Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
les dieux de l'Olympe
Chute des géants Giulio Romano
Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Chapitre IV : Histoire de Jupiter. Si je m’étais proposé d’expliquer toute la Mythologie, ce serais ici le lieu de parler de Titan, Japet, Thétis, Cérès, Thémis et les autres enfants du Ciel et de la Terre : mais comme j’en parlerai dans les circonstances qui Se présenteront, je les laisse pour ne pas rompre la suite de la chaîne dorée, et je viens à Jupiter. Entreprendre de discuter ici tous les sentiments différents sur Jupiter, sa généalogie, ses différents noms ; vouloir aussi entrer dans le détail de tout ce que les Historiens, les Poètes et les Mythologues en ont dit, soit pour rendre son histoire moins absurde, soit pour constater son existence réelle, comme Dieu, ou comme Roi, ou même comme homme, ce serait se mettre en tête un ouvrage qui n’aurait pas une liaison assez directe avec le but que je me suis proposé. On peut voir tout cela dans le premier Livre du second Tome de la Mythologie de M. l’Abbé Banier. Ainsi, que des Rois de la Grèce aient, si l’on veut, porté le nom de Jupiter, peu m’importe ; et quelque matière à contradiction que me fournisse la fixation des époques des vies et des règnes de ces prétendus Rois, par le Savant Mythologue que je viens de citer, je n’examinerai point si, comme il ledit. Apis, Roi d’Argos et petit-fils d’Inachus, prit le nom dû Jupiter, et vivait 1800 ans avant Jésus-Christ. S’il est vrai qu’un Astérius, Roi de Crète, environ 1400 ans avant l’Ere Chrétienne, ait pu enlever Europe, fille d’Agenor, Roi de Phénicie, et soeur de Cadmus, qui vint s’établir dans la Grèce, suivant le même Auteur, 1350 ou 60 ans avant Jésus-Christ, la quatrième année du règne d’Hellen, fils de Deucalion, qui régnait 1611 ans avant la même Ere . Si le premier fait est vrai, il faut avouer que les Crétois gardaient la rancune et le désir de se venger par représailles bien long-temps, puisque plus de 400 ans ne purent d’éteindre. Hérodote, au commencement de son Histoire, convient avec Echemenide dans son histoire de Crète, que les Crétois, en enlevant Europe, ne le firent que par droit de représailles, les Phéniciens ayant auparavant enlevé Ino, fille d’Inachus. Il n’est pas moins surprenant qu’Apis, Roi d’Argos et petit-fils d’Inachus, ait régné près de 1800 ans avant Jésus-Christ, pendant qu’Inachus lui-même ne s’établit dans le pays, qui depuis fut appelé Péloponnèse, que 1880 ans avant le même Jésus-Christ. On sent combien de telles fixations d’époques me donneraient d’embarras à discuter ; j’abandonne donc tout cela à ceux qui voudront se donner la peine de faire une critique suivie de ce savant et pénible ouvrage, pour m’en tenir à l’histoire de Jupiter, suivant l’opinion la plus commune. Que nous regardions ici Jupiter comme Egyptien, ou comme Grec, c’est à peu près la même chose, puisque l’un et l’autre. Selon presque toute l’Antiquité, étaient fils de Saturne et de Rhée, et petits-fils du Ciel et de la Terre. Titan ayant fait une convention avec Saturne, par laquelle le premier cédait l’Empire à l’autre, a condition qu’il ferait périr cous les enfants mâles qu’il aurait de Rhée ; Saturne les dévorait à mesure qu’ils naissaient. Rhée, indignée d’en avoir déjà perdu quelques-uns, songea à sauver Jupiter, donc elle se sentait grosse ; et quand elle fut accouchée, elle trompa son mari, en lui présentant, au lieu de Jupiter, un caillou emmailloté. Elle fît transporter Jupiter dans l’île de Crète, et le confia aux Dactyles pour le nourrir et l’élever. Les Nymphes qui en prirent soin , se nommaient Ida et Adrasté : on les appelait aussi les Mélisses. Quelques-uns disent qu’on le fit allaiter par une chèvre, et que les abeilles furent aussi les nourrices : mais quoique les Auteurs varient assez là-dessus , tout se réduit presque à dire qu’il fut élevé par les Corybantes de Crète, qui feignant des sacrifices qu’ils avaient coutume de faire au son de plusieurs instruments , ou, comme quelques-uns le prétendent, dansant et frappant leurs boucliers avec leurs lances, faisaient un assez grand bruit pour qu’on ne pût entendre les cris du petit Jupiter. Quand il fut devenu grand, Titan en fut averti ; et croyant que Saturne avait voulu le tromper et violer les conditions de la paix, en levant des enfants mâles, Titan assembla les siens, déclara la guerre à Saturne, se saisit de ai et d’Opis, et les mit en prison Jupiter prit a défense de son père, attaqua les Titans, les vainquit, et mit Saturne en liberté. Celui-ci peu reconnaissant, tendit des pièges à Jupiter, qui par le conseil de Métis, fit prendre à son père un breuvage qui lui fit vomir premièrement la pierre qu’il avait avalée, et ensuite tous les enfants qu’il avait dévorés. Pluton et Neptune se joignirent à Jupiter, qui déclara la guerre à Saturne, et s’en étant saisi, il le traita précisément de la même manière qu’il avait traité lui-même Son père Uranus, et avec la même faux. Il le précipita ensuite avec les Titans dans le fond du, Tartare, jeta la faux dans l’île Drepanum, et les parties mutilées dans la mer, desquelles naquit Vénus. Les autres Dieux accompagnèrent Jupiter dans la guerre qu’il soutint contre les Titans et contre Saturne. Pluton, Neptune, Hercule, Vulcain, Diane, Apollon, Minerve, Bacchus même lui aidèrent à remporter une victoire complète. Bacchus y fut si maltraité, qu’il y fut mis en pièces. Heureusement Pallas le rencontra dans cet état, et lui trouvant encore le coeur palpitant, elle le porta à Jupiter, qui le guérit. Apollon, habillé d’une étoffe de couleur de pourpre, chanta cette victoire sur sa guitare, Jupiter, plein de reconnaissance envers Vesta, qui lui avait procuré l’Empire, lui proposa de lui demander