de respect au peuple, en lui faisant croire que quelque Dieu avait envoyé cet oiseau chargé de cette commission. Mais ils n’auraient pas été d’accord avec eux-mêmes, puis-qu’ils publiaient en même temps qu’Hermès avec Isis étaient les inventeurs et les instituteurs de ce culte, et des cérémonies qu’on y observait. Il y aurait eu une contradiction, au moins apparente ; car dans le fond tout s’accordait par-faitement. Le livre prétendu était écrit en lettres rouges, parce que le magistère Philosophique, l’Elixir parfait de l’Art Sacerdotal, Osiris, dont l’épervier était le symbole, ou l’Apollon des Philosophes, est rouge, et d’un rouge de pavot des champs. Les cérémonies de leur culte y étaient écrites, puisqu’elles étaient une allégorie des opérations, et de tout ce qui se passe depuis le commencement de l’oeuvre jusqu’à sa perfection, temps auquel se montre l’épervier ; c’est pourquoi l’on disait que cet oiseau avait apporté ce livre, voilà la fiction. Hermès d’un autre côté avait institué ces cérémonies, et après avoir établi des Prêtres, auxquels il avait confié son secret, pour les observer, voilà le vrai. Isis était mêlée dans cette institution parce qu’elle y avait en effet bonne part, en étant l’objet, et comme matière elle y avait donné lieu. Ceux qui chez les Egyptiens étaient chargés d’écrire ce qui regardait ce culte, portaient, au rapport de Diodore (L.I.c.4.), un chapeau rouge avec une aile d’Epervier, pour les raisons ci-dessus. Il semble qu’il y a une autre contradiction dans ce que je viens de dire, de conforme cependant à ce que disaient les Egyptiens. Osiris et Horus n’étaient pas le même, puisque l’un était le père, l’autre le fils. On convient cependant que l’un et l’autre étaient le symbole du Soleil, ou d’Apollon. Je demande aux Mythologues comment, suivant leurs différents systèmes, ils pourront résoudre cette difficulté. Deux personnes différentes, deux Rois qui ont régné successivement, de manière qu’il y a même eu le règne d’Isis intermédiaire, peuvent-ils être censés une même personne ? L’histoire même fabuleuse du règne des Dieux en Egypte, ne nous apprend pas que le Soleil ait régné deux fois. Elle nous dit qu’Osiris mourut par la perfidie et la manoeuvre de Typhon ; mais elle ne dit pas qu’il ressuscita. Osiris était cependant le même que le Soleil, Horus le même qu’Apollon, et le Soleil ne diffère pas d’Apollon. Je ne vois donc pas comment nos Mythologues pourraient se tirer de ce labyrinthe. Mais ce qui prouve bien clairement la vérité de mon système, c’est qu’en le suivant, les Egyptiens ne pouvaient pas combiner cette histoire d’une autre manière. Sans s’écarter de la vérité, je veux dire, sans changer l’ordre de ce qui se passe successivement dans le progrès de l’oeuvre. En effet, il y a deux opérations, ou, si l’on veut, deux oeuvres qui se succèdent immédiatement. Dans le premier, dit d’Espagnet (Can. 121.), on crée le soufre, et dans le second un fait l’élixir ; le soufre et l’or vif des Philosophes, leur Soleil ou Osiris. Dans le second oeuvre, il faut faire mourir cet Osiris, par la dissolution et la putréfaction, après laquelle règne Isis ou la Lune, c’est-à-dire, la couleur blanche, appelée Lune par les Philosophes. Cette couleur disparaît pour faire place à la jaune safranée et c’est Isis qui meurt et Horus qui règne, ou l’Apollon de l’Art Hermétique, il est inutile de s’étendre davantage là-dessus, nous l’avons expliqué assez au long, tant dans le traité de cet Art, que dans les chapitres de ce livre qui concernent ces Dieux. CHAPITRE X. De l’Ibis. Hérodote (Lib.2.c.75. et 76.) rapporte qu’il y a en Egypte deux espèces d’Ibis, l’une toute noire qui combat contre les serpents ailés, et les empêche de pénétrer dans le pays, lorsqu’au printemps ils viennent en troupes de l’Arabie ; l’autre est blanche et noire. C’est cette seconde espèce que l’on emploie pour représenter Isis. Hérodote ne dit pas avoir vu ces serpents ailés ; mais seulement des tas de squelettes de serpents. Il ne rapporte donc que ces reptiles sont ailés que sur un oui dire. Il pourrait bien se faire que la chose ne fût pas réelle quant à cette circonstance : mais quand elle le serait, l’allégorie n’en serait que plus juste. Elien, Plutarque, Horapollo, Abénéphi, Platon, Cicéron, Pomponius Mela, Diodore de Sicile, et tant d’autres Auteurs parlent de l’Ibis, et disent les rapports qu’elle a avec la Lune et Mercure, qu’il est inutile