Livre du langage analogique d’Hermès : Les Fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety
les dieux de l'Olympe
Chute des géants Giulio Romano
Livre d’Alchimie et d’ésotérisme les fables Égyptiennes et Grecques par Dom Antoine-Joseph Pernety. Chapitre II à IX : Le Lion Néméen, les filles de Thespius, l’Hydre de Lerne, la Biche aux pierds d’Airain, les Centaures vaincus, le Sanglier d’Erymante, les écuries d’Augias, les Oiseaux Stymphalides. Il se premier ouvrage qu’Alcide entreprît, suc d’aller tuer un grand Lion qui faisait son séjour dans le forêt de Némée sur le Mont-Citheron. Tuer un Lion était le fait d’un homme ordinaire ; mais il était réservé à Hercule de tuer le Lion de Némée, car ce Lion était fort supérieur aux autres par la noblesse de sa race. Il était, disent quelques-uns, descendu du disque de la Lune (Anaxagoras.) ; d’autres, entre lesquels est Chrysermus (Lib. 2. Rerum Pelopono.), disent que Junon voulant nuire, inquiéter, susciter des embarras, des peines, etc. à Hercule, intéressa magiquement la Lune dans sa haine, que celle-ci remplit une corbeille de salive et d’écume, et que ce Lion en naquit. Iris le prit encre ses bras, et le porta sur le Mont-Ophelte, où il dévora le même jour le Pasteur Apesamptus, suivant le rapport de Démodocus (In Rebus Heracleae.). Ce Lion était invulnérable ; Hercule ayant à peine dix-huit ans, fut à sa rencontre lui décocha quantité de flèches, qui ne purent le percer. Il prit alors une massue armée de beaucoup de fer, avec laquelle il l’assomma ; il le mit ensuite en morceaux, sans autre secours que de ses mains, après l’avoir dépouillé de sa peau que ce Héros porta tant qu’il vécut. Un fait tel que celui-là est bien l’action d’un jeune Héros, et aurait mérité d’être conservé à la postérité, s’il avait été conforme à l’histoire dans toutes ses circonstances : mais qui n’y verra pas de l’allégorie, ou un signe hiéroglyphique de quelque chose que l’Auteur de la Fable a voulu cacher, sera certainement bien crédule, ou peu clairvoyant, ou enfin bien entêté de son système historique ou moral. Toutes les circonstances de cette fable étaient embarrassantes pour M. l’Abbé Banier ; il les a toutes laissées de côté, et s’en est tenu au simple fait. Hercule donna la chasse à quelques lions de la forêt de Némée, entre lesquels il y en avait un fort grand, qu’il tua lui-même, dit cet Auteur, et en porta la peau. Pour rendre ce fait plus mémorable, on publia dans la suite que ce Lion avait mérité d’être mis au rang des Astres. Il n’y avait rien en effet de fort extraordinaire, et il fallait bien rendre cette action mémorable par quelque endroit : mais au moins fallait-il nous dire par où ce Lion avait mérité cet avantage. Si les circonstances de la naissance et de l’origine de ce Lion n’étaient pas suffisantes pour cela, Manilius Eginas et ceux qui ont suivi ses idées, auraient du en fournir d’autres raisons. Mais ces Auteurs voulaient nous donner ce fait comme réel, simple et historique, et avec ces circonstances il devient absolument fabuleux ou hiéroglyphique. En effet, un Lion invulnérable, descendu de l’orbe de la Lune, ou né de sa salive, ne peut guère être suppoSé réel ; il faut donc qu’il soit allégorique, il l’est aussi. C’est un Lion purement chimique, presque invulnérable, et né de la salive de la Lune. On en sera convaincu par les textes suivants des Philosophes Hermétiques. Nous avons assez prouvé dans les Livres précédents, que le nom de Lion est un de ceux que les Adeptes donnent à leur matière ; mais pour ne pas obliger le Lecteur à se rappeler ce dont il ne se souvient peut-erre qu’en général, qu’il écoute Morien (Entretien du Roi Calid.). « Prenez la fumée blanche, le Lion vert, l’almagra rouge et l’immondice du mort ; et un plu après : Le Lion vert est le verre, et l’almagra est le laiton. » L’Auteur du Rosaire dit : « Nous trouvons d’abord dans notre Lion vert, et notre véritable matière, et de quelle couleur elle est. Elle s’appelle aussi adrop, azoth ou duenech vert. Riplée (12 Portes.) : « Aucun corps impur n’entre dans la composition de notre oeuvre, que celui que les Philosophes appellent communément Lion vert. » L’Auteur du Conseil sur le Mariage du Soleil et de la Lune, nous apprend que ce Lion est de nature lunaire. De même, dit-il, que le Lion, le roi et le plus robuste des animaux, devient faible et débile par l’infirmité de sa chair, de même notre Lion s’affaiblit et devient infirme par sa nature et son tempérament lunaire. On voit par ces textes que le Lion est souvent pris par les Artistes pour le sujet ou la matière de l’Art : et comme le dernier Auteur dit que ce Lion est un Soleil inférieur qui a une nature lunaire, on voie aussi pourquoi la Fable le dit être descendu du disque de la Lune. Il n’est pas moins surprenant que la Fable dise ce Lion né de la salive de la Lune ; mais il y avait des raisons pour cela, et les mêmes, selon routes les apparences, qui ont engagé les Philosophes à employer de semblables expressions pour le même sujet. Un Auteur Anonyme dit dans un Traité qui a pour titre, Aurora corsurgens (Cap. 12.) : « Quelques Philosophes ont fait consister tout le secret de l’art dans le sujet, ou la matière, et lui ont demie divers noms convenables à l’excellence de sa rature, comme on le voie dans la Tourbe, où quelques-uns prenant occasion du lieu, l’ont appelée gomme, crachat de la Lune. » Cet Auteur nous fait observer que ce nom de crachat de la Lune