Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
les dieux de l'Olympe
Chute des géants Giulio Romano
Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Chapitre V à VII : Junon, Pluton et Neptune. J’ai dit quelque chose de Junon dans les deux chapitres précédents ; mais une aussi grande Déesse mérite bien qu’on entre dans un plus grand détail sur Son histoire, puisque Son mariage avec Jupiter, son frère, la rendit une des plus grandes Divinités du Paganisme. Elle était fille de Saturne et de Rhéa et Soeur jumelle de Jupiter. Les Grecs la nommaient Héra ou Mégalé la Maîtresse la Grande. Homère nous apprend () qu’elle fut nourrie et élevée par l’Océan et par Thétis, Sa femme ; d’autres disent par Eubea, Porsymna et Aerea, filles du fleuve Astérion ; d’autres enfin prétendent que les Heures présidèrent à son éducation. Le Poète que nous venons de citer la dit née à Argos () : Junoque Argiva, atque Alalcomenia Minerva. Les Samiens disputaient cet honneur à ceux d’Argos ; c’est pourquoi on la nommait indifféremment la Samienne et l’Argotique : mais comme elle était soeur jumelle de Jupiter, elle dut venir au monde dans le même endroit que lui. Ce frère qui l’avait aimée dès sa plus tendre jeunesse, sentit augmenter son amour avec l’âge, et cherchant les moyens d’en jouir, se changea en coucou, comme nous l’avons dit satisfit sa passion, et l’épousa ensuite Solennellement. Il en eut un fils, nommé Mars, et selon Apollodore, Hebé, Illythye et Argé. Hésiode lui donne quatre enfants, Hébé, Vénus Lucine et Vulcain ; d’autres y joignent Typhon ; et Lucien ( Dialog.) la fait mère de Vulcain sans avoir connu d’hommes. Ces Mythologues ont même traité allégoriquement ces générations, puisqu’ils feignent que Junon devint mère d’Hébé, pour avoir mangé des laitues ; de Mars, en touchant une fleur ; et de Typhon, en faisant sortir de terre des vapeurs qu’elle recueillit dans son sein. Jupiter et Junon ne donnèrent pas l’exemple d’une union douce, et d’un mariage paisible : c’étaient presque toujours des querelles et des guerres entre eux. Jupiter qui était fort adonné aux femmes, ne souffrait pas patiemment les reproches Jaloux de Junon. Il la maltraita en toutes manières, jusqu’à la suspendre en l’air par les bras au moyen d’une chaîne d’or, et lui mit à chaque pied une enclume. Les Dieux en furent indignés, et firent leur possible pour l’en retirer ; mais ils ne purent y réussir (Homer. Iliad. Lib. 15. v. 18. et seq.). Lysimaque d’Alexandrie rapporte (In reb. Theb. 1. 13. et Pausan, in Corinth.) qu’il y avait près d’Argos une fontaine nommée Canatho, où Junon se baignait une fois par an, et y recouvrait sa virginité à chaque fois. Elle avait quatorze Nymphes à sa suite ; mais Iris était celle qu’elle employait le plus. Sunt nihi bis septem prastanti Corpore Nymphtae. Aeneid. 1. I. Junon fut aussi regardée comme la Déesse des richesses. Les promesses qu’elle fit à Paris, pour l’engager à prononcer son jugement en sa faveur lorsqu’elle se présenta devant lui avec Pallas et Vénus, en sont une grande preuve. Ovide les décrit ainsi (Epist. Parid.) : Tantaque vincendi cura est ; ingentibus ardent Judicium donis sollicitare meum. Regna Jovis conjux, virtutem filia jactat ; Ipse potens dubito, fortis an esse velum. Entre les oiseaux, le paon était particulièrement consacré à Junon, à cause sans doute, disent quelques Mythologues, que cette Déesse le choisit préférablement pour mettre sur les plumes de sa queue les yeux d’Argus, après que Mercure l’eut tué. L’oison était aussi un des oiseaux consacrés à Junon, et la vache blanche encre les animaux à quatre pieds, suivant ces paroles de Virgile : Ipsa tenens dextra pateram pulcherrima Dido, Candentes vacccoe média inter cornua fundit. Aeneid. 1.4. Sans doute, parce que chez les Egyptiens, la vache était le symbole hiéroglyphique de Junon. On représentait ordinairement Junon assise, vêtue, avec un voile quelquefois sur la tête, un sceptre à la main ; mais cela est assez rare, c’est plus souvent une espèce de pique : on la voit aussi avec une patère. Mais en général les images de Junon ne sont pas aisées à distinguer de celles de plusieurs autres Déesses. Le paon est son seul attribut distinct avec la patère, comme l’aigle est celui de Jupiter ; car pour les autres, ils dépendent ordinairement ou du caprice de l’Artiste, ou de la fantaisie de celui qui commandait la statue ou le monument, ou selon le nom ou, le titre sous lesquels on invoquait cette Déesse. Je laisse le détail des noms de Junon à ceux qui font des Mythologies en forme. Les explications que j’ai donné des différentes circonstances de l’histoire de Jupiter, dévoilent une partie de celle de Junon. Quand