tout ce qu’elle voudrait. Vesta fit choix de la virginité et des prémices des sacrifices. Les Géants firent ensuite la guerre à Jupiter, et voulurent le détrôner, mais aidé encore des Dieux, il les vainquit, les foudroya, et ensevelit les plus redoutables sous le Mont-Ethna. Il est à remarquer que Mercure ne se trouva pas dans la guerre contre les Titans, et qu’il fut un de ceux qui combattirent avec le plus d’ardeur contre les Géants. Les Anciens représentaient Jupiter de différentes manières. La plus ordinaire dont on le peignait, était sous la figure d’un homme majestueux, et avec de la barbe, assis sur un trône, tenant de la main droite la foudre, et de l’autre une victoire, ayant à ses pieds un aigle, les ailes déployées, qui enlevé Ganymède, ou seule : ce Dieu ayant la partie supérieure du corps nue , et ta partie inférieure couverte. Pausanias décrit la statue de Jupiter Olympien en ces termes : « Ce Dieu est représenté assis sur un trône, il est d’or et d’ivoire, et il a sur la tête une couronne qui imite la feuille d’olivier ». « De la main droite il tient une victoire, qui est aussi d’ivoire et d’or, ornée de bandelettes, et couronnée ; de la gauche, Jupiter tient un sceptre où brillent toutes sortes de métaux. Un aigle repose sur le bout de ce sceptre. La chaussure et le manteau sont aussi d’or : sur le manteau sont représentés toutes sortes d’animaux, toutes sortes de fleurs, et particulièrement des lys. Le trône est tout éclatant d’or et de pierres précieuses : l’ivoire et l’ébène y font par leur mélange une agréable variété. » Jamblique dit que les Egyptiens peignaient Jupiter assis sur le lotus. Les Libyens le représentaient, ou sous la forme de bélier, ou avec des cornes de cet animal, et le nommaient Ammon, parce que la Libye où le temple de ce Dieu fut bâti, était pleine de sable. La raison qu’ils croyaient avoir de le figurer ainsi, est parce qu’on le trouva, disent quelques-uns, encre des moutons et des béliers, après qu’il eut abandonné le Ciel par crainte des Géants ; ou qu’il se métamorphosa lui-même en bélier, de peur d’être reconnu. Je ne rapporte pas ici les autres raisons qu’en donnent Hérodote au sujet du désir qu’Hercule avait de voir Jupiter, et Hygin en parlant des dispositions que Bacchus fit pour son voyage des Indes. On trouve dans les Anciens, et l’on voit sur les monuments que le temps a épargnés, plusieurs autres représentations de Jupiter. L’Antiquité expliquée de D. Bernard de Montfaucon, en fournit de bien des sortes, mais on ne peut nier que la plupart des symboles, des attributs et des attitudes mêmes de ce Dieu ne soient venus on du caprice des ouvriers, ou de la fantaisie de ceux qui faisaient faire ces statues ou ces peintures. Cicéron nous en donne une grande preuve, Lorsqu’il dit : « Nous connaissons Jupiter, Junon, Minerve, Neptune, Vulcain, Apollon et les autres Dieux, aux traits que leur a donnés la caprice des Peintres et des sculpteurs ; et non seulement aux traits, mais encore à l’âge, à l’habillement, et à d’autres marques. » J’ai expliqué dans le premier Livre ce qu’on entendait par Jupiter Sérapis. Jupiter a été de tous les Dieux du Paganisme un de ceux donc le culte était le plus solennel et le plus étendu. Les victimes les plus ordinaires qu’on lui immolait, étaient la chèvre, la brebis et le taureau blanc, donc on avait soin de dorer les cornes. Les Anciens varient si fort entre eux sur l’idée que l’on avait de Jupiter, qu’il serait très-difficile de s’en former une fixe et nette. On peut en conclure seulement qu’ils ne le regardaient pas comme un Dieu qui avait existé sous forme humaine, malgré que les Crétois, au témoignage de Lucien , voulussent faire croire qu’il était mort chez eux, et qu’ils étaient possesseurs de son tombeau . Callimaque dit que les Crétois étaient des menteurs, puisque Jupiter vit toujours, et se trouve partout. Cretes mendaces semper, Rex alme, sepulcrum, Erexere tuum : tu vivis semper, et usque es. Les uns avec Horace prenaient Jupiter pour l’Air : Jacet sub Jove frigido ; et Théocrite dans sa quatrième Elogue : Jupiter et quandoque pluit, quandoque serenus. Virgile parlait de lui sous le nom d’Ether. Tum Pater omnipotens soecundis imbribus AEther Conjugis in gremium lata descendit, et omnes Magnus alit magno conumistus corpore foetus. L. 2. Georg. Cicéron dît aussi d’après Euripide, que l’Ether doit être regardé comme le plus grand des Dieux. Anaxagoras débitait que cette partie de l’Univers était toute ignée et pleine de feu, et que de là il se répandait pour animer toute la Nature. Platon semble avoir pris Jupiter pour le Soleil. Mais lorsqu’on a voulu le présenter comme Dieu, alors Jupiter est devenu le père des Dieux et des hommes, le principe et la fin de tout, et celui qui conserve et gouverne toute la Nature, comme il lui plaît. C’est sans doute ce qui l’a fait nommer, tantôt Jupiter Olympien ou le Céleste, et tantôt Jupiter infernal, comme on le voit souvent, et dans Homère et dans Virgile. Un ancien Poète a même dit que Jupiter, Pluton, le Soleil et Bacchus n’étaient qu’une même chose Toute l’Antiquité s’accorde néanmoins à dire que Jupiter était fils de Saturne et de Rhée ; et ce qu’il y a d’assez extraordinaire, c’est que la plupart des Mythologues font Saturne fils du Ciel et de Vesta, qui est la Terre, selon eux de même que Cybèle, Ops, Rhée et Cérès ; Rhée serait par conséquent la propre mère à elle-même, et sa propre fille ; elle serait aussi mère, femme et soeur de Saturne. Cérès, qui eut Proserpine de Jupiter, serait devenue sa femme en même temps que sa mère et sa soeur. Il serait bien difficile d’accorder tout cela, si l’on ne l’explique allégoriquement ; et quelle allégorie trouvera-t-on qui puisse y convenir, a moins qu’on en fasse l’application à la Chimie