a été donné à la matière des Philosophes à cause du lieu sans doute où elle se trouve ; il paraît par conséquent avoir égard au Lion engendré de l’écume dans le lien de la Lune : car le crachat et l’écume sont une même chose. On trouve cette dénomination de la matière en divers endroits de la Tourbe des Philosophes, appelée Code de vérité. A strate y dit : Celui qui désire parvenir à la vérité de la perfection de l’oeuvre, doit prendre l’humeur de Soleil et le crachat de la Lune. Pythagore : Observez, vous tous qui composez cette assemblée, que le soufre, la chaux l’alun, le kuhul et le crachat de la Lune ne sont autres que l’eau de soufre et l’eau ardente. Anastrate : Je vous dis vrai ; rien n’est plus excellent que le sable rouge de la mer, et le crachat de la Lune, qui se conjoint avec la lumière du Soleil, et se congèle avec lui. Belus : Quelques-uns ont appelé notre eau, crachat de la Lune ; d’autres, coeur du Soleil. Ces textes font assez voir dans quel sens le Lion Néméen naquit du crachat de la Lune : on n’a qu’à combiner ensemble ce que les Philosophes entendent par Lion et par ce crachat. Il est dit aussi que les flèches d’Hercule ne purent blesser ce Lion, et qu’il fut obligé d’avoir recours à une massue ; parce que les parties volatiles représentées par les flèches, ne suffisent pas pour tuer, ou faire tomber en putréfaction la matière fixe, et pour marquer qu’elle était cette massue, la Fable dit qu’Hercule, après en avoir fait usage, la consacra à Mercure ; parce que c’est le Mercure philosophique qui fait tout. Hercule après avoir tué ce Lion le dépouilla : aussi faut-il le faire dans l’oeuvre, c’est-à-dire, qu’il faut purifier la matière, jusqu’à ce que ce qui était caché devienne manifeste : Fac occultum manifestum, disent les Philosophes, et Basile Valentin (12 Clefs.) : « Il faut dépouiller l’animal d’Orient de sa peau de lion, lui couper ensuite les ailes qu’il prendra, et le précipiter dans le grand Océan salé, pour qu’il en ressorte plus beau qu’il n’était. » On dit aussi qu’à peine ce Lion fut né, qu’Iris le prit entre ses bras, et le porta sur le Mont-Ophelte ; parce que les couleurs de l’iris apparaissaient alors sur la matière, et que les parties volatilisées se réunissent à la partie qui se fixe en s’accumulant ; car Ophelte vient d’amasser, assembler, accumuler. CHAPITRE III. Filles de Thespius. Le bruit de la défaite de ce Lion étant venu jusqu’aux oreilles du Roi de Béotie, il crut ne pouvoir mieux faire que de s’attacher Hercule par quelque endroit ; pour cet effet il lui livra cinquante filles vierges qu’il avait, dans l’espérance d’avoir par ce moyen une lignée de Héros, qui ressembleraient à leur père. Hercule accepta l’offre de Thespius, et eut assez de force pour jouir de toutes dans l’intervalle d’une seule nuit. Quelques-uns ont mis cette action au nombre d’un de ses plus rudes travaux, et l’ont compta pour le treizième en ces termes : Tertius hinc decimus labor est durissimus, und Quinquaginta simul stupravit nocte puellas, Le fait est trop extraordinaire pour être vrai, et je ne crois pas qu’aucun Auteur veuille le justifier. Théophraste (Hist. Plant.) est peut-être le seul qui fasse mention d’un fait approchant : il raconte, à l’occasion d’une plante, qu’un Indien s’en étant servi, devint un Hercule, mais qu’il y succomba et mourut. Il y a donc apparence que cette histoire est une pure allégorie, et une allégorie qui ne peut avoir rapport qu’au grand oeuvre, où les parties aqueuses volatiles sont prises pour des femelles vierges, et la partie fixe pour le mâle, comme nous l’avons vu cette fois jusqu’ici. C’est à cette occasion qu’Arnaud de Villeneuve (Rosar. 1. 2. c. 6.) dit : Lorsque la terre ou la partie fixe aura bu et réuni à elle cinquante parties de l’eau, vous la sublimerez à un feu plus fort. Raymond Lulle en parle dans le même sens dans son Codicille, chap. 53, paragraphe Partus vero terrae. Plusieurs autres Philosophes en parlent aussi, et toujours de manière à faire entendre que la matière fixe est ce qu’ils appellent mâle, et la partie aqueuse volatile est celle qu’ils nomment femelle. Ce qui doit même confirmer dans cette idée, c’est que la fable ajoute que ces cinquante filles conçurent toutes, et que chacune mit au monde un enfant mâle; parce que le résultat de la conception philosophique est la naissance de la pierre fixe appelée mâle, comme nous venons de le dire. On dit d’ailleurs qu’elles étaient fille de Thespius, et c’est avec raison ; parce que la matière commence à se volatiliser après la noirceur indiquée par la mort du L’ion Néméen. C’est le présage le plus heureux de la réussite de l’oeuvre, suivant le dire de tous les Philosophes ; ce qui est très bien signifié par Thespius, qui a été fait de , oracle, présage, prophétie. C’est aussi peut-être par cette raison que les Muses furent nommées Thespiades ; et ce sont sans doute les mêmes que les filles de Thespius, puisqu’elles ne signifient que la même chose, comme je l’ai dit dans l’article qui les regarde. Hercule eut plusieurs enfants de Mégare, fille de Créon, Roi de Thèbes, il en eut aussi de quelques concubines. Mais toute cette propagation doit se rapporter a la même que celle des filles de Thespius ; c’est la même chose rapportée différemment, ou présentée sous divers aspects ; car il est dit qu’Hercule devin furieux, et fit périr, quelques-uns disent par le feu, tous les enfants qu’il avait eus. Nous avons dit en parlant