de se mettre en devoir de les prouver. Les grands services que cet oiseau rendait à toute l’Egypte, soit en tuant les serpents dont nous avons parlé, soit en cassant les oeufs des crocodiles, étaient bien propres à déterminer les Egyptiens à lui rendre les mêmes honneurs qu’aux autres animaux. Mais ils avaient d’autres raisons de l’inférer parmi leurs hiéroglyphes. Mercure, en fuyant devant Typhon, prit la forme d’Ibis : d’ailleurs Hermès sous cette forme veillait, sui-vant Abénéphi (De cultu AEgypt.), à la conservation des Egyptiens, et les instruisait de toutes les sciences. Ils remarquaient aussi dans sa couleur, son tempérament et ses actions, beaucoup de rapport avec la Lune, donc Isis était le symbole. Voilà pourquoi ils donnaient à cette Déesse une tête d’Ibis ; et pourquoi elle était en même temps consacrée à Mercure. Car on voit entre Isis et Mercure une si grande analogie et un rapport si intime, qu’on ne les séparait presque jamais ; aussi supposait-on qu’Hermès était le conseiller de ce Prince, et qu’ils agissaient toujours de concert : c’était avec raison, puisque la Lune et le Mercure Philosophique ne sont dans certains cas qu’une même chose, et les Philosophes les nomment indifféremment l’un pour l’autre. « Celui qui dirait que la Lune des Philosophes, ou, ce qui est la même chose, leur Mercure est le Mercure vulgaire, voudrait tromper avec connaissance de cause, dit d’Espagnet (Can. 44 et 24.), ou se tromperait lui-même. Ceux qui établissent pour matière de la pierre le soufre et le mercure, entendent l’or et l’argent commun par le Soufre, et par le mercure la Lune des Philosophes. » Par les couleurs noires et blanches de l’Ibis, elle voit avec la Lune le même rapport que le Taureau Apis, et devenait par-là le symbole de la matière de l’Art Sacerdotal. L’Ibis toute noire qui combattait et tuait les serpents ailés, indiquait le combat qui se fait entre les parties de la matière pendant la dissolution; la mort de ces serpents signifiait la putréfaction qui est une suite de cette dissolution, où la matière devient noire. Flamel a supposé dans ce cas le combat de deux Dragons, l’un ailé, l’autre sans aile, d’où résulte le mercure. Plusieurs autres ont employé des allégories semblables. Après cette putréfaction la matière devient en partie noire, en partie blanche, temps auquel le mercure se fait ; c’est la seconde espèce d’ibis, dont Mercure emprunta la forme. Telles sont les raisons simples et naturelles que les Prêtres Egyptiens avaient d’introduire les animaux dans leur culte apparent de Religion, et dans leurs hiéroglyphes. Ils inventèrent une quantité d’autres figures, telles qu’on les voit sur les pyramides, et les autres monuments Egyptiens. Mais toutes avaient quelque rapport prochain ou éloigné avec les mystères de l’Art Hermétique. En vain fera-t-on de grands commentaires pour expliquer ces hiéroglyphes dans un autre sens que le Chymique. Si Vulcain et Mercure ne sont pas la base de toutes ces explications, on trouvera à chaque pas des difficultés insurmontables, et quand à force de s’être donné la torture pour en trouver de vraisemblables, à l’imitation de Plutarque, de Diodore, et d’autres Grecs anciens et modernes, on sentira toujours qu’elles sont tirées de loin, qu’elles sont forcées, enfin qu’elles ne satisfont pas. On aura toujours devant les yeux cet Harpocrate avec le doigt sur la bouche, qui nous annoncera sans cesse que tout ce culte, ces cérémonies, ces hiéroglyphes renfermaient des mystères, qu’il n’était pas permis à tout le monde de pénétrer, qu’il fallait les méditer en silence, que le peuple n’en était pas instruit, et qu’on ne les dévoilait pas à ces gens que les Prêtres étaient persuadés n’être venus en Egypte que pour satisfaire leur curiosité. Les Historiens sont de ce nombre, et ils ne sont pas plus croyables, dans les interprétations qu’ils donnent, que l’était le peuple d’Egypte, qui tendait les honneurs du culte aux animaux, parce qu’on lui avait dit que les Dieux en avaient pris la figure. Huc quoque terrigenam vensse Typhona narrat, Et se mentitis superos celasse figuris. Duxque gregis dixit, sit Jupiter, unde recurvis Nunc quoque formatur Libyci cum cornibusAmmon, Delius in corvo est, proles Semeeia capro, Fele soror Phoebus, nivei Saturnia vaccâ , Pisce Venus laiuit, Cyllenius Ibidis alis. Ovid. Metam. 1. 5.
Le double Ka Égyptien
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