on sait ce que c’était que ce Dieu, on devine aisément ce que pouvait être sa soeur jumelle. Ceux d’entre les Mythologues qui ont pensé que le nom Héra de cette Déesse était une simple transposition de lettres, et qu’en les remettant à leur place, on trouvait aer ; que par conséquent Junon et l’air étaient une même chose ; ceux-là, dis je, ont touché plus près du but que les autres. L’Auteur qui a pris le nom d’Orphée, favorise cette opinion, quand on prend ses termes à la lettre (Hymn. in Junonem.). Il paraît que Virgile a été du même sentiment, lorsqu’il a dit que Junon excitait la grêle et le tonnerre : Ris ego nigrantem commista grandine nymbum Desuper insundam, et tonitru coelum omne ciebo. AEneid.1. 4. 4. Ceux qui, suivant Homère, prirent soin de l’éducation de Junon, indiquent quel air on doit entendre par cette Déesse ; c’est-à-dire, Océan et Thétis, où l’eau. Les trois Nymphes que d’autres y substituent, né signifient que la même chose, puisqu’on les dit filles du fleuve Astérion ; mais elles désigneraient plus particulièrement quelle était cette eau par le nom de leur père, si l’on ne savait d’ailleurs qu’Océan et Thétis étaient regardés eux-mêmes comme Dieux. Junon étant donc soeur jumelle de Jupiter, elle n’a pu naître qu’en même temps que lui. Et comme l’air qui se trouve dans le vase au-dessus de la matière dissoute, se remplit de vapeurs qui s’en élèvent, dans le temps que le Jupiter philosophique se forme, il était naturel de personnifier aussi cette humidité vaporeuse et aérienne ; c’est donc à cette humidité volatile et toujours en mouvement, suspendue néanmoins au haut du vase, et comme appuyée sur la terre qui surnage l’eau mercurielle, qu’on a jugé à propos de donner le nom de Héra, ou sauf de Jupiter. Plusieurs Mythologues qui ont voulu allégorifier l’histoire de Junon, et l’appliquer à la Physique, n’ont pas pris écrit Déesse pour l’air pris en lui-même ; mais pour l’humidité qui y est répandue. Océan ou la mer des Philosophes avec Thétis sont donc véritablement ceux qui ont pris soin de l’éducation de Junon, puisqu’ils ont fourni de quoi l’entretenir, par les parties volatiles qui s’en sont sublimées. Le nom de la Nymphe Aéréa, qui vient de summus, excelsus, marque que Junon était dans un lieu élevé. Jupiter et Junon étant nés ensemble, et toujours l’un près de l’autre, il n’est pas surprenant que ce frère ait aimé sa soeur dès la tendre jeunesse. Par leur situation dans le vase, ils étaient comme inséparables ; cette inclination se fortifia de manière qu’ils prirent enfin le parti de s’épouser. Les Philosophes parlent si souvent de cette sorte de mariage entre le frère et la soeur, le Roi et la Reine, le soleil et la Lune, etc. qu’il est inutile d’expliquer celui-ci par leurs textes. J’en ai déjà rapporté et peut-être en citerai-je encore dans la suite ; une répétition si réitérée deviendrait ennuyeuse. Les brouilleries qui s’élevèrent dans ce ménage venaient de la jalousie de Junon. Et comment en effet n’aurait-elle pas été susceptible de cette folle passion ? Jupiter se trouvait sans cette entre son épouse et quelques Nymphes ; c’est-à-dire, entre les vapeurs humides de l’air renfermé dans le haut du vase, et l’eau mercurielle sur laquelle il nageait et même les parties les plus pures qui s’élevaient du fond du vase pour s’unir à lui. Nous expliquerons ce qui regarde ces Maîtresses de Jupiter, en parlant de ses fils. Les allées, les venues de cette épouse jalouse ne représentent-elles pas bien les différents mouvements de cette vapeur ? Jupiter ennuyé de ses reproches, la suspendit en l’air de la manière que nous l’avons rapporté. L’or philosophique volatilisé formait la chaîne qui tenait cette Déesse suspendue. En vain les aunes Dieux voulurent-ils la mettre en liberté, ils ne purent y réussir, parce que cette chaîne de parties d’or volatilisé, se succède sans cesse jusqu’à ce qu’elle vienne se réunir à Jupiter, avec cette humidité. Alors la paix se fait entre le fixe et le volatil, entre Jupiter et Junon. Les enclumes qu’elle avait aux pieds, sont un vrai symbole du fixe, par leur poids énorme qui les rend solides et fixes dans la situation où on les met. On suppose tout naturellement que cette pesanteur tirait Junon vers la terre, afin de désigner la vertu aimantine de la partie fixe, qui attire la partie volatile à elle, et avec laquelle elle se réunit à la fin. Lysimaque d’Alexandrie (L. 13. rerum Theban) et Pausanias (in Corynth.), nous apprennent que le recouvrement de la virginité de Junon dans la fontaine Canatho, était un secret qu’on ne dévoilait qu’à ceux qui étaient initiés dans les mystères. Ce secret n’était autre que cette vierge philosophique, cette vierge