des Bacchantes et d’Oreste, que cette fureur n’était que l’agitation de la matière, occasionnée par la fermentation, qui en volatilité les parties ; et les faire périr par le feu, n’est autre que les fixer au moyen du feu des Philosophes. CHAPITRE IV. Hydre de Lerne. Après cette pénible expédition, Alcide se tenait auprès d’Eurysthée, et se soumit à ses ordres. Celui-ci l’envoya pour exterminer l’Hydre, ce monstre à sept têtes (selon l’opinion la plus commune) qui habitait les marais de Lerne, et qui avoir été nourri et élevé près de la fontaine Amymone. Quand on lui coupait une tête, il en naissait deux. Mais Jolaüs, fils d’Iphiclus, qui accompagnait Hercule, mettait le feu à la blessure aussitôt qu’Hercule avait coupé la tête, de peur que le sang qui en sortait sorti n’en formât de nouvelles. Apollodore ajoute ce fait, et Euripide dans sa Tragédie, intitulée, Jon, dit que la faux dont se servit Alcide pour couper les têtes de l’Hydre, était d’or. En vain cherche-t-on à réaliser une fable aussi manifestement allégorique. Les marais de Lerne près d’Argos, infectés de plusieurs serpents, dont un était une Hydre, et ces marais purgés de ces reptiles, desséchés et rendus fertiles par Hercule, suivant M. l’Abbé Banier (Mythol. Tom. III. pag. 274.), sont une fort mauvaise explication ; puisque outre que M. Fourmond, qui dans son voyage de la Morée, visita ce lieu, dit qu’il est encore tout marécageux et plein de roseaux, aucun Historien ne parle de cette multitude de serpents. Il suffisait de faire attention à la signification simple des noms ; ils portent avec eux l’explication de cette fable. Hydre vient d’, qui signifie proprement eau, d’où l’on a fait et Hydre, serpent aquatique : ce serpent est le même que le serpent python ; et nous avons déjà prouvé plus d’une fois que les Philosophes ont donné le nom de serpent à leur eau mercurielle ; le serpent des Philosophes est donc un serpent aquatique, une Hydre. Il fut élevé près, ou dans la fontaine Amymone, parce que cette eau mercurielle est d’une force extrême, et qu’, veut dire brave, vaillant, fort, courageux. Il habitait le marais de Lerne ; car l’eau mercurielle est un vrai marais plein de boue ; le mot de Lerne indique clairement le vase où cette eau est renfermée, puisque chez les Grecs signifie un vase, une urne de verre ou de pierre fondue, propre à tenir quelque liqueur. Haled (La Tourbe.) a employé l’allégorie du marais en ces termes : Ce qui naît de la tête métallique noire, est le principe universel de l’art : cuisez-la donc au feu, puis au fumier de cheval pendant 7, 14 ou 21 jours, elle deviendra un Dragon, qui mangera ses ailes. Mettez-le dans un vase bien scellé, au fond d’un four : lorsqu’il sera brûlé, prenez sa cervelle, et broyez-la avec du vinaigre ou de l’urine d’enfants. Qu’il vive ensuite dans le marais, et qu’il s’y putréfie. Hercule n’aurait jamais réussi à tuer ce serpent, c’est-à-dire, à fixer cette eau mercurielle, si Jolaüs, fils dIphiclus, ne lui avait aidé en appliquant le feu sur les blessures, parce que la mort ce cette eau mercurielle, est la fixation, qui se fait par le moyen du feu Philosophique, et par son union avec la partie fixée, appelée pierre ; car Jolaüs vient d’, seul, et de , pierre, comme si l’on disait pierre unique : pourquoi le dit-on fils d’Iphiclus ? c’est qu’Iphiclus, par sa volatilité surprenante, est le vrai symbole du Mercure des Philosophes, dont cette pierre ou Jolaüs est formé. A chaque tête qu’Hercule coupait il en renaissait d’autres : la volatilisation de la matière se renouvelle sept fois, quelques-uns disent Jusqu’à neuf fois avant la parfaite fixation, ce qui indique le nombre des têtes de l’Hydre. Hercule les coupait avec une faux d’or, pouvait-elle être d’un autre métal, puisque la partie fixe, à laquelle se réunit la volatile, pour se fixer ensemble, est l’or philosophique ? Croirait-on que Lylio Giraldi ait imaginé que ce travail d’Hercule ne fût qu’un siège de forteresse, dont il ne put venir à bout qu’en y mettant le feu (De Hercule.) ? Ce ne seront point non plus les sept frères brigands et voleurs tués par Hercule, et retirés dans les marais de Lerne, suivant MM. Corcelli et Tzetzès (Mémoires Historiques de la Morée.) ; enfin tant d’autres conjectures de divers Auteurs, enfantées par leur imagination. CHAPITRE V. Biche aux pieds d’Airain. Eurysthée laissa pas Hercule tranquille : à peine eut-il tué l’Hydre, qu’il lui ordonna d’aller à la poursuite d’une biche, dont les pieds étaient d’airain, et qui, contre l’ordinaire de cet animal, avait des cornes, et, ce qui est plus surprenant, des cornes d’or. Loin de conclure, comme M, l’Abbé Banier, qu’on donnait des pieds d’airain à cette biche pour marquer figurativement sa vitesse, j’en aurais conclu qu’elle devait en être plus pesante : ces prétendues cornes d’or auraient bien dû aussi lui persuader l’allégorie de cette histoire, sur laquelle je ne m’étendrai pas ici, en ayant parlé assez au long dans le second Livre. CHAPITRE VI. Centaures vaincus. Après qu’Hercule eut porté à Eurysthée la biche aux pieds d’airain, il fut combattre les Centaures, peuples nés du commerce d’Ixion avec la nuée que Jupiter lui avait fait présenter fous la forme et à la place de Junon. Ces monstres demi-hommes et demi-chevaux, faisaient de grands ravages ; mais Hercule les détruisit tous, après qu’ils l’eurent irrité lorsqu’il buvait un coup chez Pholus. J’ai expliqué ce qu’il fane entendre par