Hermétique, où le père, la mère, le fils, la fille, l’époux et l’épouse, le frère et la soeur ne sont en effet que la même chose, prise sous différents points de vue ? Mais pourquoi, dira-t-on, inventer un si grand nombre de fables sur Jupiter et les autres ? C’était pour présenter la même chose de différentes manières. Les Philosophes Hermétiques ont fait une quantité prodigieuse de Livres dans ce goût-là. Toutes leurs allégories ont pour but les mêmes opérations du grand oeuvre, et néanmoins elles diffèrent entre elles suivant les idées et la fantaisie de ceux qui les ont inventées. Chaque homme s’est exprimé selon la manière dont il était affecté. Un Médecin a tiré son allégorie de la Médecine, un Chimiste a formé la sienne sur la Chimie, un Astronome sur l’Astronomie, un Physicien sur la Physique, et ainsi des autres. Et comme la Pierre Philosophale a suivant l’expression d’Hermès, toutes les propriétés des choses supérieures et inférieures, et ne trouve point de forces qui lui résistent. Ses disciples ont inventé des fables qui pussent exprimer et indiquer tout cela. Tel nous est représenté Jupiter, appelé en conséquence, Père des Dieux et des Hommes, le Tout-puissant. Hésiode, presque toutes les fois qu’il le nomme, ajoute le surnom de Largitor bonorum, comme étant la source et le distributeur des biens et des richesses. Il ne faut pas non plus s’imaginer avec quelques Mythologues, que la prétendue cruauté de Saturne envers ses enfants lui a fait perdre la qualité de père des Dieux, pendant que sa femme Rhée ou Cybèle a été appelée la mère des Dieux et la grand-mère, et était honorée comme celle dans tout le Paganisme La véritable raison qui a fait conserver ce titre à Cybèle, c’est que la Terre Philosophique d’où Saturne et les autres Dieux sont sortis, est proprement la base et la substance de ces Dieux. Il est même bon de remarquer que quoiqu’on ait confondu souvent, et fait une même chose de Rhée et de Cybèle, on n’a jamais donné le nom de mère des Dieux à Rhée, comme Rhée , mais seulement comme Cybèle, parce qu’il paraît que l’on a fait le nom de Cybèle, de caput, et de lapis, comme si l’on disait la première, la principale ou la plus ancienne, et la mère pierre. Les autres noms qu’on a donnés à cette mère des Dieux, sont aussi pris des différents états où se trouve cette pierre ou terre, ou matière de l’oeuvre pendant le commencement des opérations. Ainsi en tant que terre première ou matière de l’oeuvre, mise dans le vase en commençant l’oeuvre, elle fut nommée Terre, Cybèle, mère des Dieux et épouse du Ciel, parce qu’il ne paraît alors dans le vase, que cette terre avec l’air qui y est renfermé. Lorsque cette terre se dissout, elle prend le nom de Rhée, et femme de Saturne, de fluo, et de ce que la noirceur appelée Saturne, se manifeste pendant la dissolution. On l’a ensuite nommée Cérès, et on l’a dite fille de Saturne et soeur de Jupiter, parce que cette terre dissoute en eau, redevient terre dans le temps que la couleur grise ou Jupiter paraît : et comme cette même terre où Cérès devient blanche, on a feint que Jupiter et Cérès avaient engendré Proserpine. Il est même très vraisemblable qu’on a fait le nom de Cérès du Grec qui signifient l’un et l’autre terre. Vossius lui-même paraît admettre cette étymologie , prétendant que les Anciens changeaient assez souvent le G en C. Varron et Cicéron ont pensé en conséquence que Cérès venait de gerere, et Arnobe dit, d’après eux : Eamdem hanc (terram) alii quod salutarium seminum frugem gerat, Cererem esse pronunciant. Mais Hesychius confirma mon sentiment. Tout ceci suppose que Cérès vient du Grec ; mais de quelque façon qu’on la prenne, tout le monde fait que par Cérès on entendait la terre, et cette idée est très-conforme à celle qu’en ont les Philosophes Hermétiques, puisque leur eau étant devenue terre, est celle qu’ils appellent terre feuillée, dans laquelle il faut, disent-ils, Semer le grain philosophique, c’est-à-dire leur or. Nous avons parlé de cette terre qu’il faut ensemencer, dans le I. Livre, et nous en ferons encore mention dans le quatrième, lorsque nous parlerons des mystères d’Eleusis. Un quatrième nom donné à la Terre, était Ops, qu’on appelait proprement la Déesse des richesses, et avec raison, puisque cette terre philosophique est la base de la Pierre PhilosophaIe, qui est la véritable source des richesses. Les Anciens et les Modernes ne soupçonnant même pas les raisons que l’on avait eu de varier ainsi les noms de la mère des Dieux, les ont souvent employés indifféremment. Mais Orphée et ceux qui étaient au fait du mystère, ont su en faire la distinction : nous avons trois Hymnes fous le nom de ce Poète, en l’honneur de la Terre ; l’un sous le nom de la mère des Dieux , l’autre sous celui de Rhéa , et le troisième sous son propre nom de Terre. Homère nous en a aussi laisse trois sous les mêmes noms qu’Orphée . Il les distingue même très-bien, puisque dans celle de la Terre, il l’appelle mère des Dieux, et l’épouse du Ciel. Dans celle de la mère des Dieux, il désigne Rhéa, qui se plaît, dit-il, au son des crotales et autres instruments, sans doute à cause de ceux que les Corybantes, auxquels elle avait confié Jupiter, faisaient retentir pour empêcher Saturne d’entendre les cris de son fils. Homère distingue particulièrement Cérès en la joignant avec la belle Proserpine, et ne lui donne pas la qualité de mère des Dieux, donc il avait honore les deux autres. Enfin il suffit de suivre les époques de leur naissance, pour voir qu’on doit les distinguer, et que les inventeurs de ces Fables n’avaient pas intention de les confondre, et de parler de la Terre proprement dire » sous ces différents noms. La Terre, épouse du Ciel, est la mère, Rhéa sa fille, et Cérès fa petite-fille. Telle est aussi la