ailée ou volatile, qui, suivant l’expression de plusieurs Philosophes, conservé sa virginité, malgré sa grossesse ( d’Espagnet Cant. 58. ), quand elle est bien lavée. Junon, quoique vierge, eut donc plusieurs enfants, entre lesquels quelques-uns n’eurent pas Jupiter pour père. La naissance de Typhon s’explique d’elle-même, puisqu’il n’était guère possible que les vapeurs qui s’élèvent de la terre philosophique, ne fussent reçues dans le sein de celles qui voltigent déjà dans le haut du vase. Nous parlerons des autres dans leur lieu. On voit déjà pourquoi Junon était regardée comme Déesse des richesses. La chaîne d’or à laquelle elle était suspendue, le feu philosophique ou le soufre qu’elle engendra de Jupiter sont l’une et l’autre sa source de ces richesses : et les quatorze Nymphes qui accompagnaient cette Déesse, sont les moyens qu’elle emploie pour parvenir à ce but, c’est-à-dire, les parties volatiles aqueuses, sublimées sept fois dans chacune de ces deux opérations. Si Iris est la Nymphe favorite, c’est par la même raison qui fit donner la préférence au paon, pour placer sur sa queue les yeux d’Argus, et que ces couleurs de l’arc-en-ciel sont bien plus manifestes et plus distinguées dans l’oeuvre, que ne le sont les autres parties volatiles. On peut enfin voir Jupiter et Junon dans Osiris et lus. Ils sont à peu près la même chose, et peu s’en faut que les Mythologues ne les aient confondus, puisque les Egyptiens les disaient également enfant de Saturne. Jupiter sous cette couleur grise, est aussi, un feu caché, comme une étincelle sous la cendre ; c’est lui qui, comme Osiris, anime tout dans l’oeuvre, et donne la vie à cette humeur qui produit tout par son moyen. C’est de-là que naît ce Vulcain, ou cette minière du feu céleste, qui a fait dire que ce Dieu boiteux forgeait les armes et les meubles de Jupiter et des autres Dieux. La nature aqueuse de Junon est indiquée par la patère qu’on lui donne pour attribut, de même que le paon, parce que les couleurs variées de sa queue prouvent en se manifestant sur la matière, qu’elle se dispose à la volatilisation, et qu’elle est déjà dissoute ; ce qui annonce l’arrivée ou la présence de Junon. Noël le Comte (Myth. 1. 2.) avoué que les Chimistes de son temps expliquaient les fables de Jupiter et de Junon dans le goût de celle de Saturne ; et voici ses termes : « Junon, disent-ils, est fille de Saturne et d’Opis soeur et femme de Jupiter, Reine des Dieux, Déesse des richesses. Elle préside aux mariages et aux accouchements. Tout cela n’est autre chose que l’eau de mercure appelée Junon. On la dit fille de Saturne, parce qu’elle en est formée, et qu’elle distille de la terre. Cette terre donne des richesses ou l’or chimique, parce qu’elle distille en même temps Junon et Jupiter, ou l’eau de mercure, et qu’elle laisse le sel au fond du vase de verre et dans le grand vase Mais comme l’eau de mercure distille la première dans le vase, ils disent que Junon naquit avant Jupiter. » Il paraît par ce galimatias de Noël le Comte, que les Chimistes de son temps faisaient une application de la Fable à la Chimie, et pensaient comme nous, que cette science était le véritable objet de toutes ces fictions : mais comme ce Mythologue n’était pas au fait de la Chimie Hermétique, ou il a mal interprété les idées des Philosophes à cet égard, ou il a puisé ses interprétations dans celles de quelques Chimistes qui n’étaient pas plus au fait que lui. CHAPITRE VI. Pluton et l’Enfer des Poètes. De quelque manière qu’on envisage l’Enfer des Poètes, il n’est pas possible d’en faire l’application aux Pays d’Italie et d’Espagne, Selon le sentiment de M. l’Abbé Banier, ni même dans la Thesprotie. A prendre l’opinion la plus reçue des Mythologues, l’idée de l’Enfer est venue d’Egypte ; et si l’on en croit Diodore de Sicile (L. I. c. 36.), « Orphée porta de ce pays dans la Grèce toute la fable de l’Enfer. Les supplices des méchants dans le Tartare, le séjour des bons aux Champs-Elysées, et quelques antres idées semblables sont, suivant cet Auteur, visiblement prises des funérailles des Egyptiens. Mercure, conducteur des âmes chez les Grecs, a été imaginé sur un homme à qui l’on remettait anciennement en Egypte le corps d’un Apis mort, pour le porter à un autre qui le recevait avec un masque à trois têtes, comme celle de Cerbère. Orphée ayant parlé en Grèce de cette pratique, Homère en a fait usage dans ces vers de l’Odyssée » : Avec son caducée, aux bords des fleuves sombres, Mercure des Héros avait conduit les ombres. (Traduct. de M. Terasson.) Le terme d’anciennement qu’emploie, Diodore, pourrait faire soupçonner avec raison que ce n’était pas un usage de son temps, et qu’il pouvait