les Centaures, lorsque j’ai parlé des Satyres, des Silènes et des Tigres qui accompagnaient Bacchus. Il me reste seulement à expliquer pourquoi la Fable dit qu’Hercule défit les Centaures, qui l’avaient irrité chez Pholus. C’est que les parties hétérogènes représentées par les Centaures, se séparent de la matière homogène dans le temps que les couleurs variées se manifestent sur la matière ; ce qui est exprimé par Pholus, de , bigarrure, peau de différentes couleurs. Basile Valentin (Clefs, Clef 9.) nous l’exprime ainsi ; « De Saturne, c’est-à-dire de la matière en dissolution et en putréfaction, sortent beaucoup de couleurs, comme la noire, la grise, la jaune, la rouge et d’autres moyennes entre celles-ci : de même la matière des Philosophes, doit prendre et laisser beaucoup de couleurs avant quelle soit purifiée et quelle parvienne à la perfection désirée. » Quant au Centaure Chiron, qui apprit l’Astronomie à Hercule, il n’eut pas une même origine que les autres ; nous avons expliqué la sienne plus d’une fois. Mais on pourrait peut-être me demander de quelle utilité devait être l’Astronomie à Hercule ? Je réponds qu’il lui était indispensable de connaître un Ciel qu’il devait un jour soutenir à la place d’Atlas ; mais ce Ciel était le Ciel philosophique, donc nous avons fait mention en parlant d’Atlas et de ses filles. Il fallait qu’Alcide connue les Planètes terrestres, donc il devait faire usage, et ces Planètes ne sont pas le plomb, l’étain, le fer, l’or, le mercure, le cuivre et l’argent, auxquels les Chimistes ont donné les noms de Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil, Mercure, Vénus et la Lune, mais aux métaux philosophiques ou couleurs qui surviennent à la matière pendant les opérations de l’oeuvre. CHAPITRE VII. Le Sanglier d’Erymante. Eurysthée donna une nouvelle occupation à Hercule. Un Sanglier furieux ravageait la forêt d’Erymante ; Eurysthée envoya Hercule, non pour le tuer, mais pour le lui amener, comme il avait fait de la- biche aux pieds d’airain. Ce Sanglier avait été envoyé par Diane, pour faire du dégât dans le champ de Phocide. La neige qui était tombée en abondance, obligea cet animal de se retirer dans un petit verger où Hercule l’ayant surpris, le lia, et le conduisit à Eurysthée. Le lieu de la naissance de ce Sanglier indiqué de quelle nature il était. Erymante était une montagne d’Arcadie, et c’était aussi tic Cyllene, montagne du même pays, qu’était venu Mercure ; il y avait une grande parenté entre eux, car le mercure philosophique et le Sanglier d’Erymante ne sont qu’une même chose. Le Sanglier avait été envoyé par Diane, et le mercure est appelé lune ; ce qui a fait dire à d’Espagnet : « Celui qui dirait que la lune des Philosophes, ou leur mercure, est le Mercure vulgaire, veut tromper, ou se trompe lui-même. » Le temps et la circonstance qui donnèrent occasion à Hercule de prendre le Sanglier, montrent précisément le temps pu le mercure philosophique n’agit presque plus ; c’est lorsque sa neige était tombée en abondance, c’est-à-dire quand la matière est parvenue au blanc. Il n’est pas dit qu’Hercule tua le Sanglier, mais seulement qu’il le lia, parce que le mercure n’est pas alors tout fixé, et qu’il agit encore, non en dissolvant ou ravageant : comme il faisait auparavant, mais en travaillant presque insensiblement à la perfection de la matière. C’est pourquoi la fable dit que ce Sanglier était fatigué, qu’il se laissa surprendre et lier, pour être conduit à Eurysthée, comme si l’on disait que lorsque l’Artiste à conduit les opérations de l’oeuvre jusqu’à ce que la matière soit revenue blanche comme la neige, le mercure alors commence à devenir eau permanente et fixe ; ce qui est signifié par Eurysthée, qui dans son étymologie veut dire bien affermi, fiable, fixe. Car la raison qui a fait donner à Eurysthée le droit de commander à Hercule, c’est que tout l’objet de l’Artiste est de travailler pour parvenir à la fixité du mercure. Eurysthée commande à Hercule dans le sens que l’on dit communément que les affaires commandent aux hommes, et une profession à celui qui l’exerce. Le soulier commande au Cordonnier, la montre à l’Horloger, les affaires à un Procureur, les lettres à un homme applique l’étude. On dit aussi que les dents de ce sanglier furent longtemps conservées dans le Temple d’Apollon, parce que ses parties actives de la matière du magistère philosophique y sont les principes de l’Apollon ou du soleil des Philosophes. Eurysthée était la fixité même, il fallait bien qu’il fût fils de Sthenelus, qui veut dire la force de la chaleur du Soleil, de , force, et de , chaleur du soleil ; parce que le Soleil ou l’or philosophique est âne minière de feu céleste suivant ces paroles de d’Espagnet (Can. 123.) : « Le Sage Artiste qui sera venu à bout de trouver cette minière de feu céleste doit la conserver bien précieusement. » Quant à sa force, Hermès lui-même (Table d’Emeraude.) nous apprend quelle elle est, en ces termes ; « Il monte de la terre au ciel, et redescend du ciel en terre ; il reçoit la puissance, la vertu et l’efficace des choses supérieures et inférieures. Par son moyen vous aurez la gloire de tout : c’est la force des forces, qui surmonte toutes forces. » Mais pour qui suppose-t-on ce Sanglier sur une montagne ? Nous en avons dit plus d’une fois la raison ; nous l’appuierons encore par quelques textes des Philosophes. Calid (Cap. 10.) : « Allez mon fils, sur les montagnes des