Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Histoire de l’enlèvement des Pommes d’or du Jardin des Hespérides.. Il n’en est pas ainsi d’une explication Philosopho-Hermétique. On y voit dans Typhon un esprit actif, violent, sulfureux, igné, dissolvant, sous la forme d’un vent impétueux et empoisonné qui détruit tout. On reconnaît dans Echidna une eau corrompue, mêlée avec une terre noire, puante, sous le portrait d’une Nymphe aux yeux noirs. De tels pères pouvaient-ils engendrer autre chose que des monstres, et des monstres de même nature qu’eux ; c’est-à-dire, une Hydre de Lerne, engendrée dans un marais ; des Dragons vomissants du feu, parce qu’ils sont d’une natures ignée comme Typhon ; enfin la peste, et la destruction des lieux qu’ils habitent, pour marquer leur vertu dissolvante, résolutive, et la putréfaction qui en est une suite. C’est de là que les Philosophes Hermétiques, d’accord avec les Poètes qu’ils entendaient bien, ont tiré leurs allégories. C’est le Dragon Babylonien de Flamel (Désir désiré.), les deux Dragons du même Auteur, l’un ailé, comme ceux, de Médée et de Céres, l’autre sans ailes, tel que celui de Cadmus et de la Toison d’or, des Hespérides, etc. C’est encore le Dragon de Basile Valentin (12 Clefs.), et de tant d’autres qu’il serait trop long de rapporter. Quelques Chymistes ont cru voir ces Dragons dans les parties arsenicales des minéraux, et les ont en conséquence regardés comme la matière de la pierre des Philosophes. Philalèthe en a confirmé plusieurs dans cette idée, parce qu’il dit à ce sujet dans son Introitus apertus ad occlusum Regis palatium, cap. de investigatione Magisterii , dans lequel il paraît désigner clairement l’antimoine ; mais Artéphius, Synesius, et beaucoup d’autres Philosophes se contentent de dire que cette matière est un antimoine, parce qu’elle en a les propriétés. « Ils ont soin d’avertir que l’arsenic, les vitriols, les atramens, les borax, les aluns, le nitre, les sels, les grands, les moyens et les bas minéraux, et les métaux seulets, dit le Trévisan (Philos. des Métaux.), ne sont point la matière requise pour le Magistère. » En vain les souffleurs tourmentent-ils donc ces matières par le feu et l’eau pour en faire l’oeuvre d’Hermès, ils n’en retireront que de la cendre, de la fumée, du travail et de la misère : car les Philosophes qui en parlent, ajoutent le même Auteur, ou ont voulu tromper, ou n’étaient pas encore au fait quand, ils y ont travaillé, et n’y ont guère dépendu de biens quand ils l’ont su. On ne peut guère voir de description, ou plutôt de tableau peint avec des couleurs plus vives que celui qu’Apollonius fait du Dragon des Hespérides expirant (Argonaut. 1. 4, v. 1400. et suiv.). « Ladus, dit-il, ce serpent qui gardait encore hier les Pommes d’or, dont les Nymphes Hespérides prenaient un si grand soin, ce monstre, percé des traits d’Hercule, est étendu au pied de l’arbre ; l’extrémité de sa queue remue encore ; mais le reste de son corps est sans mouvement et sans vie. Les mouches s’assemblent par troupes sur son noir cadavre, pour sucer le sang corrompu de ses plaies, et le fiel amer de l’Hydre de Lerne, dont les flèches étaient teintes. Les Hespérides désolées à ce triste spectacle, appuient sur leurs mains leur visage couvert d’un voile blanc tirant sur le jaune, et pleurent en poussant des cris lamentables. » Si la description d’Apollonius plaît par la beauté du tableau qu’elle présente aux yeux de ceux qui ne sont pas au fait de l’objet de cette allégorie, combien ne doit-elle pas plaire à un Philosophe Hermétique qui y voit, comme dans un miroir, ce qui se passe dans le vase de son Art pendant et après la putréfaction de la matière ? Hier encore ce Ladus, ce serpent terrestre, qui gardait les pommes d’or, et que les Nymphes alimentaient, est étendu mort, percé de flèches. N’est ce pas comme si l’on disait : Cette masse terrestre et fixe, si difficile à dissoudre, et qui par cette raison gardait opiniâtrement et avec soin la semence aurifique ou le fruit d’or qu’elle renfermait, se trouve aujourd’hui dissoute par l’action des parties volatiles. L’extrémité de sa queue remue encore, mais le reste de son corps est sans mouvement et sans vie ; les mouches s’assemblent en troupes sur son noir cadavre, pour sucer le sang corrompu de ses plaies ; c’est-à-dire, peu s’en faut que la dissolution ne soit parfaite ; la putréfaction et la couleur noire paraissent déjà ; les parties volatiles circulent en grand nombre, et volatilisent avec elles les parties fixes dissoutes. Les Nymphes désolées pleurent et se lamentent la tête couverte d’un voile blanc jaunâtre. La dissolution en eau est faite, ces parties aqueuses volatilisées retombent en gouttes comme des larmes, et la blancheur commence à se manifester. Le portrait et le pouvoir que Virgile prête à la Prêtresse des Hespérides, nous annoncent précisément les propriétés du mercure des Philosophes. C’est lui qui nourrit le Dragon Philosophique ; c’est lui qui fait rétrograder les Astres, c’est-à-dire, qui dissout les métaux, et les réduit à leur première matière. C’est lui qui fait sortir les morts de leurs tombeaux, ou qui, après avoir fait tomber les métaux en putréfaction, appelée mort, les ressuscite en les faisant passer de la couleur noire à la blanche appelée vie ; ou en volatilisent le fixe, puisque la fixité est un état de mort dans le langage des Philosophes, et