bien n’avoir appris et raconté tout ce qu’il en dit, que sur la foi d’une tradition populaire, sur laquelle on ne doit pas toujours faire beaucoup de fond. L’envie de faire tout venir à sa façon de penser, peut aussi avoir beaucoup influé dans les explications qu’il en donne, et les applications qu’il en fait. Mais enfin c’est des Pères des Fables que nous devons prendre l’idée de l’Enfer fabuleux. Les descriptions qu’ils nous en font ne conviennent point à l’Espagne, ni à la Thesprotie, ni par conséquent aux pays prétendus soumis à la domination de Pluton. Il peut bien se faire qu’Orphée ait pris occasion des funérailles des Egyptiens, pour former son allégorie de l’Enfer, et fabriquer sa fable dans le goût des Philosophes qui, comme lui, ont formé les leurs sur les sépulcres et les tombeaux ; témoins Nicolas Flamel, Basile Valentin, et tant d’autres, sans cependant qu’il ait eu en vue de véritables funérailles, mais seulement de feintes et allégoriques, telles que celles du grand oeuvre. Comme il avait pris en Egypte les sentiments de l’immortalité de l’âme, peut-être a-t-il donné carrière à son imagination sur l’état où elle était après la mort. Mais rien n’empêche que l’idée qu’Homère et la plupart des Poètes nous donnent du séjour de Pluton, ne convienne très-bien à ce qui se passe dans les opérations du grand oeuvre. La différence des états s’y trouve parfaitement, comme on aura lieu d’en être convaincu, lorsque nous expliquerons la descente d’Enée aux Enfers. Il ne faut point séparer l’idée du Royaume de Pluton de celle de l’Enfer, du Tartare et des Champs-Elysées. Les ténèbres sombres et noires échurent à Pluton dans le partage que les trois frères firent de l’Univers (Iliad. l. 15. v. 191.). Et quelles étaient ces ténèbres ? Le même Auteur nous l’apprend (Ibid, 1. 8. v. 13. et suiv) en divers endroits de son Iliade et de son Odyssée. C’est un lieu ténébreux, un abyme profond, caché sous terre, environné des marais bourbeux du Cocyte et du fleuve Phlégéton (Enéid. 1. 6.). Les portraits que les Poètes nous en font, ne présentent à nos yeux que des spectacles tristes, horribles et effrayants. Il faut franchir tout cela pour arriver au Royaume de Pluton, et l’on ne peut y parvenir, si l’on n’est conduit par une Sibylle. On convient que toutes ces descriptions sont des fictions pures, il faut donc convenir aussi que le Royaume de Pluton est fabuleux. Car quelle matière l’Espagne ou l’Empire pouvaient-elles fournir aux Poètes pour une description aussi affreuse ? Les Gorgones, les Furies, Caque, Minos et Rhadamanrhe étaient-ils de ces pays-là ? Les Danaïdes, Tantale, Ixion et tant d’autres y ont-ils jamais été ? Ces lieux sont-ils même si bas par rapport au reste de la Grèce . qu’on puisse dire avec M. l’Abbé Banier (Mythol. Tom. II. ), que les Poètes en ont pris occasion de tes appeler l’Enfer ? Une raison aussi faible que celle-là aurait-elle pu faite dire à Homère, que le Tartare est aussi enfoncé au-dessous de la Terre, que la Terre est éloignée du Ciel (Loc. cit.) ? Mais laissons ces difficultés et tant d’autres que les Mythologues seraient bien embarrassés de résoudre ; et voyons quel rapport Pluton peut avoir avec la Philosophie Hermétique. Un ancien Poète disait que par Jupiter, on entendait aussi Pluton, le Soleil et Denys : Jupiter est idem, Pluto, Sol et Dionysus. Si Pluton est une même chose avec Jupiter, l’histoire de celui-ci étant une allégorie chimique, l’histoire de celui-là ne peut manquer d’en être une ; mais on aura fait allusion à quelque autre partie de l’oeuvre, et l’on a feint en conséquence que Pluton était fils de Saturne et de Rhéa. Strabon (Liv. 3.) dit que Pluton était le Dieu des richesses. Junon, sa soeur, en était la Déesse : Jupiter même en était regardé comme le distributeur. Tout cela marque le grand rapport qu’ils avaient ensemble De tous les Dieux, il est le seul qui ait gardé le célibat, parce que sa grande difformité le faisait fuir de toutes les Déesses. Il enleva néanmoins Proserpine, et la transporta sur son char attelé de chevaux noirs, jusqu’au fleuve Chémare, et de la dans son Royaume, comme on peut le voir dans l’Ouvrage que Claudien a fait sur cet enlèvement. Le taureau était fa victime En général toutes celles qu’on immolait aux Divinités infernales, étaient noires (Virg. Aeneid.1. 6.), et les Prêtres mêmes qui faisaient le sacrifice. » s’habillaient de noir dans la cérémonie, comme nous l’apprenons d’Apollonius de Rhodes (Argonaur. 1. 