Indes, entrez dans leurs cavernes, et prenez-y les pierres honorées par les Philosophes. » Rosnus dit : « Notre rebis naît sur deux montagnes. » Rasis : « Regardez attentivement les hautes montagnes qui sont à droite et à gauche, montez-y, et vous y trouverez, notre pierre. » Morien dit la même chose, et Marie (Epist. ad Aros.) : « Prenez l’herbe blanche, claire, honorée, qui croît sur les petites montagnes. » Telle est la raison pourquoi la Fable feint qu’Hercule a dompté, tué ou pris bien des bêtes féroces sur les montagnes. Le lion Néméen et le Sanglier d’Erymante sont de ce nombre. La matière, suivant Arnaud de Villeneuve (Testament.), se gonfle dans le vase, et se forme en montagne : le vase lui-même est souvent appelé de ce nom. CHAPITRE VIII. Hercule nettoie l’étable d’Augias. Ne serait-on pas en droit de se mettre un peu de mauvaise humeur, quand on nous présente Hercule métamorphosé en Palefrenier, et qu’on nous le donne pour un grand homme, un Héros, parce qu’il a nettoie une étable ? Il entreprend, à la vérité, de faire lui seul en un jour, ce que cent autres réunis n’auraient pu faire : mais un fait de cette nature, s’il eût été réel, méritait-il d’être consacré parmi les actions d’un Héros, et d’être conservé à la postérité ? Nettoyer une étable où trois mille boeufs avaient fait leur fumier depuis longtemps, n’était pas trop une action qui convînt au gendre du Roi Créon, à l’héritier naturel du Royaume de Mycènes ; mais la difficulté y donne un relief, auquel seul on doit faire attention. Augias, Roi d’Elide, et fils du Soleil, avait une étable où trois mille boeufs se retiraient. Eurysthée qui ne pouvait laisser Hercule en repos, lui ordonna d’ôter tour le fumier de cette étable en un jour. Hercule obéit aux ordres d’Eurysthée. Il fut trouver Augias, et convint avec lui qu’il aurait la dixième partie des troupeaux de ce Roi, s’il exécutait en un jour cette entreprise : il en vint à bout, et Augias réfuta d’accomplir sa promesse. Ce fut pendant cet ouvrage, comme nous l’apprenons de Pausamas (In Eliac.), qu’Hercule, aidé par Minerve, fut obligé de se battre contre Pluton, qui voulait le punir de ce qu’il avoir emmené des Enfers le chien Cerbère, et qu’il blessa ce Dieu. Ce nouvel embarras qu’il fallut surmonter, rend l’action d’Hercule encore plus mémorable. Avoir un Dieu à combattre et une étable à nettoyer en même temps, ce sont deux faits qui méritaient bien d’être alliés ensemble. Pluton qui, selon M. l’Abbé Banier (Mythol. Tom. I.), était Roi d’Espagne, quitte son Royaume et va se battre contre un Palefrenier, pour un chien enlevé : tant il est vrai qu’un Dieu Roi, et un Roi homme, ne diffère guère d’un autre homme. Pluton avait bien que faire de sortir de son Royaume, et de dépouiller sa majesté pour aller en Elide chercher un coup de pelle. Mais je me trompe : Pluton, suivant le rapport d’Homère, fut blessé d’un coup de flèche. Une telle blessure convient mieux à un Dieu. Le fait n’en sera pas pour cela plus vraisemblable : car il n’y a pas d’apparence que Pluton, fils de Saturne, ait vécu du temps de l’Hercule de Crète, quoiqu’on dise celui-ci son neveu. Saturne, Jupiter, Pluton étaient des Dieux d’Egypte ; il faudrait donc rapporter ce fait à l’Hercule Egyptien, qui vivait de leur temps : mais on ne dit pas que l’Hercule d’Egypte ait jamais été en Elide, non plus que Pluton Egyptien, et supposé que ce Pluton, appelé Dieu des Enfers par Homère, ait vécu avec Hercule, ce doit être nécessairement celui qui, suivant M. l’Abbé Banier, était Roi d’Espagne, puisque cet Auteur lui donne la Royauté d’Espagne, fondé sur ce qu’il est appelé Dieu des Enfers. D’ailleurs la raison qui, selon Homère, engage Pluton à aller en Elide pour se venger d’Hercule, est l’enlèvement d’un chien chimérique, du chien Cerbère. M. l’Abbé Banier (Mythol. T. II. P. 438.), qui veut, d’une manière ou d’autre, faire revenir ce fait à l’histoire, dit que ce Cerbère était un gros serpent qui habitait l’autre de Ténare, et qu’Hercule l’emmena enchaîné à Eurysthée ; mais Hésiode et Homère le disent positivement un chien à trois têtes, et le premier le dit même (Théog.) fils de Typhon et d’Echidna. J’aurais donc mieux aimé avouer de bonne foi que le tout était une allégorie, que de supposer comme vrai un fait qui n’a aucune apparence de réalité, puisque Eurysthée, Hercule, Typhon, Echidna et Cerbère, leur fils, n’ont pas plus existé que Pluton, Augias et ses boeufs, comme nous allons le voir. Augias était, dit-on, fils du Soleil, parce que , d’où l’on a fait Augias, signifie éclata, splendeur, et que l’éclat et la splendeur de la lumière sont un effet du Soleil. Augias était aussi Roi d’Elide, d’, chaleur du Soleil. Nous avons expliqué dans le chapitre précédent, ce qu’il fallait entendre par-là. Augias avait trois mille boeufs dans une étable, et Hercule s’engagea de la nettoyer dans un jour. Un ouvrage comme celui-là était trop bas et trop vile pour avoir été entrepris par un si grand Homme : car quel Héros est comparable à Hercule ? Et qu’y a-t-il de plus bas que de nettoyer une étable ? On dit cependant qu’Eurysthée imposa ce travail à Hercule, et avec la dure nécessité de faire lui seul en un jour ce que cent autres n’auraient peut-être pu exécuter, puisqu’il y avait tout le fumier que trois mille boeufs y avaient fait pendant longtemps. Ce travail impossible à un homme même de la force d’Hercule, indique bien que c’est une pure allégorie. L’expédient de