généalogie de la terre des Philosophes. Une semblable allégorie ne peur s’expliquer historiquement, ni moralement, ni physiquement, dès que presque tous les Mythologues sont d’accord à regarder Cybèle » Rhée et Cérès, comme des noms différents d’une même chose » c’est-à-dire la Terre. En distinguant ces trois Déesses, comme le font les anciens Poètes, Jupiter se trouve en effet fils de Rhée, et frère de Cérès. Le son bruyant des instruments d’airain, que ceux à qui l’on avait confié son enfance, faisaient retentir pour empêcher Saturne d’entendre ses cris, est une allusion au nom d’airain et de laton ou leton, que les Disciples d’Hermès donnent à leur matière, lorsqu’elle tient encore de la couleur noire et de la grise. C’est cet airain donc il est parlé si souvent dans les Ouvrages Hermétiques, ce leton qu’il faut blanchir, et puis déchirer les livres, comme inutiles. Il en est fait mention presque à chaque page du livre qui a pour titre, la Tourbe ; et j’ai déjà rapporté un bon nombre de textes sur ce sujet : c’est proprement la signification des mots Cymbalum, Tympanum, quant à la matière de ces instruments. On peut voir sur cela le Traité de Frédéric-Adolphe Lampe, de Cymbalis veterum, et particulièrement le chapitre 14. du Livre premier. Noël le Comte les appelle tinnientia instrumenta. C’est au bruit de ces instruments, que les Abeilles s’assemblèrent auprès de Jupiter. On suit encore aujourd’hui cet usage pour conduire à la ruche un essaim qui veut s échapper. On bat sur des chaudrons, des poêles, etc. Hercule employa de semblables instruments pour chasser ces oiseaux qui ravageaient le lac Stympbale, et dont le nombre et la grosseur étaient si prodigieux, que par la vaste étendue de leurs ailes, ils interceptaient la lumière du Soleil. Les Nymphes Adrastée et Ida nourrirent Jupiter, et l’on dit que les Abeilles mêmes se joignirent à elles. Ces deux Nymphes étaient filles es Mélisses, ou mouches à miel, et le firent allaiter par Amalthée. Nous avons dit que lorsque la couleur grise ou le Jupiter philosophique paraît, les parties volatiles de la matière dissoute se subliment, et montent en abondance au haut du vase en forme de vapeur, où elles se condensent comme dans la distillation de la Chimie vulgaire, et après avoir circulé, retombent sur cette terre grise qui surnage l’eau mercurielle. La Fable pouvait-elle nous présenter cette opération par une allégorie plus palpable et mieux caractérisée que par cette feinte éducation de Jupiter. Les deux Nymphes expriment par leurs noms mêmes cette matière aqueuse, volatile, puisque Ida vient de sudor, et Adrastée, de complétif, et de fugio. Si on les dit filles des Mélisses ou mouches à miel, n’est-ce pas de ce que ces parties volatiles voltigent au-dessus du Jupiter des Philosophes, comme un essaim d’abeilles autour d’une ruche ? Ces parties volatiles nourrirent donc cette terre grise, en retombant dessus, comme une rosée ou une pluie qui humecte la terre, et la nourrit en l’imbibant. Il y a grande apparence que l’équivoque du mot grec qui veut dire également chèvre et tempête, a donné lieu à la fiction, ou plutôt à l’erreur de ceux qui ont dit que la chèvre Amalthée avait allaité Jupiter : car la volatilisation se faisant avec impétuosité, de même que la chute en pluie de ces parties volatilisées, représente proprement une tempère, et l’on sait que vient de ruo, cum impetuseror. Cette idée même de tempère, joint à ce que cette terre ou Jupiter des Philosophes commence à devenir ignée, a sans doute fait donner à Jupiter la foudre pour attribut, parce que les tempêtes sont ordinairement accompagnées d’éclairs, de foudres et de tonnerres. C’est l’idée qu Homère semble avoir voulu nous en donner en divers endroits de son Iliade, où il parle du Mont-Ida, qu’il dit être le séjour de Jupiter. Ce Mont est, selon ce Poète, arrosé de fontaines, et couvert de nuages que Jupiter fait élever avec des tonnerres. Il dit même de quelle nature étaient ces nuées, c’est-à-dire des nuages d’or semblables apparemment à ceux qui produisirent les pluies d’or, donc nous avons parlé dans le Livre précédent. Telles sont les nuées que Jupiter excite sur le Mont-Ida, ou le mont de sueur ; telles sont la pluie et la rosée qui y tombent ; telles sont aussi ces parties volatiles qui circulent, montent et descendent, et à l’imitation des Abeilles, semblent aller chercher de quoi nourrir le petit Jupiter au berceau. Tel aussi est le lait d’Amalthée, celui donc Junon nourrit Mercure, celui donc Platon fait mention dans la Tourbe, et que les Philosophes appellent lait de Vierge ; celui enfin dont parle D’Espagnet en ces termes : « L’ablution nous apprend à blanchir le corbeau, et à faire naître Jupiter de Saturne ; ce qui se fait par la volatilisation du corps ou la métamorphose du corps en esprit. La réduction ou la chute en pluie du corps volatilisé » rend à la pierre son âme, et la nourrit d’un lait de rosée et spirituel, jusqu’à ce qu’elle ait acquis une force parfaire. » Il dit ensuite : « Après que l’eau a fait sept révolutions, ou, circulé par sept cercles, l’air lui succède, et fait autant de circulations et de révolutions, jusqu’à ce qu’il soit fixé dans le bas, et qu’après avoir chassé Saturne du Trône, Jupiter prenne les rênes de l’Empire. C’est à son avènement que l’enfant philosophique se forme et se nourrit ; il paraît enfin au jour avec un visage blanc et beau comme celui de la Lune. » Ces paroles de D’Espagnet sont si appropriées au sujet que je traire, qu’elles semblent avoir été dites par ce Philosophe, pour expliquer cette éducation de Jupiter. Elles doivent suffire à tour homme qui voudra sans préjugé en faire l’application. C’est pourquoi je passerai sous silence une quantité d’autres textes qui y ont aussi un rapport immédiat ; et