3.). Strabon (Liv.9.) rapporte que sur les rives du fleuve Coralus, où l’on célébrait les fêtes dites Pambéoties, on élevait un autel commun à Pluton et à Pallas, et cela pour une raison mystérieuse et secrète qu’on ne voulait point divulguer parmi le peuple. Ce Dieu portait souvent des clefs au lieu de sceptre. Cette marque distinctive que l’on trouve dans les monuments qui représentent Pluton, avec l’idée que l’on nous donne de son ténébreux Empire, ne pouvaient guère mieux nous désigner la terre philosophique cachée sous la couleur noire, appelée clef de l’oeuvre, parce qu’elle se manifeste dès le commencement. Cette terre qui se trouve au fond, du vase, est celle qui échut en partage à Pluton, qui fut en conséquence appelé Dieu des richesses, parce qu’elle est la minière de l’or des Philosophes, du feu de la Nature et du feu céleste, selon l’expression de D’Espagnet (Can. 122, et 123.). C’est ce qui a fait dire que Pluton faisait son séjour sur les Monts-Pyrénées. Les Anciens parlent de ces montagnes comme fertiles en mines d’or et d’argent : on dit même, par une espèce d’hyperbole, que ces montagnes et leurs collines étaient presque toutes des montagnes d’or (Possidonius.). Aristote nous apprend que les premiers Phéniciens qui y abordèrent, y trouvèrent une si grande quantité d’or et d’argent, qu’ils firent leurs ancres de la matière précieuse de ces métaux. En fallait-il davantage pour feindre que des lieux si riches étaient le Séjour du Dieu des richesses ? Ajoutez à cela que le nom même des Pyrénées exprimait parfaitement l’idée du feu précieux de la terre philosophique, puisqu’il semble venir de , ignis, et de laudo. Cette qualité ignée de Pluton lui fil élever un autel commun avec Pallas, par la même raison, que cette Déesse en avait aussi un commun avec Vulcain et Prométhée. Etabli dans l’Enfer ou sa partie inférieure du vase, Pluton était comme méprisé des Déesses qui faisaient leur séjour avec Jupiter dans la partie supérieure. Il se trouva donc dans la nécessité d’enlever Proserpine de la manière que je l’expliquerai dans le Livre suivant. La situation du Royaume de ce Dieu fit feindre qu’il se précipita avec elle dans le fond d’un lac ; parce que cette terre, après s’être sublimée à la superficie de l’eau mercurielle, se précipite en effet au fond d’où elle était élevée, lorsqu’elle est parvenue à la couleur blanche désignée par le nom de Perséphone, de Proserpine. Le taureau était consacré à Pluton, par la même raison que le taureau Apis l’était à Osiris, puisque le nom de celui-ci signifie un feu caché, et que Pluton en est la minière. On verra, ce qu’il faut entendre par Cerbère et les autres monstres de l’Enfer, dans le chapitre de la descente d’Hercule dans ce séjour ténébreux, et dans les explications que nous donnerons de celle d’Enée à la fin du sixième Livre. CHAPITRE VII. Neptune. LES Anciens et les Modernes sont également partagés au sujet de l’idée qu’on doit avoir de Neptune. Le plus grand nombre ne le regarde que comme un Etre physique ou une Divinité naturelle, qui désigne l’eau sur laquelle il présidait. Les Philosophes Stoïciens convinrent que ce Dieu était une intelligence répandue dans la Mer, comme Cérès était celle de la Terre : mais Cicéron avoue (De Nat. Deor. 1. 3.) qu’il ne concevait ni ne soupçonnait même pas ce que ce pouvait être que cette intelligence. Si nous en croyons Hérodote (L. 2. c. 51. 92.), les Grecs ne reçurent point ce Dieu des Egyptiens, qui ne le connaissaient pas, et qui ne lui rendirent aucun culte, quand ils l’eurent mis au nombre des leurs. Mais, suivant le même Auteur, les Libyens lavaient toujours eu en grande vénération. Sur le témoignage de Lactance, d’après Ephémère, Dom Pezron et M. le Clerc l’ont pris pour un Dieu animé, pour un personnage réel. Ce sentiment était trop favorable au Système de M. l’Abbé Banier, pour ne pas l’adopter ; et il est convaincu, dit-il (Tom. II. p. 198.), que Neptune était un Prince de la race des Titans. Homère et Hésiode le disent fils de Saturne et de Rhéa, et frère de Jupiter et de Pluton, Rhéa l’ayant caché pour le soustraire à la voracité de Saturne, dit qu’elle était accouchée d’un, poulain, que le Dieu dévora de même que les autres enfants de sa femme. Voilà l’origine de la fiction qui porte que ce Dieu de la Mer avait le premier appris à élever des chevaux ; de qui a fait dire à Virgile (Georg. 1. 4. v. 13.) : Et vous, Neptune, à qui la Terre frappée de votre trident, offrit un cheval fougueux. Comme il serait très difficile, pour ne pas dire impossible, d’attribuer à un seul Neptune pris pour un personnage réel, et pour un Prince Titan, toutes les histoires mises sur le compte de ce Dieu, on a eu recours a la ressource ordinaire, et l’on en a supposé plusieurs du même nom. On a fait de celui de Libye un Prince Egyptien, qui eut pour enfants Belus et Agenor (Yoffius de Idolo.) ; et l’on dit qu’il vivait vers Fan 1483 avant Jésus-Christ. Mais si ce Prince était Egyptien, comment était-il ignoré en Egypte ? Et si ce Dieu n’y était pas connu, que deviendra le prétendu sacrifice que l’on supposé qu’Amymone, mère de Nauplius, et fille de Danaüs, Egyptien, voulut faire à Neptune, lorsqu’elle fut poursuivie par un satyre qui voulait lui faire violence (Philost. Fable de Neptune.)