M. l’Abbé Banier, pour expliquer ce fait, n’est pas heureux. Le Roi Augias, dit cet Auteur (Mythol. Tom. III. pag. 276.), avait une si grande quantité de troupeaux, que n’ayant pas assez d’étables pour les loger, il était obligé de les laisser aller au milieu de la campagne ; et ses terres se trouvèrent à la fin si chargées de fumier et d’ordures, qu’elles en devinrent entièrement infructueuses. Hercule avec le secours de ses Troupes, y fît passer le fleuve Alphée, et leur redonna leur ancienne fertilité. Est-il donc permis de changer la Fable à son gré, pour l’expliquer, et la faire venir à ses idées ? Est-il dit dans Homère, dans Hésiode, ou quelque autre Ancien de cette espèce, qu’Hercule fut un Général d’armée ? Un champ est-il appelé une étable ? Quelqu’un a-t-il fait mention à ce sujet du passage du fleuve Alphée ? Quel Auteur a parlé d’une marche de Troupes Espagnoles, ayant leur Roi Pluton à leur tête, et qui aient été combattre Hercule dans cette opération ? C’est cependant ce qu’il faudrait dire, et ce qui aurait dû être dit, si le système et les explications que M. l’Abbé Banier donne à la fable de Pluton, étaient vraies. Concluons donc encore une fois, que ces boeufs, leur, fumier et leur étable ne sont ni un champ, ni une étable, ni un troupeau d’animaux réels ; que le Dieu des Enfers ne vint point réellement en Elide : voici donc au vrai ce qu’il faut en penser. Il est parlé des boeufs d’Apollon dans plus d’un endroit de la Fable ; ce Dieu en a été dit le Pasteur, et l’on a vu dans le chapitre de Mercure, que ce Dieu ailé lui en enleva quelques-uns. Je croirais qu’Augias, fils du Soleil ou d’Apollon, en avait eu de semblables en héritage de patrimoine. Nous avons expliqué assez au long ce qu’il fallait entendre par ces boeufs, tant dans les chapitres d’Apollon et de Mercure, que dans celui d’Apis, il s’agira donc seulement ici du fumier de ces boeufs : quant à l’étable, on voit bien qu’elle n’est autre que le vase Hermétique. Tous les Philosophes parlent de la matière du grand oeuvre ou de la médecine dorée, comme d’une matière extrêmement vile, méprisée, et souvent mêlée avec le fumier, ils disent même qu’elle se trouve sur le fumier, parce quelle a beaucoup d’ordures et de superfluités, dont il faut la purger. Il n’est donc pas surprenant que ce travail ait été imposé par Eurysthée à Hercule, qui est l’Artiste. Les témoignages des Philosophes le prouveront mieux que le raisonnement, Morien dit (Entretien du Roi Calid.) : « Les Sages nos prédécesseurs disent, que si vous trouvez dans le fumier la matière que vous cherchez, vous devez l’y prendre ; et que si vous ne l’y trouvez pas, vous devez vous donner de garde de tirer de l’argent de votre poche pour l’acheter, parce que toute matière qui s’achète à grand prix, est fausse et inutile dans notre oeuvre. » Avicenne (De Animâ, dict. I. c. 2.) ; « Nous trouvons dans les Livres qu’Aristote a écrits sur les pierres, qu’on en trouve deux dans le fumier, l’une de bonne odeur, l’autre de mauvaise, toutes deux méprisées, et de peu de valeur aux yeux des hommes ; si l’on savait leurs vertus et leurs propriétés, on en ferait un grand cas ; mais parce qu’on les ignore, on les méprise, on les laisse sur le fumier et dans des lieux puant ; mais celui qui saurait en faire l’union, trouverait le magistère. » Gratien, cité par Zachaire, dit comme Morien : « Si vous la trouvez dans le fumier, et qu’elle vous plaise, prenez-la. » L’Auteur du Rosaire cite Merculinus, qui dit : « Il y a une pierre cachée et ensevelie dans une fontaine. Elle est vile, méprisée, jetée sur le fumier, et couverte d’ordures. » Arnaud de Villeneuve (Novum lumen, c. I.) « Elle se vend à vil prix ; elle ne coûte même rien. » Bernard Trévisan (Philos. des Métaux.) : « Cette matière est devant les yeux de tout le monde et le monde ne la connaît pas, parce qu’elle est méprisée et foulée aux pieds. » Morien (Cap. 9.) : « Avant sa confection et sa parfaite préparation, elle a une odeur puante et fétide ; mais après qu’elle est préparée, elle en a une bonne.... Son odeur est mauvaise, et ressemble à celle des sépulcres. » Calid (Loc. cit.) : « Cette pierre est vile, noire, puante, et ne s’achète point. » Mais pour prouver encore plus clairement sa raison que l’Auteur de la Fable a eue de la comparer au fumier, et d’en former son allégorie, écoutons ce que dit Haimon (Epître sur les Pierres des Philosophes.) : « Cette pierre que vous désirez, est celle que l’on emploie dans la culture des terres, et qui sert à les rendre fertiles. » En voilà bien assez pour donner à entendre ce que c’était que ce fumier des boeufs d’Augias, qu’Hercule devait enlever : mais pour rendre la chose plus palpable, nous ajouterons que ce fumier doit se prendre pour la matière en putréfaction ; ce qui convient très bien au fumier. La chose est d’ailleurs indiquée par Pluton, qui vient combattre contre Hercule, et qui y est blessé d’une flèche ; car, comme nous l’avons vu dans le chapitre de Pluton, l’Empire ténébreux de ce Dieu n’est autre chose que la couleur noire qui survient à la matière en putréfaction. On dit qu’il se retira après avoir été blessé d’une flèche, parce que le noir disparaît à mesure que la matière se volatilise. Le travail de l’Artiste consiste donc à séparer le pur d’avec l’impur, à purifier la matière de ses parties hétérogènes, en la faisant passer par la putréfaction ; alors les ordures et le fumier infecteront le vase représenté par