la volatilité un état de vie : nous trouverons une infinité d’exemples de l’un et l’autre dans cet ouvrage. Mais suivons cette fable, dans toutes ces circonstances. Hercule va consulter les Nymphes de Jupiter et de Thémis, qui faisaient leur séjour dans un antre sur les bords du fleuve Eridan, connu aujourd’hui sous le nom du Pô en Italie, qui veut dire dispute, débat. Au commencement de l’oeuvre les parties aqueuses mercurielles excitent une fermentation, par conséquent un débat, voilà les Nymphes du fleuve Eridan. Ces Nymphes étaient au nombre de quatre, à cause des quatre éléments, dont les Philosophes disent que leur matière est comme l’abrégé quintessencié par la nature, suivant ses poids, ses mesures et ses proportions, que l’Artiste ou Hercule doit prendre pour modèles. C’est pourquoi elles sont appelées Nymphes de Jupiter et de Thémis. Or qu’un Artiste doive consulter la Nature, et imiter ses opérations pour réussir dans celles de l’Art Hermétique, tous les Philosophes en conviennent, et assurent même qu’on travaillerait en vain sans cela. Geber et les autres disent que tout homme qui ignore la Nature et ses procédés ne parviendra jamais à la fin qu’il se propose, si Dieu ou un ami ne lui révèle le tout. Et quoi que Basile Valentin (Deuxième addit aux 12 Clefs) dise : « Notre matière est vile et abjecte, et l’oeuvre, que l’on conduit seulement par le régime du feu, est aisé à faire,.... Tu n’as pas besoin d’autres instructions pour savoir gouverner ton feu, et bâtir ton fourneau, comme celui qui a de la farine ne tarde guerre à trouver un four, et n’est pas beaucoup embarrassé pour faire cuire du pain. » Le Cosmopolite nous dit aussi (Nov. Lum. Chemic.) que quand les Philosophes assurent que l’oeuvre est facile, ils auraient dû ajouter, a ceux qui le savent. Et Pontanus (Epist.), nous apprend qu’il a erré plus de deux cent fois en travaillant sur la vraie matière, parce qu’il ignorait le feu des Philosophes. L’embarras est donc, 1° de trouver cette matière, et c’est sur cela qu’Hercule va consulter les Nymphes, qui le renvoient à Nérée le plus ancien des Dieux, suivant Orphée, fils de la Terre et de l’Eau, ou de l’Océan et de Thétis ; celui-là même qui prédit à Paris la ruine de Troye, et qui fut père de Thétis, mère d’Achille. Homère (Iliad. 1. 18. v. 36.) l’appelle le Vieillard ; et son nom signifie humide. Voilà donc cette matière si commune, si vile, si méprisée. lorsque Hercule se présentait à lui, il ne pouvait le reconnaître et avoir raison de lui, parce qu’il le trouvait chaque fois sous une nouvelle forme ; mais enfin il le reconnut, et le pressa avec tant d’instances, qu’il l’obligea à lui déclarer tout. Ces métamorphoses sont prises de la nature même de cette matière, que Basile Valentin (12 Clefs), Haimon (Espit.) et beaucoup d’autres disent n’avoir aucune forme déterminée, mais qu’elle est susceptible de toutes ; qu’elle devient huile dans la noix et l’olive, vin dans le raisin, amère dans l’absinthe, douce dans le sucre, poison. dans un sujet, thériaque dans l’autre. Hercule voyait Nérée sous toutes ces formes différentes ; mais ce n’était pas sous celles-là qu’il voulait le voir. Il fit donc tant qu’enfin il le découvrit sous cette forme, qui ne présente rien de gracieux ni de spécifié, telle qu’est la matière Philosophique. Il est donc nécessaire d’avoir recours à Nérée ; mais comme ce n’est pas assez d’avoir trouvé la matière vraie et prochaine de l’oeuvre, pour parvenir à sa fin, Nérée envoi Hercule à Prométhée, qui avait volé le feu du Ciel pour en faire part aux hommes, c’est-à-dire, au feu Philosophique, qui donne la vie à cette matière, sans lequel on ne pourrait rien faire. Prométhée fut toujours regardé comme le Titan igné, ami de l’Océan. Il avait un Autel commun avec Pallas et Vulcain, parce que son nom signifie prévoyant, judicieux ; ce qui convient à Pallas, Déesse de la sagesse et de la Prudence ; et que le feu de Prométhée était le même que Vulcain. On a aussi voulu marquer par-là la prudence et l’adresse qu’il faut à un Artiste pour donner à ce feu le régime convenable. Ce Titan judicieux engagea Jupiter à détrôner Saturne son père, Jupiter suivit ses conseils, et réussit. Mais il crut néanmoins devoir le punir du vol qu’il avait fait, et le condamna dans la suite à être attaché à un rocher du Mont Taurus, et à avoir le foie déchiré sans cesse par un Vautour, de manière cependant que son foie renaîtrait à mesure que le Vautour le dévorerait. Mercure fut chargé de cette expédition ; et le supplice dura jusqu’à ce que Hercule par reconnaissance tua le Vautour, ou l’Aigle, selon quelques-uns, et l’en délivra. Comme cette fable forme un épisode, et qu’elle se trouve expliquée dans un autre endroit de cet ouvrage, nous n’en dirons que deux mots. Prométhée ou le feu Philosophique est celui, qui opère toutes les variations des couleurs que la matière prend successivement dans le vase. Saturne est la première ou la couleur noire ; Jupiter est la grise qui lui succède. C’est donc par le conseil et le secours de Prométhée, que Jupiter détrône son père ; mais ce Titan vole le feu du Ciel, et en est puni. Ce feu volé est celui qui est inné dans la matière. Elle en a été imprégnée comme par attraction ; il lui a été infusé par le Soleil et la Lune ses père et mère, selon l’expression d’Hermès (Tab. Samarag.), pater ejus est Sol, et mater ejus Luna ; c’est ce qui lui a