je renvoie le Lecteur à Homère, d’où, il semble que D’Espagnet a tiré ce qu’il dit. Jupiter, avant de détrôner son père, prit sa défense contre les Titans, et les vainquit ; mais enfin voyant que Saturne avait dévoré ses frères, et qu’il lui tendait des pièges à lui-même, il lui fit avaler un breuvage qui les lui fit rejeter. Alors Pluton et Neptune se joignirent à Jupiter contre leur père ; et celui-ci l’ayant détrôné , le mutila, et le précipita dans le Tartare avec les Titans qui avaient pris son parti. D’Espagnet a renfermé tout cela dans le Canon que nous venons de rapporter, puisqu’il y dit : Donec figatur deorfum, et Saturno expulso , Jupiter insignia et regni moderamen sucipiat. Il avait dit auparavant en parlant des parties à mutiler Sous le nom d’accidents hétérogènes, superflua, sunt externa accidentia, quae fuscâ Saturni sphaerâ rutilantem Jovem obnubilant, Emergentem ergo Saturni livorem separa, donec purpureum Jovis fidus tibi arrideat. C’est donc par la séparation de ces parties qui ont servi à la génération de Jupiter, que ce fils de Saturne monte sur le Trône ; ce sont ces mêmes parties Osiris, qu’ils ne ramassa pas. Il faut entendre par les Titans, la même chose que par Typhon et ses compagnons, qu’Horus, fils d’Osiris, vainquit. Il est inutile par conséquent d’en répéter ici l’explication, il suffit d’en faire le parallèle, pour être convaincu qu’ils ne signifient que la même chose Osiris, père d’Horus, fut persécuté par Typhon, son frère, qui voulait le détrôner et régner à sa place. Saturne fut attaqué par Titan son frère, pour la même raison. Typhon avec ses conjurés se saisirent d’Osiris, et le fermèrent dans un coffre. Saturne fut pris par les Titans, et mis en prison Horus combattit Typhon, et le fit périr avec ses complices. Jupiter prit aussi la défense de Saturne, et après avoir vaincu les Titans, il les précipita dans le Tartare. Typhon, le plus redoutable des Géants, voulut aussi détrôner Horus ; il fut foudroyé, et enseveli sous le Mont-Vésuve ou Ethna. Encelade que les Mythologues mêmes confondent Souvent avec Typhon, fut aussi foudroyé et enseveli Sous la même montagne. S’il y a donc quelques petites différences dans les deux fictions, c’est que l’une a été imitée de l’autre, mais habillée à la grecque. Après une telle victoire, Jupiter régna en paix. Tous les Dieux et les Déesses y prirent part : mais si l’on voulait en faire une application à. l’Histoire, je prierais le Mythologue qui voudrait Soutenir ce système, de m’expliquer comment et pourquoi Bacchus, Apollon et Mercure Se trouvèrent à cette guerre, eux qui étaient fils de Jupiter, et qui vraisemblablement, ou ne pouvaient pas encore être nés, ou n’avaient pas du moins l’âge propre à en soutenir les fatigues. Ils s’y trouvèrent néanmoins, si nous en croyons la Fable, et Hercule même, fils d’Alcmene, puisqu’il y terrassa à coups de flèches plusieurs fois le redoutable Alcyonée. Apollon creva l’oeil gauche au Géant Ephialte, et Hercule l’oeil droit. Mercure ayant pris le casque de Pluton, tua Hyppolytus ; et Bacchus ayant été mis en morceaux dans le combat, fut heureux d’être rencontré par Pallas. En suivant le système de M. l’Abbé Banier, et en admettant avec lui les époques qu’il détermine dans l’histoire prétendue réelle de Jupiter, ce Dieu ne commença à régner qu’après la mort de Saturne. Il vécut cent vingt ans, et en régna soixante-deux, « Devenu le maître d’un vaste Empire, dit notre Mythologue, il épousa sa soeur, que les Latins nomment Junon, et les Grecs Héra, ou la Maîtresse, et il ne fit en cela que suivre l’exemple de son grand-père et de son père. Jupiter, qui était un Prince fort adonné aux femmes, comme le nom même de Zan, qu’il portait, le signifie, eut selon la coutume de ce temps-là plusieurs maîtresses, et Junon se brouilla souvent avec lui sur ce sujet. Voilà l’origine de ce mauvais ménage, dont les Poètes parlent si souvent. » Elle envoya deux dragons pour dévorer Hercule au berceau. On l’ait les persécutions qu’elle fit souffrir à Io, à Calisto, à Latone et à ses autres rivales. Enfin il n’est parlé des amours de Jupiter que depuis son mariage avec Junon. Si Jupiter avait cinquante-huit ans, lorsqu’il épousa sa soeur, et qu’il commença à avoir des Maîtresses, la première duc être Maja, fille d’Atlas, puisque Mercure qui en vint, fut dans la suite l’entremetteur et le messager de Jupiter pour toutes ses intrigues amoureuses. Il faut cependant que Junon ne fût pas si sensible qu’on le dit à l’infidélité de Jupiter, puisqu’elle nourrit de son lait même Mercure ; d’autres disent Hercule, à la sollicitation de Pallas, et que de là fut formée la voie lactée. Ce fut elle, qui pour se venger de Sémélé, se métamorphosa en Vieille, et lui persuada de demander à Jupiter pour preuve de son amour, qu’il lui rendît visite avec tout l’éclat de sa majesté. Mais s’il est vrai que Junon fut jumelle avec Jupiter, elle avait au moins soixante et quelques années dans le temps que Jupiter voyait Sémélé. Junon par conséquent n’eut pas beaucoup de peine à faire cette métamorphose. Mais enfin Hercule était arrière-petit-fils de Persée, fils lui-même de Jupiter et de Danaé. Il n’eût donc pas été possible qu’Hercule se fut trouvé au combat où Jupiter demeura victorieux des Géants, puisqu’en soixante-deux ans de règne, il ne pouvait s’être écoulé quatre ou cinq générations. Je laisse aux réflexions du Lecteur la discussion des autres points, donc l’impossibilité n’est guère moins palpable. Quoi qu’il en soit, la Fable nous apprend qu’Apollon chanta cette victoire sur sa guitare, vécu de couleur de pourpre. Si ce trait n’est pas allégorique, je ne conçois guère quelle raison on peut avoir eu d’affecter de marquer précisément la couleur de cet habillement d’Apollon. On ne peut avoir eu