?. Au reste, Neptune, fils de Saturne et de Rhéa, et celui qui donne lieu à ce chapitre, eut pour femme Amphitrite, fille de l’Océan et de Doris, de laquelle et de ses concubines il eut un grand nombre d’enfants. Libye lui donna Phénix, Pyrène, Io, que quelques-uns disent fille du fleuve Inaque. C’est cette Io dont Jupiter jouir, caché dans un nuage ; Junon les prit presque sur le fait. Jupiter, pour dérober sa Maîtresse à la, fureur jalouse de Junon changea Io en vache blanches Junon mit Argus à sa suite pour examiner sa conduite y et après que Mercure eut tué Argus, Junon envoya un Taon qui tourmenta si fort Io, qu’elle se mit à parcourir les mers et les terres, jusqu’à ce qu’étant enfin arrivée sur les bords du Nil, elle y reprit sa première forme, et, selon les Grecs, y fut adorée par les Egyptiens sous le nom d’Isis (Ovid. Metamorph. 1. I.). De là les cornes que l’on mettait sur la tête d’Isis, et qu’on l’appelait, tantôt la Lune, et tantôt la Terre. La vache était aussi l’hiéroglyphe d’Isis, comme le taureau était celui d’Osiris. Neptune avec Apollon et Vulcain bâtirent les murailles de Troye. Laomedon qui les avait employés, ayant refusé de payer à Neptune le salaire dont ils étaient convenus, ce Dieu ravagea les champs et la Ville, et envoya un monstre pour dévorer Hésione, fille de ce Roi. Comme je dois expliquer cette fiction dans l’histoire des travaux d’Hercule, je n’en dirai pas davantage ici. Le sceptre de Neptune était un trident. Ce Dieu était porté sur une conque marine tirée par quatre chevaux ou par quatre veaux marins. Ses yeux étaient bleus ; son habillement était de la même couleur, et ses cheveux. On lui immolait des taureaux, suivant Homère : Cyaneos crines taurin mactetur habenti. Odys.1. 15 Et Virgile : Taurum Neptuno ; taurum, tibi pulcher Apollo. AEneid. 1. 5. L’Oracle lui avait décerné cette victime, parce qu’on dit que les Perses ayant laissé beaucoup de boeufs à Corcyre, un taureau en revenant du pâturage, allait vers la mer, et y jetait des mugissements effroyables. Le Vacher s’y transporta, et y aperçut une prodigieuse quantité de thons. Il en fut avertir les Corcyriens, qui se mirent en devoir de les pêcher, mais inutilement. Ils consultèrent l’Oracle là-dessus, qui leur ordonna d’immoler un taureau à Neptune. Ils le firent, et prirent ces poissons (Pausan. in Phoc.). D’autres Mythologues prétendent qu’on immolait cette victime à Neptune, et qu’on le nomma à cause du bruit de la met qui ressemble aux mugissemens des taureaux. On attribuait à Neptune les tremblements et les autres mouvements extraordinaires qui arrivaient sur la terre et dans la mer ; j’en ai dit les raisons dans le chapitre de Jupiter, outre les témoignages d’Homère et d’Hésiode que j’ai rapportés a ce sujet. Hérodote (L. 7. c. 129.) lui donne aussi le titre de terrae quassator. On met bien des galanteries sur le compte de Neptune, et pour réussir dans ses amours, il se métamorphosa plus d’une fois, à l’exemple de Jupiter, son frère. Arachné dans le bel ouvrage qu’elle fit en présence de Minerve, y rassembla l’histoire de tous ces changements. Amphitrite, sa femme, lui donna Triton ; de la Nymphe Phénice, il eue Protée. Sous la forme du fleuve Enipe, il courtisa Iphimédie, femme du Géant Aloëus, et en eut Èphialte et Otus ; sous celle d’un bélier, il séduisit Bisaltis ; sous celle d’un taureau, il eut affaire avec une des filles d’Eole ; sous celle d’oiseau, il eut une aventure avec Méduse, il prit la forme d’un dauphin dans celle de Mélanine, et enfin celle de cheval, pour tromper Cérès. Triton devint le Trompette et le Joueur de flûte de Neptune. Il eut une fille, nommée Tritie, Prêtresse de Minerve. Cette Tritie ayant eu affaire avec Mars, elle devint mère de Mélanippe. Triton fut cause en partie de la victoire que Jupiter remporta sur les Géants. Ceux-ci surpris d’entendre tout-à-coup le son de la conque marine que Triton faisait retentir, prirent aussitôt la fuite. Les Poètes ont feint que ce dernier avait la nature humaine dans toute la partie supérieure du corps, et la forme d’un dauphin depuis la ceinture jusqu’en bas ; que ses deux jambes formaient une queue fourchue, retroussée comme un croissant. Ses épaules étaient de couleur de pourpre. Les Romains mettaient un Triton sur le sommet du temple de Saturne. J’ai parlé