l’étable, et tout ce travail se fera en un seul jour : non que la matière ne demeure qu’un jour noire et putréfiée, car les trois mille boeufs avaient séjourné bien plus d’un jour dans l’étable d’Augias, mais parce que la dissolution étant parfaite et entière, il ne faut pas plus d’un jour pour que la matière commence à manifester le petit cercle blanc dont nous avons parlé dans l’article de l’enlèvement de Proserpine. Lorsque le blanc paraît, la putréfaction cesse ; il n’y a plus par conséquent de fumier. Hercule était convenu avec Augias, que celui-ci lui donnerait en récompense la dixième partie de ses troupeaux ; parce que, suivant le Cosmopolite (Parabole.), il faut que la fortune soit bien, favorable à l’Artiste pour qu’il puisse en avoir plus de dix parties. Erant quidem multi qui partim tentabant illuc aquam fontis per canales deducere, partim etiam ex variis rebus eliciebant ; sed frustraneus erat attentatus labor.... et si habebatur, inutilis tamen suit, et venenosa, nisi erradius solis vel lunae, quod pauci praestare posuerunt ; et qui in hoc perficiendo fortunant habuit propitiam, nunquam ultra, decem partes potuit attrahere. Cette eau dont parle le Cosmopolite, devait s’extraire des rayons du Soleil, et heureux l’Artiste qui peut en avoir dix parties. Hercule demande aussi à Augias la dixième partie de ses troupeaux, ou des boeufs dont ce fils du Soleil avait hérité de son père. Pourquoi dit-on qu’Augias les refusa à Hercule, et qu’il les darda pour lui ? C’est qu’Augias, comme nous l’avons dit, signifie splendeur, lumière ; ce qui convient à la matière parvenue a la couleur blanche après la noire,,puisque la matière au blanc est appelée lumière, splendeur du Soleil ; nous avons cité plusieurs textes des Philosophes, qui le prouvent. Ainsi, lorsque la couleur blanche, symbole de la netteté, paraît sur la matière, l’étable d’Augias est nettoyée ; Augias garde pour lui la dixième partie de ses troupeaux qu’il avait promise à Hercule, parce que l’opération se continue, et qu’il n’est pas encore temps que l’Artiste jouisse de ses travaux. Hercule piqué ravage tout le pays d’Augias ; c’est qu’en faisant l’Elixir, il se fait une nouvelle dissolution, une fermentation. Augias est lui-même attaqué par Hercule, qui le fait mourir ; c’est la putréfaction qui succède à la fermentation. Hercule consacre les dépouilles d’Augias à la célébration des jeux Olympiques, parce que ces jeux furent institués en mémoire de cette dernière opération, qui fait la perfection de l’oeuvre, ou médecine dorée. Les moins clairvoyants n’ont qu’à ouvrir un peu les yeux, pour voir clairement le rapport immédiat qu’ont ensemble toutes les parties de la Fable. On doit juger de la solidité et de la vérité d’un système, par l’enchaînement de ses principes et de ses conséquences. Y a-t-il dans chaque Fable une seule circonstance qui ne s’accorde avec celles d’une autre ? Jusqu’ici toutes ont été bien d’accord ; il y a grande apparence que les suivantes le seront aussi. CHAPITRE IX. Il chasse les Oiseaux Stymphalides. Hercule était propre à tout ; il avait tué un lion à coups de massue, pris une biche a la course, sabré les têtes de l’hydre de Lerne,, lié le sanglier d’Erymanthe nettoyé l’étable des boeufs du Roi Augias. Eurysthée n’est pas confient : après avoir éprouvé sa force et son courage, il veut aussi mettre son adresse à l’épreuve. Des oiseaux monstrueux habitaient le lac Stymphale, et désolaient l’Arcadie ; il fallait ou les exterminer, ou les en chasser. Les flèches ne faisaient rien contre eux ; elles étaient non seulement inutiles, mais il ne fallait pas même en faire usage. De quelles armes dont se servir contre des oiseaux, et des oiseaux dont les ongles crochus étaient de fer ? Quelques Auteurs (Timagnette.) ont même dit que leur bec et leurs ailes étaient du même métal. Qu’auraient donc fait des flèches sur des oiseaux cuirassés ? Rien n’étonnait Hercule ; ce qu’il ne pouvait faire d’une façon, il l’entreprenait de l’autre. Les flèches n’avaient point eu de prise sur le lion de Némée ; il employa la massue. Mais qu’aurait servi la massue contre des oiseaux ? Ils ne se laissent pas approcher. Hercule est fertile en expédients. Il avait reçu en présent de Pallas une espèce de timbale d’airain, de l’invention et de l’ouvrage du Dieu Vulcain : c’était un instrument de cuivre que quelques-uns ont appelé crotale ; il était propre à faire un grand bruit. Hercule s’avise d’en faire usage, et à force de charivaris, il étonne tellement ces oiseaux, qu’ils prennent la fuite et vont se retirer dans l’Ile d’Arétie, suivant Pisandre de Camire et Séleucus dans ses oeuvres mêlées. Apollonius nous le confirme en ces termes : Sed neque ut Arcadiam petiit vis Herculis areu. Ploidas inde lacu Volucres Stymphalidas ullâ, Pellere vi potuit: namque hoc ego lumine vidi, Ast idem ut manibus crotalum pulsavit in alté Existens specuUlâ prspectans, protinus illoe. Cum clamore procul linquentes littus ierunt. Argonaut. lib. 2. M. l’Abbé Banier qui tire parti de tout, pour faire venir les Fables à son système, n’a pas laissé échapper l’idée que lui a fourni Mnaséas. Comme lui, notre Mythologue prend ces oiseaux pour des brigands et des voleurs qui ravageaient la campagne, et détroussaient les passants aux environs du lac Stymphale en Arcadie. Il enchérit même sur cette idée ; car il ajoute qu’Hercule sut les attirer hors du bois où ils se retiraient, en les épouvantant par le bruit