intention d’indiquer le Soleil céleste, puisqu’il n’est pas de couleur de pourpre. L’Auteur de cette fiction faisait donc allusion à un autre Apollon, et je n’en connais point d’autre vêtu de cette couleur, que l’Apollon, ou le soleil, ou l’or des Philosophes Hermétiques. Il était tout naturel de feindre qu’il chantait cette victoire, parce qu’étant la fin de l’oeuvre, et le résultat des travaux Hermétiques, il annonce que toutes les difficultés qui s’opposaient à la perfection de l’oeuvre, sont surmontées : aussi fut-il le seul qui chanta cette victoire, quoique tous les autres Dieux y fussent présents. Les principaux furent Hercule ou l’Artiste, Mercure ou le Mercure des Philosophes, Vulcain et Vesta, ou le feu, Pallas ou la prudence et la science pour conduire les opérations ; Diane, soeur d’Apollon, ou la couleur blanche, qui doit paraître avant la rouge, et qui a fait due qu’elle avait servi de sage-femme à Latone, sa mère, pour mettre Apollon au monde ; enfin le Dieu Mars ou la couleur de rouille de fer, qui se trouve intermédiaire, et sert comme de passage de la couleur blanche à la pourprée. Vesta n’étant autre chose que le feu, et la réussite de l’oeuvre dépendant du régime du feu philosophique, on a feint, avec raison, que cette Déesse procura la Couronne à Jupiter : et si elle choisie la virginité pour récompense, c’est que le feu est sans tâche, et la chose la plus pure qui soit dans le monde. Il est aisé de voir que ce qui regarde Vesta, n’était qu’un put hiéroglyphe chez les Egyptiens et les Grecs ; mais les Romains en firent un point de Religion. Ils instituèrent des Vierges appelées Vestales, qui devaient garder la virginité, et entretenir un feu perpétuellement. Elles étaient punies de mort, lorsqu’elles se laissaient corrompre, ou que le feu s’éteignait par leur négligence. Le stratagème que Jupiter employa pour jouir de Junon, et le mariage qui en fut une suite, serait un conte à amuser des enfants, s’il était pris à la lettre : mais il n’en est pas de même , si l’on regarde dans Son vrai point de vue la chose à laquelle il fait allusion. Le coucou dépose ses oeufs dans le nid des autres oiseaux ; ceux-ci couvent ces oeufs, et nourrissent les petits coucous qui en sont éclos. Lorsqu’ils sont devenus grands, ils dévorent celles qui les ont couvés et nourris. Il serait ridicule de supposer une telle ingratitude dans des Dieux et de ? Déesses : mais on peut feindre dans une allégorie tout ce qu’on veut, quand ce qu’on y insérer convient parfaitement à l’objet qu’on a en vue. Celle-ci est très-conforme à toutes celles des Philosophes dans pareil cas. Raymond Lulle l’a employée en ces termes : « Notre argent-vif est cause de sa mort propre, parce qu’il se tue lui-même ; il tue en même temps son père et sa mère ; il leur arrache l’âme du corps, et boit toute leur humidité ». Basile Valentin donne pour allégorie un Chevalier qui prend le sang de son père et de sa mère. Michel Majer représente dans ses emblèmes un crapaud qui suce la mamelle d’une femme, sa mère, et lui donne la mort par son venin, Jupiter était d’ailleurs frère de Junon, et le mariage philosophique ne peut se faire qu’entre le frère et la soeur, témoin Aristée, qui dit : « Seigneur Roi, combien que vous soyiez Roi, et votre pays bien fertile, toutefois vous usez de mauvais régime en ce pays, car vous conjoignez les mâles avec les mâles, et vous savez que les mâles n’engendrent point seuls ; car toute génération est faire d’homme et de femme : et quand les mâles se conjoignent avec les femelles, alors Nature s’éjouit en sa nature. Comment donc, lorsque vous conjoignez les natures avec les étranges indûment, ni comme il appartient espérez-vous engendrer quelque fruit ?. Et le Roi dit : quelle chose est convenable à conjoindre ? Et je lui dis amenez-moi votre fils Gabertin, et sa soeur Béya. Et le Roi dit : comment sais-tu que le nom de sa Soeur est Béya ? Je crois que tu es Magicien. Et je lui dis : la science et l’art d’engendrer nous ont enseigné que le nom de sa soeur est Béya. Et combien qu’elle soit femme, elle l’amende ; car elle est en lui. Elle Roi dit : pourquoi veux-tu l’avoir ? Et je lui dis : pour ce qu’il ne se peut faire de véritable génération sans elle, ni ne se peut aucun arbre multiplier. Alors il nous envoya ladite soeur, et elle était belle et blanche tendre et délicate. Et je dis : je conjoindrai Gabertin avec Béya.» Ce serait ici le lieu d’expliquer comment Jupiter et ses deux frères, Neptune et Pluton partagèrent entre eux l’Empire du Monde, M. l’Abbé Banier » qui, suivant son système regarde ce partage comme un fait réel se trouve obligé d’établir les bornes du Monde aux confins tout an plus de la Syrie vers l’Orient ; au Midi par les côtes de la Libye et de la Mauritanie ; et à l’Occident, par les côtes de l’Espagne qui sont baignées par l’Océan. « Jupiter » dit-il, garda pour lui les pays Orientaux, ainsi que M la Thessalie et l’Olympe. Pluton eut les Provinces d’Occident jusqu’au fond de l’Espagne qui est un pays fort bas. par rapporta la Grèce et Neptune fut établi Amiral des Vaisseaux de Jupiter, et commanda sur toute la Méditerranée. » Il ne faut pas se mettre l’esprit à la torture pour voir qu’un tel partage est trop mal concerté pour pouvoir se soutenir. Lorsque les Poètes parlent de ces trois Dieux, ils ne les nomment pas Princes, ou Rois, ou Souverains d’une partie du Monde, telle qu’est la Phrygie, la Grèce » la mer Méditerranée et l’Espagne y mais ils appellent Jupiter le père des Dieux et ces hommes le souverain du Ciel et de toute la Terre, c’est-à-dire, de la superficie du Globe seulement : Neptune, de toutes les eaux qui le couvrent et qui y sont répandues ; et Pluton eut les Enfers, ou le fond de la Terre, que l’on a nommé en conséquence l’Empire