de Neptune plus d’une fois ; et l’on a vu pourquoi il était fils de Saturne et de Rhéa. Il est proprement l’eau ou la mer philosophique qui résulte de la distillation de la matière. Il est donc, raisonnable de le regarder comme le père des fleuves, le Prince de la mer, et le Seigneur des ondes. Par sa nature liquide et fluide, et par sa facilité à se mettre en mouvement, il excite les tremblements, tant de la terre qui est au fond du vase, que de celle qui lui surnage. La vigueur et la légèreté avec lesquelles courent les chevaux, ont engagé les Poètes à feindre que son char était tiré par quatre de ces animaux ; et afin de designer la volatilité de cette eau, ils ont supposé qu’ils couraient même sur les ondes de là mer, et que ce Dieu était toujours accompagné de Tritons et de Néréides, qui ne sont autres que les parties aqueuses, de humidus. Ayant remarqué que cette eau philosophique avoir une couleur bleue, qui lui à fait donner le nom d’eau céleste, les Poètes Philosophes ont feint que Neptune avait des cheveux, des yeux et des vêtements bleus. Sa légèreté, malgré son poids, c’est-à-dire sa volatilité, malgré sa pesanteur, fit dire à Rhée qu’elle était accouchée d’un poulain, et donna occasion à sa métamorphose en cheval, lorsqu’il voulut tromper Cérès ou la terre philosophique ; parce qu’on a fait allusion à la légèreté du cheval dans la course, malgré la masse pesante de son corps. On a feint par la même raison son changement en oiseau. On sait ce que signifie le taureau ; une explication si répétée deviendrait ennuyeuse. Quant à Triton, sa forme et sa naissance indiquent assez qu’il est ce qui résulte de l’eau philosophique ; sa queue fourchue en croissant désigne la terre blanche, ou lune des Philosophes, et la couleur de pourpre de ses épaules marque celle qui survient à la matière après la blanche. S’il fut la cause que Jupiter remporta la victoire sur les Géants, c’est parce que ce Dieu n’est tranquille et paisible possesseur de son trône, qu’après que la matière est parvenue au blanc, et qu’elle commence à cesser d’être volatile. Dans certain temps des opérations, à mesure que l’oeuvre se perfectionne, l’eau des Philosophes devient rouge ; c’est Neptune qui se joint avec la Nymphe Phénice, ainsi dite de , purpura, puniceus color. Prothée naît de ce commerce ; ce Prothée dont les métamorphoses perpétuelles sont un véritable symbole des changements que les Philosophes disent survenir à la matière du Magistère. C’est de là sans douce que l’Auteur des Hymnes attribuées à Orphée, disait que Prothée était le principe de cous les mixtes : Gestantem claves pelagi te maxime Protheu Prisce voco, à quo naturae primordia primum Edita sunt, formas in multas vertere nosti Materiam sacram prudens, venerabilis, atque Cuncta sciens, qua sint, fuerint, ventura trahantur. Homère s’explique dans le même sens au quatrième livre de son Odyssée : Concussit cervice jubas leo factus, et inde Fit draco terribilis, modo sus, modo pardalis ingens, Alticoma, aut arbor, nunc frigida desluit unda, Nune ignis crépitat. Toutes ces métamorphoses donc parle Homère, conviennent très bien à cette matière, puisque les Disciples d’Hermès lui ont donné les mêmes noms que le Poète donne à Prothée, parce qu’ils ont fait allusion, tant aux différentes couleurs qu’elle prend, qu’aux divers changements qu’elle éprouve dans le cours des opérations. Elle est appelée lion, lorsqu’elle est parvenue au rouge dans le premier oeuvre ; dragon, dans la putréfaction du second ; cochon ou corps immonde, à cause de sa puanteur dans la dissolution ; léopard, tigre, queue de paon, lorsqu’elle se revêt des couleurs de l’Iris ; arbre solaire ou lunaire, quand elle passe au blanc ou au rouge ; eau, parce qu’elle en est une ; et enfin feu, quand elle est soufre ou fixée. Quant aux propriétés qu’Orphée lui attribue d’être le principe de tout, d’avoir les Clefs de la mer, et de se manifester dans tous les mixtes de la Nature, les Philosophes en disent autant de leur matière. Ecoutons le Cosmopolite (Enigme aux enfants de la vérité.) : « Cette eau, dit-il, est-elle connue de beaucoup de personnes, a-t-elle une nom propre ? Il (Saturne) me disait à haute voix : peu la connaissent mais tous la voient, et l’aiment. Elle a plusieurs noms ; mais celui qui lui convient le mieux, est l’eau de notre mer, eau de vie qui ne mouille point les mains. Je lui demandai encore : s’en sert-on à d’autres usages ? Il me répondit : toutes les créatures s’en servent, mais invisiblement. Produit-elle quelque chose, lui dis-je ? Il me répliqua : toutes choses se font d’elle, vivent d’elle, et dans elle. C’est le principe de tout ; elle se mêle avec tout. Vous qui demander