fait donner le nom de feu céleste. Prométhée est ensuite attaché à un rocher : n’est-ce pas comme si l’on disait que ce feu se concentre, et s’attache à la matière qui commence à se coaguler en pierre après la couleur grise, et que cela se fait par l’opération du mercure des Philosophes ? La partie volatile qui agit sans cesse sur la patrie ignée et fixée, pour ainsi dire, pouvait-elle être mieux désignée que par une Aigle, ou un Vautour, et ce feu concentré, que par le foie ? Ces oiseaux sont carnassiers et voraces, le foie est, pour ainsi dire, le siège du feu naturel dans les animaux. Le volatil agit donc jusqu’à ce que l’Artiste, dont Hercule est le symbole, aie tué cette Aigle, c’est-à-dire, fixé le volatil. Ces couleurs qui se succèdent sont les Dieux et les Métaux des Philosophes, qui leur ont donné les noms des Sept Planètes. La première entre les principales est la noire, le plomb des Sages, ou Saturne. La grise qui vient après est affectée à Jupiter, et porte son nom. La couleur de la queue de Paon à Mercure, la blanche à la Lune, la jaune à Vénus, la rougeâtre à Mars, et la pourprée au Soleil ; ils ont même appelé règne le temps que dure chaque couleur. Tels sont les métaux Philosophiques, et non les vulgaires, auxquels les Chymistes ont donné les mêmes noms. Faisons une réflexion à ce sujet. Un composé de deux choses, l’une aqueuse et volatile, l’autre terrestre et fixe, étant mise dans un vase, s’il y survient une fermentation et une dissolution, il apparaîtra des couleurs ou qui se succéderont, ou qui se manifesteront mélangées comme celles de la queue de Paon ou de l’Arc-en-ciel. Je suppute qu’un homme d’esprit, de génie, d’une imagination féconde, se mette en tête de personnifier la matière du composé et les couleurs qui y surviennent, qu’étant ensuite parfaitement au fait, par ses observations, des combats qui se donnent entre le fixe et ce volatil, et des différents changements, ou des variations de couleurs qu’ils produisent, il lui prenne envie d’en fabriquer une fable, une fiction allégorique, un roman, qu’il remplira des actions de personnes feintes, que son imagination lui fournira ; lui sera-t-il difficile de donner à cette fiction l’air d’une histoire vraisemblable ? puisque suivant le témoignage d’Horace : . . . . Cui lecta patenter erit res, Nec facuitdia deseret hunc, nec lucidus ordo. In Art. Poèt. Ne suffira-t-il pas, pour parvenir à ce but, d’y faire entrer les lieux connus, qui conviendront d’une manière ou d’autre à ce que l’on veut exprimer allégoriquement ? qui empêchera même de supposer l’expédition dans un lieu éloigné et inconnu? et si l’Auteur de la Fable veut qu’elle ne soit prise que pour une allégorie, il ne sera plus alors gêné par le vraisemblable ; il pourra donner dans le merveilleux tant qu’il lui plaira. Il supposera s’il veut des lieux et des peuples qui n’existèrent jamais, et ne s’attachera qu’à plaire, en conservant cependant toujours une allusion exacte dans les événements feints tant dans le caractère convenable aux acteurs, que dans la suite des variations d’état et de couleurs que subit sa matière dans les opérations. Voilà l’origine des Fables ; et comme une fiction de cette espèce peut être variée à l’infini par une ou plusieurs personnes de génie, les Fables se sont extrêmement multipliées. De-là tant d’ouvrages allégoriques composés sur la théorie et la pratique de l’Art Hermétique. Le Cosmopolite sentait bien combien il est facile d’inventer sur une matière aussi féconde, lorsqu’il dit ( PrAEsat, in AEnigma Philosop.) : Vobis dico ut sitis simplices, et non nimium prudentes, donec arcanum inveneritis, quo habito necessario aderit prudentia, tunc vobis non decrit libros infinitos, scribendi facilitas. Le Lecteur excusera, s’il lui plaît, cette digression ; si elle est hors de sa place, elle n’est pas hors de propos. Revenons à la fable des Hespérides ; elle a tous les caractères dont je viens de parler. Hercule ayant vu et pris conseil de Nérée, et de Prométhée, n’est plus embarrassé pour réussir ; il prend le chemin du Jardin des Hespérides, et instruit de ce qu’il doit faire, il se met en devoir d’exécuter son entreprise. A peine y est-il arrivé, qu’un Dragon monstrueux se présente à l’entrée. Il l’attaque, le tue, et cet animal tombe en putréfaction de la manière que je l’ai rapporté. L’allusion n’aurait pas été exacte, si ce monstre n’avait pas été supposé tué à l’entrée, la noirceur, suite de la corruption, étant la clef de l’oeuvre, comme le prouvent Synesius (De l’oeuv. des Sages.): « Quand notre matière Hylec commence à ne plus monter et descendre, qu’elle tient de la substance, fumeuse, et se putréfie, elle devient ténébreuse, ce qui s’appelle robe noire, ou la tête du corbeau.... Cela fait aussi qu’il n’y a que deux éléments formels en notre pierre, savoir, la terre et l’eau ; mais la terre contient en sa substance la vertu et la siccité du feu ; et l’eau comprend l’air avec son humidité.... Remarquez que la noirceur est le signe de la putréfaction ( que nous appelons Saturne) ; et que le commencement de la dissolution est le signe de la conjonction des deux matières.... Or, mon fils, vous avez déjà par la grâce de Dieu, un élément de notre pierre, qui est la tête noire, la tête de corbeau, qui est !e fondement et la clef de tout le Magistère, sans lesquels vous ne réussirez jamais. » Morien s’exprime dans le même sens, et dit (Entret. du Roi Calid.) : « Sachez maintenant, ô magnifique Roi, qu’en ce Magistère rien n’est animé, rien ne naît, et rien ne croît qu’après la noirceur de la putréfaction, et » après avoir souffert, par un combat mutuel, de l’altération et du changement. Ce qui a fait dire au sage, que toute la force du Magistère n’est qu’après la pourriture. » Nicolas Flamel (Explicat. des fig.), qui a employé l’allégorie du Dragon, dit aussi : « Au même temps la matière se dissout, se corrompt, noircit, et conçoit pour engendrer ; parce que toute corruption est génération, et l’on doit toujours souhaiter cette noirceur.... Certes qui ne voit cette noirceur durant les premiers jours de la pierre ! quelle autre couleur qu’il voit, il manque entièrement au Magistère, et ne le peut plus parfaire avec ce chaos ; car il ne travaille pas bien, ne putréfiant point. » Basile Valentin en traite dans ses douze Clefs ; Riplée dans ses douze Portes, enfin tous les autres Philosophes qu’il serait trop long de citer. Les Anciens ayant observé que la dissolution se faisait par l’humidité et la putréfaction, ou le noir étant leur Saturne, ils avaient coutume de mettre un Triton sur le Temple de ce fils du Ciel et de la Terre ; et l’on sait que Triton avait un rapport immédiat avec Néree. Maïer (Arcana arcanissima. 1. 2.) nous assure que les premières monnaies furent frappées sous les auspices de Saturne, et qu’elles portaient pour empreinte une brebis et un vaisseau ; ce qui faisait allusion à la Toison d’or et au navire Argo. Les Auteurs qui ont prétendu qu’Hercule, n’employa point la violence pour emporter les Pommes d’or, mais qu’il les reçue de la main d’Atlas, n’ont pas sans doute fait attention que la Fable dit positivement qu’il fallait, pour y parvenir, tuer ce Dragon effroyable qui gardait l’entrée du Jardin. Mais et ceux qui sont de ce sentiment, et ceux qui sont d’une opinion contraire, ont également raison. Les rôles pleins de supercherie que Pérécide (Schol. Apollon. I. 4. Argon.) fait jouer à Hercule et à Atlas dans cette occasion, sont trop indignes d’eux, et trop mal combinés pour mériter qu’on en fasse mention. Hercule usa de violence en tuant le Dragon, dans le sens et de la manière que nous l’avons dit ; et l’on peut dire aussi qu’il reçut les Pommes de la main d’Atlas, en ce que ce prétendu Roi de Mauritanie ne signifie autre chose que le rocher dans lequel il fut changé, c’est-à-dire, le rocher ou la pierre des Philosophes, de laquelle se forme l’or des Sages, que quelques Philosophes ont appelé fruit du Soleil ou Pommes d’or. Mais quelle raison les Philosophes anciens et modernes ont-ils pu avoir de feindre des Pommes d’or ? Cette idée doit venir assez naturellement à un homme qui fait que les filons des mines s’étendent sous terre à peu près comme les racines des arbres. Les substances sulfureuses et mercurielles se rencontrant dans les pores et les veines de la terre et des rochers, se coagulent pour former les minéraux et les métaux, de même que la terre et l’eau imprégnées de différents sels fixes et volatils, concourent au développement des germes, et à l’accroissement des végétaux. Cette allégorie des arbres métalliques est donc prise de la nature même des choses. Presque tous les Philosophes Hermétiques ont parlé de ces arbres minéraux. Les uns se sont expliqués d’une façon, les autres d’une autre ; mais de manière que tous concourent à toucher au même but. « Le grain fixe, dit Flamel (Loc. cit.), est comme la pomme, et le mercure est l’arbre ; il ne faut donc pas séparer le fruit de l’arbre avant sa maturité, parce qu’il ne pourrait y parvenir faute de nourriture..... Il faut transplanter l’arbre, sans lui ôter son fruit, dans une terre fertile, grasse et plus noble, qui fournira plus de nourriture au fruit dans un jour, que la première terre ne lui en aurait fourni en cent ans, à cause de l’agitation continuelle des vents. L’autre terre étant proche du Soleil, perpétuellement échauffée par ses rayons, et abreuvée sans cesse de rosée, fait végéter et croître abondamment l’arbre planté dans la Jardin Philosophique. » Quelque marqué que soit le rapport de cette allégorie de Flamel, avec celle du Jardin des Hespérides, celle du Cosmopolite est encore plus précise. « Neptune, dit-il (Parabole), me conduisit dans une prairie, au milieu de laquelle était un Jardin planté de divers arbres très remarquables. Il m’en montra sept entre les autres qui avaient leurs noms particuliers, et m’en fit remarquer deux de ces sept, beaucoup plus beaux et plus élevés : l’un portait des fruits qui brillaient comme le Soleil, et ses feuilles étaient comme de l’or ; l’autre produisait des fruits d’une blancheur qui surpasse celle des lys, et ses feuilles ressemblaient à l’argent le plus fin. Neptune appelait le premier Arbre solaire, et l’autre Arbre lunaire. » Un autre Auteur a intitulé son traité sur cette matière : Arbor solaris. On le trouve dans le sixième Tome du Théâtre chimique. Après un rapport, si palpable, pourrait-on se persuader que ces allégories anciennes et modernes n’aient pas le même objet ? et si elles ne l’avaient pas en effet, comment serait-il arrivé que les Philosophes Hermétiques les ayant employées pour expliquer leurs opérations et la matière du Magistère, elles soient entre elles si conformes ? On dira peut-être, ce ne sont pas les Poètes qui ont puisé leurs fables chez les Philosophes ; ce