ténébreux Homère, qui savait bien que le Monde n’était pas renfermé dans des bornes si étroites que celles que lui donne M. l’Abbé Banier, emploie le terme , pour faire voir qu’il n’excluait rien ; et quand il parle de Jupiter, il dit qu’il régnait sur le Ciel, l’air, les nuages et la Terre commune à tous les êtres vivants. Il ne dit point aussi que Pluton commandait sur des lieux bas et occidentaux mais sur les noires ténèbres. Or personne n’ignore que l’Espagne n’est pas un lieu ténébreux. Cette dénomination aurait mieux convenu aux Lapons et aux autres pays qui approchent du Pôle ; mais on aurait été embarrassé de trouver une raison qui eût pu faire donner à Pluton le nom de Dieu des richesses. Les mines d’or des Pyrénées sont venues fort à propos au secours du savant Mythologue qui n’a rien négligé de tout ce qui pouvait appuyer son système. Le portrait même que les Poètes nous font du séjour de Pluton, ne peut en aucune manière convenir à l’Espagne Lorsque Homère raconte. le combat qui se donna entre les Dieux qui favorisaient les Grecs, et ceux qui prenaient le parti des Troyens il die que Pluton Roi des Enfers trembla même sous terre, et sauta tout épouvanté de son trône en bas, lorsque Neptune secoua la Terre entière avec tant de violence que les montagnes en étaient ébranlées jusque dans leurs fondements. Les idées qu’Homère paraît avoir de Neptune ne s’accordent point non plus avec celles que M. l’Abbé Banier veut nous en donner. Hésiode est en cela de concert avec Homère, et l’un et l’autre donnent à ce Dieu l’épithète de quassator terrae. Je ne vois pas la raison qui ait pu engager les Poètes a qualifier aussi un Amiral : car quelque redoutable qu’il puisse être il n’aura jamais le pouvoir d’exciter des tremblements de terre en tout, ou même en partie. Mais tout cela convient très bien à ces trois Dieux pris hermétiquement, et ce partage est tout naturel de la manière que je l’ai rapporté sur la fin du chapitre précédent, Jupiter y est en effet le dominant, le plus élevé ; il y occupe le Ciel philosophique. Neptune vient après, et domine sur la mer ou l’eau mercurielle ; la terre qui surnage, où Jupiter suit les moindres impressions des mouvements de cette eau; ce qui fait nommer à bon droit Neptune quassator terrae. Ces impressions se communiquent même fort aisément à la terre qui est au fond dit vase, à laquelle nous avons donné avec les Philosophes le nom de Pluton. Il n’est donc pas Surprenant qu’Homère feigne que ce Dieu des Enfers ressentit avec frayeur les secousses de la Terre, que Neptune excita. Si des explications aussi simples que celles-là ne satisfont pas un esprit exempt de prévention, je ne sais pas trop s’il faut lui en chercher d’autres. Mais pour achever de le convaincre, faisons quelques réflexions sut la manière donc les Anciens représentaient Jupiter. Il semble que celui qui avait fait ce Jupiter Olympien sur son trône, dont Pausanias fait mention a voulu mettre devant les yeux tout ce qui se passe dans l’oeuvre. Pourquoi ce trône est-il tout brillant d’or et de pierreries, et fait particulièrement d’ébène et d’ivoire ? Pourquoi Jupiter lui-même et la victoire sont - ils aussi d’ivoire et d’or ? Pourquoi son sceptre est-il un composé de tous les métaux réunis ? Pourquoi enfin Jupiter est il représenté la partie supérieure du corps nue, et l’inférieure couverte d’un manteau sur lequel sont peints toutes sortes d’animaux et toutes sortes de fleurs ? Que le Lecteur se donne la peine de rapprocher cette description de tout ce que nous avons dit de l’oeuvre jusqu’ici, il n’aura pas de peine à voir dans l’ébène, l’ivoire et l’or, les trois couleurs principales qui surviennent à la matière pendant les opérations du Magistère ; c’est-à-dire, la noire qui est la clef de l’oeuvre, comme elle était celle qui dominait dans le trône de Jupiter ; la blanche représentée par l’ivoire ; et la rouge ou l’or philosophique désignée par l’or. Les autres couleurs moins permanentes, qui se manifestent séparément et intermédiairement, sont symbolisées par les différents animaux et les couleurs variées des différentes fleurs qu’on avoir peints sur le manteau Le coup d’oeil et l’ensemble de tous ces objets formaient en même temps une espèce d’arc-en-ciel qui désignait l’assemblage des couleurs, que les Philosophes appellent la queue de paon, Et comme cette Iris Hermétique paraît dans le temps que le Jupiter des sages a commencé à sa montrer, on avait eu soin de marquer cette variété de couleurs par les animaux et les fleurs peints sur son manteau qui ne lui couvrait en conséquence que la partie inférieure. On n’avait représenté que la partie supérieure de son corps nue parce que la couleur grise ou Jupiter se manifeste d’abord à la superficie pendant que le bas ou le dessous est encore noir, ou couvert du manteau coloré comme la queue de paon. La victoire d’ivoire et d’or indique celle que le corps fixe a remportée sur le volatil, qui lui avait fait la guerre en le dissolvant, le putréfiant pendant la noirceur ,et le volatilisant, La couronne d’olivier est la couronne de paix qui désigne la réunion du fixe et du volatil en un seul corps fixe de manière qu’ils sont inséparables ; aussi Jupiter après sa victoire sur les Géants, n’eut plus aucuns ennemis à combattre, et régna perpétuellement en paix. Mais rien ne prouve mieux pour mon système que le sceptre de Jupiter, fait de tous les métaux réunis, et surmonté d’une aigle. La volatilisation qui se fait de la partie fixe ou aurifique, pouvait-elle être marquée plus précisément que par l’aigle qui enlevé Ganymède, pour servir d’Echanson à Jupiter ? puisqu’on doit se souvenir que cette volatilisation arrive pendant le temps que règne la couleur grise Ces parties volatilisées et aurifiques, qui retombent en rosée ou