à Dieu le don de la Pierre Philosophale, dit l’Auteur des Rimes Germaniques (Théatr. Chymiq. T. 6.), gardez-vous bien de la chercher dans les herbes, les animaux, le Soufre, le mercure et les minéraux ; le vitriol, l’alun, le sel ne valent rien pour cela ; le plomb, l’étain, le cuivre le fer n’y sont point bons ; l’or même et l’argent ne peuvent rien pour le Magistère ; mais prenez Hylé, ou le chaos, ou la première matière, principe de tout, et qui se spécifie dans tout. » Cette matière n’a point de forme déterminée, dit un autre Auteur anonyme (Ibid.) ; mais elle est susceptible de toutes les formes ; c’est le Prothée des Anciens, qui, comme dit Virgile, Omnia transformat sese in miracula rerum. Georg. 4. Elle est l’esprit universel du monde, une substance humide, subtile, une vapeur visqueuse, qui cependant ne mouille pas les mains ; d’elle vient la rose, la tulipe, l’or et les autres métaux, avec les minéraux, et en général tous les mixtes. Elle produit le vin dans la vigne, l’huile dans l’olivier, le purgatif dans la rhubarbe, l’astringent dans la grenade, le poison dans l’un et le contre-poison dans l’autre ; et enfin, suivant Basile Valentin (12 Clefs), elle est toute chose dans toute chose. Il me reste à parler d’un autre enfant de Saturne, mais qui ne l’était pas de Rhéa. C’est de Chiron le Centaure, qu’Apollonius de Rhodes dit être fils de Phillyre : Ad mare descendit montis de parte suprema Chiron Philtyridas, L. I. Argonaut. Et Ovide ; Et Saturnus equo geminum Chirona creavit. Métam. 1. 6. Suidas le croyait fils d’Ixion, comme les autres Centaures. Il serait assez difficile d’excuser Palephate sur l’explication qu’il donne des Centaures, elles sont un peu ajustées au Théâtre, pour me servir des termes de M. l’Abbé Banier ; et les raisons qu’Isaac Tzetzès emploie pour contredire et censurer Palephate, ne valent pas mieux. Les Historiens rapportent qu’il y a eu de vrais Centaures ; au moins Pline (L. 7. c. 3.) dit-il en avoir vu un à Rome, qu’on apporta d’Egypte sous l’empire de Claude. S. Jérôme fait la description de l’Hippocentaure que Saint Antoine rencontra dans le désert, lorsqu’il allait voir Saint Paul Hermite. Mais les Poètes parlent des Centaures comme d’un peuple, et non comme de quelques productions monstrueuses et rares de la Nature. Lucrèce avec beaucoup d’anciens Auteurs ont regardé toutes les histoires de ces monstres demi-hommes et demi-chevaux, comme des fictions toutes pures. Sed neque Centauri fuerunt, neque tempore in ullo Esse queat duplici natura et corpore bino Ex alienigenis membres compacta potestas. Galien lui-même nie aussi l’existence de ces monstres. « Il faut donc, suivant M. l’Abbé Banier (Tom. III. 1. 2. c. II.), ranger tout ce que disent sur ce sujet Philostrate et Lucien, l’un dans le Tableau des Centaurelles, l’autre dans la belle n description du Tableau de Xeuxis, parmi les êtres qui ne subsistèrent jamais que dans le pays des tapisseries. » C’était aussi le cas qu’en faisait Rabelais. Je passerai ici sur les explications que M. Newton et quelques autres ont données de Chiron. Je dois m’en tenir à ce qu’en rapporte la Fable, et je dis avec elle, que ce fils de Saturne épousa Chariclo, fille d’Apollon ou de l’Océan. Elle lui donna une fille, nommée Ocyroé. Chiron avait comme les autres Centaures la figure humaine dans la partie supérieure du corps, et la forme d’un cheval dans toute la partie inférieure. Il naquit ainsi, de ce que Saturne étant surpris par Rhéa, lorsqu’il était avec Phillyre, il se métamorphosa en cheval pour s’empêcher d’être reconnu. Chiron devint très habile dans la Médecine ; Diane lui apprit l’art de la chasse, et il entendait parfaitement la Musique. Toutes ces sciences lui procurèrent l’éducation de Jason, d’Esculape, d’Hercule et d’Achille. Il maniait un pur sans trop d’attention une flèche d’Alcide, empoisonnée du venin de l’hydre de Lerne ; cette flèche lui tomba sur te pied, et la douleur qu’il ressentit de la blessure fut si vive, qu’il demanda instamment à Jupiter la permission d’en mourir. Elle lui fut accordée, et ce Dieu le mit au nombre des Astres. On peut juger de ce que signifie Chiron, tant par son père, sa naissance, sa figure et son apothéose, que par les disciples qu’il a eus. Né d’un Dieu fabuleux et Hermétique, pouvait-il ne pas appartenir à cet art ? Il épouse même une fille du Soleil, et de ce mariage vient une autre fille donc le nom signifie une eau qui coule avec rapidité, pour désigner la solution de la matière aurifique en eau. Je laisse les autres explications, parce que j’aurai occasion de parler de ce Centaure dans plus d’un endroit de cet Ouvrage.
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