sont ces derniers qui ont pris leurs allégories dans les fables des Poètes. Mais si les choses étaient ainsi, et que les Poètes n’aient eu en vue que l’histoire ancienne, ou la morale, comment la suite successive de toutes les circonstances des actions rapportées par les Poètes, et les circonstances de presque toutes les fables se trouvent-elles précisément propres à expliquer allégoriquement tout ce qui se passe successivement dans les opérations de l’oeuvre ? et comment peut-on expliquer l’un par l’autre ? S’il n’y avait qu’une ou deux fables qui pussent s’y rapporter, on dirait peut-être qu’en leur donnant la torture à la manière des Mythologues portés pour l’historique ou le moral, on pourrait les faire venir au grand oeuvre tant bien que mal ; mais qu’il n’y en ait pas une seule des anciennes Egyptiennes et Grecques qui ne puissent s’expliquer jusqu’aux circonstances mêmes qui paraissent les moins intéressantes aux autres Mythologues, et qui se trouvent nécessaires dans mon système ; c’est un argument que nos Mythologues auraient bien de la peine à résoudre. Orphée et les anciens Poètes ne se sont cependant pas proposé de décrire allégoriquement la suite entière de l’oeuvre dans chaque fable, et plusieurs Philosophes Hermétiques n’en ont aussi décrit que la partie qui les frappait le plus. L’un n’a eu en vue que de faire allusion à ce qui se passe dans l’oeuvre du soufre ; l’autre dans les opérations de l’élixir ; un troisième n’a parlé que de la multiplication. Quelquefois, pour donner le change, ces derniers ont entremêlé des opérations de l’un et de l’autre oeuvre. C’est ce qui les rend si inintelligibles à ceux qui ne savent pas faire cette distinction ; c’est aussi ce qui fait qu’on trouve souvent des contradictions apparences dans leurs ouvrages, lorsqu’on les compare les uns avec les autres. Par exemple, un Philosophe Hermétique, en parlant des matières qui entrent dans la composition de l’élixir, dit qu’il en faut plusieurs, et celui qui parle de la composition du soufre, assure qu’il n’en faut qu’une. Ils ont raison tous deux ; il suffirait pour les accorder, de faire attention qu’ils ne parlent pas des mêmes circonstances de l’oeuvre. Ce qui contribue à confirmer l’idée de contradiction que l’on y remarque, c’est que la description des opérations est souvent la même dans l’un et dans l’autre ; mais ils ont encore raison en cela, puisque Morien, l’un d’entre eux, nous assure avec beaucoup d’autres Philosophes, que le second oeuvre, qu’il appelle disposition, est tout semblable au premier quant aux opérations. On doit juger des fables de la même façon. Les travaux d’Hercule pris séparément, ne font pas allusion à tous les travaux de l’oeuvre ; mais la conquête de la Toison d’or le renferme dans son entier. C’est pourquoi l’on voit reparaître plusieurs fois dans cette dernière fiction des faits différents en eux-mêmes quant aux lieux et aux actions, mais qui, pris dans le sens allégorique, ne signifient que la même chose. Les lieux par lesquels il était tout naturel que les Argonautes passassent pour retourner dans leur pays, n’étant plus propres à exprimer ce qu’Orphée avait en vue, il en a feint d’autres qui n’ont jamais existé, ou a feint qu’ils avaient passé par des lieux connus, mais qu’il leur était impossible de trouver sur leur route. Cette remarque a lieu pour les autres, comme nous le verrons dans la suite. La propriété que Midas avait reçu de Bacchus de changer en or tout ce qu’il touchait, n’est qu’une allégorie de la projection ou transmutation des métaux en or. L’art nous fournit tous les jours dans le règne végétal des exemples de transmutation, qui prouve la possibilité de celle des métaux. Ne voyons-nous pas qu’un petit oeil pris sur un arbre franc, et enté sur un sauvageon, porte des fruits de la même espèce que ceux de l’arbre d’où l’oeil a été tiré ? Pourquoi l’art ne réussirait-il pas dans le règne minéral en fournissant aussi l’oeil métallique au sauvageon de la Nature, et en travaillant avec elle. La Nature emploie un an entier pour faire produire à un pommier des feuilles, des fleurs et des fruits. Mais si au commencement de Décembre avant les gelées, on coupe d’un pommier une petite branche a fruit, et que l’ayant mise dans de l’eau dans une étuve, on la verra dans peu de jours pousser des feuilles et des fleurs. Que font les Philosophes ? ils prennent une branche de leur pommier Hermétique ; ils la mettent dans leur eau, et dans un lieu modérément chaud : elle leur donne des fleurs et des fruits dans son temps. La Nature aidée de l’art abrège donc la durée de ses opérations ordinaires. Chaque règne a ses procèdes, mais ceux que la Nature met en usage pour l’un justifie ceux de l’autre, parce qu’elle agit toujours par une voie simple et droite ; l’art doit l’imiter : mais il emploie divers moyens quand il s’agit de parvenir à des buts différents. La fable des Hespérides est une preuve que le Philosophe Hermétique doit consulter la Nature avant de travailler, et imiter les procèdes dans ses opérations, s’il veut, comme Hercule, réussir à enlever les Pommes d’or. C’est dans ce même Jardin que fut cueillie la pomme, première semence de la guerre de Troye. Vénus y prit aussi celles dont elle fit présent à Hippomene pour arrêter Atalante dans sa courte. Nous expliquerons cette dernière fable dans le Chapitre suivant, et nous réservons l’autre pour le sixième Livre.