pluie dorée sur la terre, ou crème grise qui surnage, ne sont- elles pas bien exprimées par le nectar et l’ambroisie que Ganymède versait à Jupiter ? puisque l’eau mercurielle volatile est de même nature que l’or philosophique volatilisé ; qu’ils sont par conséquent immortels, comme l’or est incorruptible. L’une représente donc le nectar ou la boisson ; et l’autre l’ambroisie ou les viandes immortelles des Dieux. On a choisi l’aigle entre les autres oiseaux tant à cause de sa supériorité fur les autres volatils, qu’à cause de sa force et de sa voracité qui détruit, mange dissout et transforme en sa propre substance tout ce qu’elle dévore. On disait aussi qu’elle était la seule entre tous les animaux qui pût regarder le Soleil d’un oeil fixe et sans cligner la paupière, peut-être parce que le mercure des Philosophes est le seul Volatil qui puisse s’attaquer à l’or, avoir prise fur lui, et le dissoudre radicalement. Le sceptre de Jupiter est le symbole des métaux philosophiques par les métaux du vulgaire dont il était composé Ils y aboient tous réunis, mais distingués, comme les couleurs de la matière se manifestent toutes. successivement pour produire une seule chose, pu le sceptre de Jupiter, marque distinctive de sa Royauté et de son Empire. Il est fâcheux que Pausanias n’ait point ajouté à sa description l’arrangement et l’ordre que ces métaux tenaient entre eux ; je suis persuadé qu’on les y remarquait dans l’ordre1 même successif des couleurs de l’oeuvre ; c’est-à-dire, le plomb, ou Saturne, ou la couleur noire dans le bas du sceptre ; ensuite l’étain ou Jupiter ou la couleur grise ; puis l’argent, ou la Lune, ou la couleur planche ; après cela le cuivre ou Vénus, ou la couleur jaune-rougeâtre et safranée, le fer, ou Mars, ou la couleur de rouille venait sans doute après et enfin l’or, ou le Soleil, ou la couleur de pourpre. Tout le reste de la description s’accorde trop bien à mon système, pour que ma conjecture ne soit pas fondée. D’ailleurs le sceptre de Jupiter Olympien n’était pas la seule chose que les Anciens faisaient d’un électre composé de tous les métaux Les Egyptiens représentaient Sérapis de la même manière, et y ajoutaient aussi du bois noir, comme on en mettait au trône de Jupiter Olympien. Tous les Antiquaires savent que par Sérapis on entendait Jupiter, et avec raison ; puisque le boeuf Apis prenait le nom de Sérapis après sa mort, comme la couleur grise ou Jupiter paraît après la noire à laquelle les Disciples d’Hermès ont donné assez communément les noms de mort, sépulcre, destruction, et ont inventé des allégories en conséquence comme on le voit dans les Ouvrages de Flamel, de Basile Valentin, de Thomas Northon et de tant d’autres. Enfin pour conclure ce chapitre je vais mettre devant les yeux du Lecteur ce qu’Arthéphius dit des couleurs afin qu’il puisse voir si l’application que j’en ai faite est juste. Pour ce qui est des couleurs, celui qui ne noircira point ne saurait blanchir parce que la noirceur est le commencement de la blancheur, et c’est la marque de la putréfaction et de l’altération ; et lorsqu’elle paraît, c’est un témoignage que le corps est déjà pénétré et mortifié. Voici comme la chose se fait. En la putréfaction qui se fait dans notre eau, il paraît premièrement une noirceur qui ressemble à du bouillon gras sur lequel on a jeté force poivre et enfuire cette liqueur s’étant elle se blanchit insensiblement en continuant de la cuire, ce qui provient de ce que l’âme du corps surnage au-dessous de l’eau comme une crème qui étant devenue blanche les esprits s’unissent si fortement, qu’ils ne peuvent plus s’enfuir, ayant perdu leur volatilité. C’est pourquoi il n’y a en toute l’oeuvre, qu’à blanchir le laton ou leton, et laisser là tous les livres, afin de ne nous point embarrasser par leurs lectures en des imaginations et en des travaux inutiles et ruineux : car cette blancheur et la pierre parfaire au blanc et un corps très-noble par la nécessité de sa fin qui est de convertir les métaux imparfaits en très-pur argent, étant une teinture d’une blancheur très-exubérante, qui les refait et les perfectionne, et qui a une lueur brillance, laquelle étant unie aux corps des métaux imparfaits, y demeuré toujours sans pouvoir en être séparée. Tu dois donc remarquer ici que les esprits ne sont point rendus fixes que dans la couleur blanche, et par conséquent qu’elle est plus noble que celles qui l’ont devancé, et on doit toujours la souhaiter, parce qu’elle est en quelque façon et en partie l’accomplissement de tonte l’oeuvre : car notre terre se pourrit premièrement dans la noirceur, puis elle se nettoie en s’élevant et en se sublimant, et après qu’elle est desséchée, la noirceur disparaît et alors elle blanchit, et la domination humide et ténébreuse de la femme ou, de l’eau finit. C’est alors que le nouveau corps ressuscite transparent, blanc et immortel, et qu’il est victorieux de tous ses ennemis. Et de même que la chaleur agissant sur l’humide produit la noirceur ou la première couleur principale qui se manifeste ; la même chaleur continuant son action et agissant sur le sec, elle produit aussi la blancheur, qui est la seconde couleur principale de l’oeuvre. Et enfin la chaleur agissant encore sur le corps sec elle produit la couleur orangée et ensuite la rougeur qui est la troisième et dernière couleur du Magistère parfait. Ce texte d’Artéphius montre aussi assez clairement pourquoi on immolait à Jupiter des chèvres, des brebis et des Taureaux blancs. Ces différentes couleurs expliquent en même temps les diverses métamorphoses de Jupiter, qu’un ancien Poète a renfermées dans les deux vers suivants : Fit taurus, cygnus, satyrusque, aurumque ob amoren. Europa, Laedes, Antiopae, Danaes.
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