de les timbales, et les extermina. Je ne vois pas cependant sur quoi on a pu fonder cette idée. Qu’on feigne que des voleurs aient des doigts, crochus, qu’on suppose même qu’ils soient cuirassés, il n’y a rien de surprenant ; mais qu’on les imagine ailés, ayant un bec de fer, invulnérables aux flèches, voltigeant toujours sur un lac, capables de s’étonner et de s’enfuir au seul bruit d’un instrument qu’ils connaissaient sans doute, et à la vue d’une homme seul, c’est ce qui ne vient pas dans l’esprit. D’ailleurs M. l’Abbé Banier a transporté une forêt dans cet endroit-là très gratuitement, puiSque la Fable n’en fait aucune mention. D’un autre côté, si l’on prend cette histoire à la lettre, si l’on veut en faire une application à la morale, je ne vois rien de si puérile : rappliquera-t on a la Physique ? je ne conçois pas comment. Car quel rapport aurait à tout cela un charivari de crotales et des oiseaux qui s’enfuient épouvantés par son bruit ? Mais si l’on veut l’expliquer de ce qui se passe dans les opérations de la Chimie Hermétique, tout y vient on ne peut mieux, parce que c’était en effet l’intention de l’Auteur. Pallas et Vulcain, qui se trouvent mêlés dans cette affaire, nous le prouvent bien clairement. M. l’Abbé Banier s’est aperçu que ce Dieu et cette Déesse auraient tout gâté, ou du moins devenaient inutiles, dans celte action expliquée suivant son système, et suivant sa louable coutume, il les en a exclus. Il est peu d’allégorie fabuleuse qui mette si clairement devant les yeux du Philosophe Hermétique, le fondement de son art, et ce qui se passe dans certaines circonstances de ses opérations: c’est ce qu’on va voir par les témoignages de ces Philosophes, qui connaissaient très bien de quelle espèce était le crotale fabriqué par Vulcain, et quels étaient ces oiseaux du Lac Stymphale. Ce crotale d’airain n’est autre chose que le laton ou airain philosophique produit par le feu des Philosophes, et fait conséquemment par Vulcain. Cet airain fixe les parties volatiles en les chassant du haut du vase dans le milieu du lac ou de l’eau mercurielle, où se trouve l’île appelée Arétie, ou de fermeté, d’, force, courage, fermeté, ou, si l’on veut, d’, fer, à cause de la dureté du fer ; parce que les parties volatiles indiquées par ces oiseaux, vont se réunir aux parties fixes, ramassées en forme d’île au milieu du lac philosophique. La nature de ces oiseaux est signifiée par le nom de Ploydes, que leur a donné Apollonius déjà cité, car Ploydes veut dire, qui nage sur l’eau, de , naviguer, et de , eau. C’est ce qui arrive aux parties volatiles, pendant qu’elles circulent au-dessus de l’eau mercurielle, avant que l’airain ou le crotale des Philosophes les aie fixées. Ecoutons sur cela l’Auteur anonyme du Conseil sur le mariage du Soleil et de la Lune, qui s’exprime de même que Constans (La Tourbe.), en ces termes : « Ne vous appliquer qu’à chercher deux argents vifs l’un fixe dans l’airain, et l’autre volatil dans le mercure. » Invidus (ibid.) dit aussi : « Ce Soufre, c’est-à-dire, l’argent-vif, à coutume de voltiger et de s’enfuir ; il se sublime comme une vapeur. Il faut donc l’arrêter par le moyen d’un argent-vif de son genre, c’est-à-dire, qu’il faut arrêter sa fuite, et lui assurer une retraite dans notre airain. » Eximidius (ibid.) : « Je vous dis là vérité, il n’y a point de vraie teinture de fixité, que dans notre airain. » Senior dans son Traité parle ainsi: « Il y a deux oiseaux homogènes, ou de même nature, l’un mâle qui ne peut voler, parce que le feu n’a aucune prise sur lui ; l’autre est notre aigle, qui est la femelle, elle a des ailes : elle seule peut exalter l’autre, en le corrompant pour le fixer ensuite avec lui. » Raymond Lulle (Théor. Test. C. 57.). « C’est avec une eau de cette espèce (ou notre airain) que nous fixons les oiseaux qui volent dans l’air. La vertu de notre pierre fait tout cela. » Pourquoi les Philosophes disent-ils que leur airain a le pouvoir de fixer ? C’est qu’Archimius (Code de Vérité.) nous apprend que la Vénus philosophique est la messagère du Soleil, et lui fait avoir sa Seigneurie, que Mars lui présente ; c’est-à-dire, que la matière en commençant à se fixer, prend la couleur citrine safranée que les Philosophes appellent airain ; la couleur de rouille de fer succède, qu’ils nomment Mars, et enfin à celle-ci la couleur rouge de pourpre ou de pavot, qu’ils appellent leur or, leur Apollon, leur Soleil. L’Auteur de la Fable que nous expliquons a eu en vue cette succession de couleurs, et il y a toute apparence que son crotale d’airain n’est que la couleur safranée, et son Ile d’Arétie la couleur de rouille de fer, puisque. Suivant ce que nous avons dit, Arétie vient de fer. C’est ainsi qu’Hercule on l’Artiste, aidé par Vulcain, et sous la conduite de Pallas peut donner la chasse avec le crotale aux oiseaux Ploydes qui voltigent sur le lac ou l’eau bourbeuse du tac Stymphalide, c’est-à-dire, sur l’eau, mercurielle et boueuse renfermée dans le vase, qui est de verre. Enfin le bec, les ongles et les ailes de ces prétendus oiseaux, étaient, dit-on, de fer, comme on dit que les Harpies les avaient d’or ; ce qui indique expressément leur nature métallique. Il ne faut donc pas se mettre l’esprit à la torture pour trouver le sens naturel de ces Fables ; il suffit de les suivre pas à pas, et d’en combiner toutes les circonstances y au lieu de les supprimer.
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