272
Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
Le double Ka Égyptien
- Hermès
- Accueil
  - Livre d'Hermès
  - Salle d'Hermès
  - Hermès Corp 0
  - Hermès Corp 1
  - Hermès Corp 2
  - Hermès Corp 3
  - Hermès Corp 4
  - Hermès Corp 5
  - Hermès Corp 6
  - Hermès Corp 7
  - Hermès Corp 8
  - Hermès Corp 9
  - Hermès Corp 10
  - Hermès Corp 11
  - Hermès Corp 12
  - Hermès Corp 13
  - Hermès Corp 14
  - Hermès Corp 15
  - Hermès Corp 16
  - Hermès Corp 17
  - Hermès Corp 18
  - Hermès Corp 19
  - Hermès Corp 20
  - Hermès Corp 21
  - Hermès Corp 22
  - Hermès Corp 23
  - Hermès Corp 24
  - Hermès & Roy 1
  - Hermès & Roy 2
  - Hermès & Roy 3
  - Hermès & Roy 4
  - Hermès & Roy 5
  - Hermès & Roy 6
  - Hermès & Roy 7
  - Hermès & Roy 8
  - Fables Lévi 1
  - Fables Lévi 2
  - Fables Lévi 3
  - Fables Lévi 4
  - Fables Lévi 5
  - Fables Lévi 6
  - Fables Lévi 7
  - Fables Lévi 8
  - Fables Lévi 9
  - Fables Lévi 10
  - Fables Lévi 11
  - Fables Lévi 12
  - Ovide 1
  - Ovide 2
  - Ovide 3
  - Ovide 4
  - Ovide 5
  - Ovide 6
  - Ovide 7
  - Ovide 8
  - Ovide 9
  - Ovide 10
  - Ovide 11
  - Ovide 12
  - Ovide 13
  - Ovide 14
  - Ovide 15
  - Ovide 16
  - Ovide 17
  - Ovide 18
  - Ovide 19
  - Ovide 20
  - Ovide 21
  - Ovide 22
  - Ovide 23
  - Ovide 24
  - Ovide 25
  - Ovide 26
  - Ovide 27
  - Ovide 28
  - Ovide 29
  - Ovide 30
  - Ovide 31
  - Ovide 32
  - Ovide 33
  - Ovide 34
  - Ovide 35
  - Ovide 36
  - Ovide 37
  - Ovide 38
  - Ovide 39
  - Ovide 40
  - Ovide 41
  - Ovide 42
  - Ovide 43
  - Ovide 44
  - Ovide 45
  - Ovide 46
  - Ovide 47
  - Ovide 48
  - Ovide 49
  - Ovide 50
  - Ovide 51
  - Ovide 52
  - Ovide 53
  - Ovide 54
  - Ovide 55
  - VD F Olivet 1
  - VD F Olivet 2
  - VD F Olivet 3
  - VD F Olivet 4
  - VD F Olivet 5
  - VD F Olivet 6
  - VD F Olivet 7
  - VD F Olivet 8
  - VD F Olivet 9
  - VD F Olivet 10
  - VD F Olivet 11
  - VD F Olivet 12
  - VD F Olivet 13
  - VD F Olivet 14
  - VD F Olivet 15
  - VD F Olivet 16
  - VD F Olivet 17
  - VD F Olivet 18
  - VD F Olivet 19
  - VD F Olivet 20
  - VD F Olivet 21
  - VD F Olivet 22
  - VD F Olivet 23
  - VD F Olivet 24
  - VD F Olivet 25
  - VD F Olivet 26
  - Pythagore 1
  - Pythagore 2
  - Pythagore 3
  - Tablettes de Thoth
  - Tablette 1
  - Tablette 2
  - Tablette 3
  - Tablette 4
  - Tablette 5
  - Tablette 6
  - Tablette 7
  - Tablettes 8
  - Tablette 9
  - Tablette 10
  - Tablette 11
  - Tablette 12
  - Tablette 13
  - Tablette 14
  - Tablette 15
  - Salle du Corpus
  - Corpus avis
  - Livre 1 corpus
  - Livre 2 corpus
  - Livre 3 corpus
  - Livre 4 corpus
  - Livre 5 corpus
  - Livre 6 corpus
  - Livre 7 corpus
  - Livre 8 corpus
  - Livre 9 corpus
  - Livre 10 corpus
  - Livre 11 corpus
  - Livre 12 corpus
  - Livre 13 corpus
  - Livre 14 corpus
  - Livre 15 corpus
  - Livre 16 corpus
  - Livre 17 corpus
  - Intro table Em
  - Table Emeraude
  - T Emeraude A 1
  - T Emeraude A 2
  - T Emeraude A 3
  - Livre SIH intro
  - Livre SIH 1
  - Livre SIH 2
  - Livre SIH 3
  - Livre SIH 4
  - Livre SIH 5
  - Livre SIH 6
  - Livre SIH 7
  - Livre SIH 8
  - Livre SIH 9
  - Salle ésotérisme
  - Koot Houmi 1
  - Koot Houmi 2
  - Koot Houmi 3
  - Koot Houmi 4
  - Koot Houmi 5
  - Koot Houmi 6
  - Koot Houmi 7
  - Koot Houmi 8
  - Koot Houmi 9
  - Koot Houmi 10
  - Koot Houmi 11
  - Koot Houmi 12
  - Koot Houmi 13
  - Koot Houmi 14
  - Koot Houmi 15
  - Koot Houmi 16
  - Koot Houmi 17
  - Koot Houmi 18
  - RC et FM 1
  - RC et FM 2
  - RC et FM 3
  - Salle d'Alchimie
  - Espagnet 1
  - Espagnet 2
  - Espagnet 3
  - Espagnet 4
  - Espagnet 5
  - Espagnet 6
  - Espagnet 7
  - Espagnet 8
  - Espagnet 9
  - Espagnet 10
  - Ariadne 1
  - Ariadne 2
  - Ariadne 3
  - Ariadne 4
  - Ariadne 5
  - Ariadne 6
  - Ariadne 7
  - Ariadne 8
  - Ariadne 9
  - Ariadne 10
  - FEG Pernety 1
  - FEG Pernety 2
  - FEG Pernety 3
  - FEG Pernety 3D
  - FEG Pernety 4
  - FEG Pernety 5
  - FEG Pernety 6
  - FEG Pernety 7
  - FEG Pernety 8
  - FEG Pernety 9
  - FEG Pernety 10
  - FEG Pernety 11
  - FEG Pernety 12
  - FEG Pernety 13
  - FEG Pernety 14
  - FEG Pernety 15
  - FEG Pernety 16
  - FEG Pernety 17
  - FEG Pernety 18
  - FEG Pernety 19
  - FEG Pernety 20
  - FEG Pernety 21
  - FEG Pernety 22
  - FEG Pernety 22D
  - FEG Pernety 23
  - FEG Pernety 24
  - FEG Pernety 25
  - FEG Pernety 25D
  - FEG Pernety 26
  - FEG Pernety 27
  - FEG Pernety 28
  - FEG Pernety 28D
  - FEG Pernety 29
  - FEG Pernety 29D
  - FEG Pernety 30
  - FEG Pernety 31
  - FEG Pernety 32
  - FEG Pernety 33
  - FEG Pernety 33D
  - FEG Pernety 34
  - FEG Pernety 35
  - FEG Pernety 35D
  - FEG Pernety 36
  - FEG Pernety 37
  - FEG Pernety 38
  - FEG Pernety 39
  - FEG Pernety 40
  - FEG Pernety 41
  - FEG Pernety 42
  - FEG Pernety 43
  - FEG Pernety 44
  - FEG Pernety 45
  - FEG Pernety 46
  - FEG Pernety 47
  - FEG Pernety 48
  - FEG Pernety 49
  - FEG Pernety 50
  - FEG Pernety 51
  - FEG Pernety 52
  - FEG Pernety 53
  - FEG Pernety 54
  - FEG Pernety 55
  - FEG Pernety 56
  - FEG Pernety 57
  - FEG Pernety 58
  - FEG Pernety 59
  - Noce chimique 1
  - Noce chimique 2
  - Noce chimique 3
  - Noce chimique 4
  - Noce chimique 5
  - Noce chimique 6
  - Noce chimique 7
  - Noce chimique 16
  - Noce chimique 8
  - Noce chimique 9
  - Noce chimique 10
  - Noce chimique 11
  - Noce chimique 12
  - Noce chimique 13
  - Noce chimique 14
  - Noce chimique 15
  - Cantique 1
  - Cantique 2
  - Cantique 3
  - Cantique 4
  - Cantique 5
  - Cantique 6
  - Cantique 7
  - Cantique 8
  - Cantique 9
  - Cantique 10
  - Cantique 11
  - Cantique 12
  - Cantique 13
  - Cantique 14
  - Chrysopée 1
  - Chrysopée 2
  - Etoile 1
  - Etoile 2
  - Etoile 3
  - Basile Valentin 1
  - Basile Valentin 2
  - Basile Valentin 3
  - Basile Valentin 4
  - Basile Valentin 5
  - Basile Valentin 6
  - Basile Valentin 7
  - Givry 1
  - Givry 2
  - Givry 3
  - Givry 4
  - Givry 5
  - Givry 6
  - Givry 7
  - Givry 8
  - Givry 9
  - Givry 10
  - Givry 11
  - Givry 12
  - Givry 13
  - Givry 14
  - Irshou 1
  - Irshou 2
  - Irshou 3
  - Irshou 4
  - Irshou 5
  - Irshou 6
  - Irshou 7
  - Irshou 8
  - Irshou 9
  - Lettre Koot 1
  - Lettre Koot 2
  - Lettre Koot 3
  - Lettre Koot 4
  - Lettre Koot 5
  - Livre Liebniz 1
  - Livre de Liebniz 2
  - Livre de Liebniz 3
  - Grand arcane int
  - Grand arcane 1
  - Grand arcane 2
  - Grand arcane 3
  - Grand arcane 4
  - Grand arcane 5
  - Grand arcane 6
  - Grand arcane 7
  - Grand arcane 8
  - Grand arcane 9
  - Grand arcane 10
  - Grand arcane 11
  - Grand arcane 12
  - Grand arcane 13
  - Grand arcane 14
  - Grand arcane 15
  - Grand arcane 16
  - Grand arcane 17
  - Grand arcane 18
  - Grand arcane 19
  - Grand arcane 20
  - Grand arcane 21
  - Grand arcane 22
  - Grand arcane 23
  - Grand arcane 24
  - Grand arcane 25
  - Grand arcane 26
  - Grand arcane 27
  - Grand arcane 28
  - Grand arcane 29
  - Salle occultisme
  - Boehme 1
  - Boehme 2
  - Boehme 3
  - Boehme 4
  - Boehme 5
  - Boehme 6
  - Boehme 7
  - Cit Eliphas 1
  - Cit Eliphas 2
  - Cit Eliphas 3
  - Cit Eliphas 4
  - Cit Eliphas 5
  - Cit Eliphas 6
  - Clav Salomon 1
  - Clav Salomon 2
  - Clav Salomon 3
  - Clav Salomon 4
  - Clav Salomon 5
  - Clav Salomon 6
  - Clav Salomon 7
  - Clav Salomon 8
  - Clav Salomon 9
  - Clav Salomon 10
  - Clav Salomon 11
  - Clav Salomon 12
  - Clav Salomon 13
  - Clav Salomon 14
  - Clav Salomon 15
  - Clav Salomon 16
  - Clav Salomon 17
  - Clav Salomon 18
  - Voix silence 1
  - Voix silence 2
  - Voix silence 3
  - Voix silence 4
  - Voix silence 5
  - Voix silence 6
  - Voix silence 7
  - Voix silence 8
  - Voix silence 9
  - Voix silence 10
  - Voix silence 11
  - Voix silence 12
  - Voix silence 13
  - Voix silence 14
  - Voix silence 15
  - Voix silence 16
  - Voix silence 17
  - Voix silence 18
  - Evang Thomas 1
  - Evang Thomas 2
  - Evang Thomas 3
  - Evang Thomas 4
  - Evang Thomas 5
  - Evanf Thomas 6
  - Evang Thomas 7
  - Evang Thomas 8
  - Lao Tseu 1
  - Lao Tseu 2
  - Lao Tseu 3
  - Lao Tseu 4
  - Lao Tseu 5
  - Lao Tseu 6
  - Lao Tseu 7
  - Lao Tseu 8
  - Lao Tseu 9
  - Livre Hénoc 1
  - Livre Hénoc 2
  - Livre Hénoc 3
  - Livre Hénoc 4
  - Livre Hénoc 5
  - Livre Hénoc 6
  - Livre Hénoc 7
  - Bhagavad Gita 1
  - Bhagavad Gita 2
  - Bhagavad Gita 3
  - Bhagavad Gita 4
  - Bhagavad Gita 5
  - Bhagavad Gita 6
  - Bhagavad Gita 7
  - Bhagavad Gita 8
  - Bhagavad Gita 9
  - Bhagavad Gita 10
  - Bhagavad Gita 11
  - Bhagavad Gita 12
  - Bhagavad Gita 13
  - Bhagavad Gita 14
  - Bhagavad Gita 15
  - Bhagavad Gita 16
  - Bhagavad Gita 17
  - Bhagavad Gita 18
  - Bhagavad Gita 19
  - Méditation 1
  - Méditation 2
  - Méditation 3
  - Méditation 4
  - Médiation 5
  - Méditation 6
  - Méditation 7
  - Méditation 8
  - Méditation 9
  - Méditation 10
  - Meditation 11
  - Méditation 12
  - Méditation 13
  - Méditation 14
  - Méditation 15
  - Méditation 16
  - Méditation 17
  - Méditation 18
  - Méditation 19
  - Méditation 20
  - Méditation 21
  - Méditation 22
  - Médiation 23
  - Méditation 24
  - Meditation 25
  - Méditation 26
  - Méditation 27
  - Méditation 28
  - Méditation 29
  - Méditation 30
  - Méditation 31
  - Méditation 32
  - Méditation 33
  - Méditation 34
  - Méditation 35
  - Méditation 36
  - Méditation 37
  - Méditation 38
  - Méditation 39
  - Méditation 40
  - Méditation 41
  - Méditation 42
  - Méditation 43
  - Méditation 44
  - Méditation 45
  - Méditation 46
  - Méditation 47
  - Méditation 48
  - Méditation 49
  - Méditation 50
  - Méditation 51
  - Méditation 52
  - Méditation 53
  - Méditation 54
  - Méditation 55
  - Méditation 56
  - Méditation 57
  - Méditation 58
  - Méditation 59
  - Méditation 60
  - Méditation 61
  - Méditation 62
  - Méditation 63
  - Méditation 64
  - Méditation 65
  - Méditation 66
  - Méditation 67
  - Méditation 68
  - Méditation 69
  - Méditation 70
  - Méditation 71
  - Méditation 72
  - Méditation 73
  - Méditation 74
  - Méditation 75
  - Méditation 76
  - Méditation 77
  - Méditation 78
  - Méditation 79
  - Méditation 80
  - Méditation 81
  - Méditation 82
  - Méditation 83
  - Méditation 84
  - Méditation 85
  - Méditation 86
  - Méditation 87
  - Méditation 88
  - Méditation 89
  - Méditation 90
  - Méditation 91
  - Méditation 92
  - Méditation 93
  - Méditation 94
  - Méditation 95
  - Info travaux
  - Téléchargements
- Cabbale
- Tarot
- Contact
- Blogs & forums
.